Mixx by Yas

Marguerite Gnakade : le front TPMC dénonce une arrestation arbitraire

Didier ASSOGBA
3 Min Read
Marguerite Gnakade

Le Front Touche Pas À Ma Constitution (FTPMC) a fait entendre sa voix mercredi à travers un communiqué dénonçant l’arrestation spectaculaire de l’ancienne ministre des Armées, Marguerite Gnakade. Les forces de sécurité, lourdement armées et encagoulées, auraient défoncé le portail de sa résidence avant de l’emmener vers une destination inconnue.

Pour le Front, cette interpellation relève d’un « abus de pouvoir caractéristique des pratiques rétrogrades du régime » et s’inscrit dans la longue tradition d’intimidation des opposants politiques.

- Advertisement -

Marguerite Gnakade en dissidence ouverte

Depuis le 2 mai 2025, date de son entrée en dissidence ouverte, Marguerite Gnakadé – ancienne figure du sérail présidentiel – n’a cessé de multiplier les tribunes critiques contre la gouvernance d’un chef d’État resté plus de 20 ans au pouvoir. Elle dénonçait une dérive autoritaire, un bilan « catastrophique » et appelait, dans une vidéo devenue virale, à un départ du président. Son engagement l’avait conduite à rejoindre la rue, le 30 août, aux côtés du M66, un mouvement de jeunes activistes de la diaspora.

Pour le front TPMC, « l’exercice de ses libertés d’expression lui vaut aujourd’hui les foudres du pouvoir ». Le communiqué insiste sur la situation préoccupante de plusieurs détenus politiques, dont certains en grève de la faim, et exige la « libération immédiate et sans conditions » de Mme Gnakadé ainsi que de l’ensemble des personnes « abusivement détenues pour leurs opinions ».

- Advertisement -

Une répression qui se poursuit

Pour le regroupement, « l’interpellation de Marguerite Gnakadé s’inscrit dans la volonté du pouvoir de faire taire les voix dissonantes ». Une volonté qui ne date pas d’hier : au Togo, toute contestation du régime est régulièrement assimilée à une menace à la sûreté de l’État.

Les précédents sont nombreux : l’arrestation de Kpatcha Gnassingbé en 2009, celle du général Félix Kadanga en 2020, ou encore les multiples interpellations d’opposants et d’activistes anonymes qui, à chaque cycle de contestation, viennent rappeler l’obsession sécuritaire du pouvoir togolais.

- Advertisement -

Pour l’heure, les autorités n’ont fourni aucune explication officielle sur les motifs de cette arrestation. Cette opacité contribue à alimenter les spéculations sur un pouvoir davantage préoccupé par le contrôle de ses élites que par l’ouverture politique promise au moment de l’instauration de la Ve République, en mai dernier.

À Lomé, l’arrestation de Marguerite Gnakadé apparaît déjà comme un tournant : celui d’un pouvoir qui, face à la montée de la contestation, choisit une fois de plus la voie de la répression.

Cliquez-ici pour nous rejoindre sur notre chaîne WhatsApp

Share This Article