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Gabon : Colère de Oligui Nguema après une descente dans l’administration

Didier ASSOGBA
4 Min Read
Brice Oligui Nguema, président du Gabon

La scène a valeur de symbole. Lundi 15 décembre, lors d’une visite inopinée au ministère de la Fonction publique, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a confronté, sans ménagement, l’appareil administratif aux réalités qu’il dénonce depuis son arrivée au pouvoir. Le chef de l’Etat a pointé l’absentéisme massif, l’inertie bureaucratique et le retard numérique.

Le constat dressé à l’occasion de la levée des couleurs a été brutal. Sur près de 400 agents officiellement affectés au siège du ministère, à peine une soixantaine avaient répondu à l’appel. Une situation que le chef de l’État a jugée inacceptable, y voyant non seulement un manquement professionnel, mais aussi un préjudice direct pour les finances publiques. « Je ne peux pas accepter que sur un effectif de 400, il y en ait à peine 60 aux couleurs un lundi matin », a-t-il lancé, visiblement irrité.

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Assimilant cette défaillance à une forme de gaspillage des ressources de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema a promis des mesures coercitives. Des sanctions sévères, allant jusqu’à la radiation, sont désormais évoquées pour les agents régulièrement absents. « L’État paye cadeau… Il faut trouver ceux qui ne viennent pas au travail. Je veux des licenciements », a-t-il martelé, exigeant des rapports immédiats de la hiérarchie.

Au-delà de la question disciplinaire, le président a ciblé un mal plus profond : l’archaïsme persistant des méthodes de travail. Dans les bureaux visités, des dossiers de concours encore entassés dans des cartons, sans aucune numérisation, ont illustré à ses yeux l’inefficacité des circuits administratifs. « Pourquoi ce n’est pas numérisé ? À quel moment vous allez changer vos méthodes ? », a-t-il interrogé, dénonçant un État lent et déconnecté des attentes des citoyens.

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Oligui Nguema critique la bureaucratie

Pour le chef de l’État, ces dysfonctionnements nourrissent la défiance envers l’administration. « Un pays est fort par son administration », a-t-il rappelé, avant de fustiger une culture de l’attentisme où la responsabilité serait systématiquement renvoyée au sommet. « Ici, on hésite. On attend toujours que la sanction vienne du Président. Ce n’est pas normal », a-t-il déploré.

Dans ce plaidoyer pour une réforme en profondeur, Oligui Nguema a appelé à une responsabilisation accrue des cadres administratifs, les exhortant à « tenir la maison » et à instaurer une discipline inspirée, selon ses mots, de la rigueur militaire, notamment en matière de contrôle des présences.

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Le message adressé aux agents jugés peu investis s’est voulu sans ambiguïté. Le président n’a pas exclu un renouvellement générationnel de la Fonction publique. « Il y a des jeunes Gabonais sortis des universités, prêts à travailler et qui comprennent le numérique », a-t-il souligné, estimant que cette jeunesse pourrait remplacer ceux qui « traînent dans les bars ».

Tout en reconnaissant les contraintes matérielles et humaines pesant sur certains services, le chef de l’État a rappelé les efforts engagés par le gouvernement pour améliorer les conditions de travail, notamment à travers la construction de nouveaux bâtiments administratifs et l’équipement progressif des ministères, avec des livraisons annoncées dès avril prochain.

Brice Clotaire Oligui Nguema a résumé sa vision par une formule qui sonne comme un avertissement à l’ensemble de l’appareil public : « Le changement ne se décrète pas dans les discours. Ce n’est pas dans les discours qu’on change un pays, c’est dans le travail et dans les habitudes. »

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