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Municipales 2025 : la Cour suprême valide les résultats, UNIR domine sans partage

Didier ASSOGBA
3 Min Read

Aucune surprise, mais une étape cruciale dans le rituel démocratique togolais : la Chambre administrative de la Cour suprême a officiellement proclamé le 6 août dernier les résultats définitifs des élections municipales 2025. Réunie en audience solennelle, la juridiction suprême a entériné les chiffres provisoires annoncés dix jours plus tôt par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Selon les résultats définitifs lus par Samta Badjona, président par intérim de la Chambre administrative de la Cour suprême, le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UNIR), sort largement victorieux des municipales 2025. Sur les 1 527 sièges de conseillers municipaux à pourvoir dans les 117 communes du pays, l’UNIR remporte 1 150 sièges, soit plus de 75 % des postes en jeu. Un score écrasant, qui renforce encore l’emprise du parti présidentiel — fondé en 2012 par Faure Gnassingbé — sur la scène politique locale.

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À cette domination s’ajoute un écrasement de l’opposition. L’Alliance nationale pour le changement (ANC), principal parti d’opposition dirigé par Jean-Pierre Fabre, arrive en deuxième position avec 51 sièges. Elle est suivie de loin par l’Union des forces du changement (UFC) de Gilchrist Olympio (38 sièges), l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI) (34 sièges) et le Bloc alternatif togolais pour une innovation républicaine (BATIR) (33 sièges).

Municipales 2025 et contrôle du pays

Le reste du paysage politique — une soixantaine de partis, regroupements et candidats indépendants — se partage pêle-mêle les 221 sièges restants, souvent répartis sur une seule commune ou un seul conseil.

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Les élections municipales, longtemps négligées en Afrique comme en Togo, ont pris une importance croissante depuis que le pouvoir a décidé, en 2019, de renforcer les compétences des collectivités locales. Aujourd’hui, les maires gèrent des budgets, supervisent des projets de développement urbain et rural, et deviennent des interlocuteurs incontournables pour les citoyens. Contrôler ces postes, c’est donc contrôler non seulement le terrain politique, mais aussi les leviers concrets de la gouvernance quotidienne.

Les partis d’opposition, divisés, sous-financés et souvent victimes de restrictions de tout genre, peinent à offrir une alternative crédible. Et si les urnes ont parlé, la question du renouvellement politique, elle, reste en suspens. Mais pour certains analystes, le jeu politique reste profondément inégal dans le pays. Et que tant que l’équilibre des forces ne se jouera pas seulement dans les urnes, mais aussi dans l’accès aux médias, au financement et à l’espace public, la démocratie togolaise continuera de marcher avec des béquilles.

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