Le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, a évoqué le 15 janvier les contours de l’intégration africaine avec Mahamoud Ali Youssouf, le président de la Commission de l’Union africaine (UA). Cette rencontre s’inscrit dans une phase de coordination étroite entre l’instance continentale et le Togo, appelé à jouer un rôle central dans la relance des mécanismes africains de médiation.
Selon les éléments communiqués à l’issue de l’audience, les échanges ont porté sur les questions de paix et de sécurité, les réponses institutionnelles aux crises armées persistantes, ainsi que sur les enjeux de développement régional et d’intégration africaine. Une discussion stratégique, alors que l’UA cherche à repositionner la diplomatie africaine face à des dossiers de plus en plus internationalisés.
Arrivé à Lomé dans un contexte marqué par une recomposition des équilibres diplomatiques au sein de l’organisation continentale, Mahamoud Ali Youssouf a indiqué vouloir s’appuyer sur les expériences nationales jugées probantes. Le Togo, souvent présenté comme un acteur discret mais constant de la diplomatie régionale, figure à cet égard parmi les interlocuteurs privilégiés de la Commission.
Intégration africaine et la région des Grands Lacs
Le président de la Commission a notamment insisté sur la nécessité de renforcer la diplomatie préventive et de redonner de la centralité aux initiatives africaines de médiation, en particulier dans les zones affectées par des conflits armés et l’extrémisme violent. Dans cette perspective, Faure Gnassingbé a livré plusieurs orientations destinées à guider l’action de la Commission, alors que celle-ci cherche à consolider son rôle politique face aux initiatives parallèles portées par des acteurs extérieurs au continent.
La séquence togolaise s’inscrit dans un cadre plus large. Depuis sa désignation, le 12 avril 2025, comme médiateur de l’Union africaine pour la crise dans la région des Grands Lacs, Faure Gnassingbé a multiplié les consultations et les déplacements diplomatiques. Ces efforts ont contribué, selon l’UA, à des désescalades notables et à la conclusion d’un accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, même si la consolidation de ces acquis demeure fragile.
La tenue à Lomé des consultations de l’Union africaine sur la paix en RDC illustre cette volonté de maintenir l’initiative africaine au cœur du traitement du dossier. En accueillant représentants des États membres, facilitateurs et parties prenantes, le Togo s’affirme comme une plateforme diplomatique pour un processus que l’UA entend désormais piloter plus étroitement.
Cette audience confirme, en filigrane, une convergence stratégique entre Lomé et Addis-Abeba. Faire de la médiation africaine un levier crédible face à la multiplication des crises sécuritaires sur le continent, et réaffirmer le rôle politique de l’Union africaine dans la gestion des conflits majeurs.
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