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Togo : le Parlement de la CEDEAO délocalise sa session extraordinaire, le débat s’installe

Didier ASSOGBA
3 Min Read

À Lomé, la décision du Parlement de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) de délocaliser sa deuxième session extraordinaire de l’année 2025 à Abuja (Nigeria), suscite des débatas. Initialement prévue dans la capitale togolaise à la mi-septembre, la rencontre parlementaire devait se tenir dans un contexte politique marqué par l’annonce d’une nouvelle manifestation du Mouvement du 6 juin (M66).

Dans une note adressée aux députés et largement relayée sur les réseaux sociaux, le Parlement de la CEDEAO justifie sa décision par des « circonstances indépendantes de [sa] volonté ». Officiellement, aucune raison sécuritaire n’a été avancée. Mais pour certains acteurs de la société civile togolaise, le calendrier du M66, qui prévoit une marche citoyenne le 20 septembre, semble avoir pesé dans la balance.

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Des activistes togolais estiment que la délocalisation de la session du parlement de la constitue une victoire symbolique. Ces contestataires du pouvoir de Lomé font un parallèle rapide avec le report de la conférence du groupe Mansa, prévue fin juin à Lomé et qui a finalement été reportée pour cause des manifestations.

« C’est un signal fort que la CEDEAO ne peut ignorer l’instabilité croissante dans le pays », commente un acteur de la société civile.

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Sur les réseaux sociaux, la CEDEAO est accusée de se muer dans un « silence complice » face à la situation politique qui prévaut au Togo. La délocalisation de la session du Parlement de la CEDEAO est présentée comme une reconnaissance implicite de « la gravité de la situation ».

Comme à son habitude, le M66 a lancé un appel via les réseaux sociaux pour une nouvelle manifestation le 20 septembre prochain pour exiger la « démission de Faure Gnassingbé et la libération des prisonniers politiques ».

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Depuis le mois de juin dernier, le Togo est secoué par une série de mobilisations, souvent dispersées ou empêchées par les forces de sécurité. Ces tensions trouvent leur origine dans l’adoption d’une nouvelle Constitution qui institue un régime parlementaire et offre à Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis plus de deux décennies, la possibilité de se maintenir aux commandes.

Pour les observateurs, la décision de la CEDEAO de transférer ses travaux vers Abuja reflète la volonté d’éviter toute interférence avec la contestation. Mais elle pourrait aussi être interprétée comme un camouflet diplomatique pour Lomé.

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