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Grands Lacs : Faure Gnassingbé appelle à une ‘clarification politique’ pour sauver la paix en RDC

Didier ASSOGBA
5 Min Read
Faure Gnassingbé lors de la réunion

À l’ouverture de la Réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs, le président du Conseil de la République togolaise, Faure Gnassingbé, a lancé un appel sans détour à ses pairs africains : il est temps de passer des déclarations aux actes.

Réunis à Lomé samedi 17 janvier 2026, représentants d’États, médiateurs régionaux, responsables de l’Union africaine (UA) et partenaires internationaux ont été mis en garde contre le risque d’une « fragmentation mortifère » des initiatives de paix. « Nous ne sommes plus au temps des diagnostics répétés, ni à celui des déclarations qui se superposent sans se renforcer », a martelé le chef du gouvernement togolais, soulignant que la crédibilité même de l’action africaine était en jeu.

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Pour Faure Gnassingbé, cette réunion ne doit pas être « une conférence de plus », mais un moment de « clarification politique » capable de produire des compromis durables. Il a insisté sur le fait que l’échec à stabiliser la RDC — théâtre depuis des décennies de conflits armés, ingérences régionales et crises humanitaires — porterait atteinte à la maturité politique du continent face aux défis sécuritaires.

« L’Afrique ne doit pas échouer dans sa mission de paix », a-t-il déclaré, appelant à une « cohérence stratégique » absolue entre les multiples acteurs impliqués : États de la région, communautés économiques régionales (notamment la SADC et la CEEAC), médiateurs désignés par l’UA, et facilitateurs bilatéraux.

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Trois niveaux de cohérence exigés pour les Grands Lacs

Le chef de l’exécutif togolais a structuré sa vision autour de trois axes de cohérence indispensables. D’abord sur le plan politique, il appelle à reconstruire la confiance entre les États de la région, trop souvent minée par des rivalités historiques ou des intérêts contradictoires. Ensuite, sur le plan institutionnel, Faure Gnassingbé appelle à clarifier les rôles entre l’UA, les blocs régionaux et les médiateurs afin d’éviter chevauchements, doubles discours et pertes d’efficacité. Enfin sur le plan opérationnel, il demande d’assurer une traduction concrète sur le terrain des décisions prises au sommet, en particulier dans les zones reculées de l’est de la RDC où les accords restent lettre morte.

    Il a notamment demandé que le « processus africain unifié », placé sous la médiation de l’UA, devienne « pleinement opérationnel » — non pas par de nouveaux engagements de principe, mais par une feuille de route réaliste, hiérarchisée et dotée de mécanismes de suivi crédibles.

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    Dans un passage marquant de son discours, Faure Gnassingbé a rappelé que la légitimité de tout processus de paix se mesure à l’aune de son impact sur les civils. « Derrière nos cadres, il y a des femmes, des hommes et des enfants privés de sécurité, de soins, d’école », a-t-il souligné, insistant sur le fait que les dimensions humanitaires, sociales et économiques ne sont pas périphériques, mais centrales à la durabilité de la paix.

    « Si les populations ne perçoivent pas d’amélioration concrète, les accords restent fragiles », a-t-il prévenu, appelant les participants à garder cette « boussole » en tête tout au long des négociations.

    En accueillant cette réunion à Lomé, le Togo affirme une fois de plus son rôle de facilitateur discret mais constant dans les dossiers sensibles de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Depuis plusieurs années, Faure Gnassingbé s’est positionné comme un interlocuteur de confiance pour l’UA, notamment sur les crises au Sahel, en Guinée et désormais en RDC. Ce discours, technique, exigeant et dénué de rhétorique triomphaliste, reflète la posture d’un État qui cherche moins à briller qu’à faire avancer les dossiers.

    Alors que les combats reprennent sporadiquement dans l’est de la RDC malgré les trêves annoncées, la pression monte sur les acteurs régionaux pour qu’ils transforment leurs promesses en résultats tangibles.

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