Mixx by Yas

Sommet de la Diaspora 2025 : Faure Gnassingbé demande l’annulation de la dette héritée

Didier ASSOGBA
5 Min Read
Faure Gnassingbé lors de son intervention à Accra

À Accra, vendredi 19 décembre, le Président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, a pris part aux travaux du Sommet de la diaspora 2025. Il s’agit d’une rencontre consacrée à la place des Africains de l’extérieur dans le développement économique, social et culturel du continent. Le dirigeant togolais a livré un discours mêlant diagnostic historique, et revendication politique pour l’avenir de l’Afrique et de ses diasporas.

Organisé sous l’impulsion des autorités ghanéennes, le sommet entend dépasser la dimension mémorielle pour faire de la diaspora un acteur à part entière de la transformation du continent. Une orientation que Faure Gnassingbé a pleinement revendiquée, rejetant toute lecture victimaire. « Il ne s’agit pas d’un mouvement de nostalgie, mais d’une exigence de justice », a-t-il affirmé, estimant que cette justice constitue « une condition de stabilité et un levier de transformation pour les générations à venir ».

- Advertisement -

Le combat des réparations de Faure Gnassingbé

Au cœur de son intervention, la question des réparations liées à la traite transatlantique et à la colonisation. Pour le Président du Conseil, ces phénomènes ne relèvent pas seulement du passé. Ils continuent de structurer l’économie mondiale à travers des inégalités persistantes de productivité, des asymétries commerciales et des fractures technologiques qui marginalisent encore l’Afrique.

« La traite transatlantique n’a pas seulement détruit des millions de vies humaines, elle a façonné un système mondial défavorable à l’Afrique et à sa diaspora », a-t-il soutenu, appelant à une reconnaissance juridique claire de ce crime comme « le plus grand crime contre l’humanité ». Une reconnaissance qui, selon lui, doit ouvrir la voie à des réparations concrètes, dépassant les seuls gestes symboliques.

- Advertisement -

Faure Gnassingbé plaide ainsi pour des instruments tangibles : annulation ou restructuration de la dette héritée, mise en place de fonds multilatéraux dédiés à l’éducation, à la science et à l’innovation, et intégration pleine de l’Afrique dans les mécanismes de gouvernance financière mondiale. Les réparations deviennent alors, dans son discours, un levier stratégique comparable aux investissements dans les infrastructures ou la transformation productive.

Au-delà des aspects économiques, le Président du Conseil a insisté sur la nécessité d’un travail de « guérison collective ». Une démarche qu’il décrit comme à la fois morale et politique, visant à restaurer la confiance entre les peuples africains, entre l’Afrique et sa diaspora, mais aussi entre le continent et le reste du monde.

- Advertisement -

Reprendre les récits, réécrire l’histoire du point de vue africain, valoriser des savoirs longtemps marginalisés : autant de chantiers qu’il juge indispensables pour bâtir une souveraineté durable. « Une Afrique réconciliée avec son histoire est une Afrique souveraine », a-t-il martelé, appelant l’Union africaine et la CEDEAO à parler d’une seule voix sur ces questions.

Vers une refondation des rapports avec le monde

Dans une tonalité résolument politique, Faure Gnassingbé a enfin plaidé pour une refondation profonde de la position de l’Afrique sur la scène internationale. Les réparations, selon lui, doivent ouvrir la voie à un nouveau pacte économique, culturel et institutionnel fondé sur la souveraineté économique, la circulation des savoirs et l’investissement massif dans la jeunesse africaine et diasporique.

Soutenant la dynamique impulsée par le président ghanéen John Dramani Mahama, le dirigeant togolais a réaffirmé les priorités qu’il défend depuis plusieurs années : réforme des règles du commerce international, protection des données, accès aux technologies stratégiques, reconnaissance du patrimoine culturel africain et, surtout, réforme structurelle des Nations unies, avec une représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité.

Saluant la participation de Faure Gnassingbé, John Dramani Mahama a souligné l’importance de son engagement sur les questions de réparations et de mobilisation de la diaspora. À Accra, le sommet a ainsi servi de tribune à une ambition plus large : ouvrir, selon les mots du Président du Conseil, « un nouveau cycle, celui d’une Afrique qui décide par elle-même et qui, avec sa diaspora, reprend en main son avenir ».

Rejoignez-nous sur notre chaîne WhatsApp pour plus de détails

Share This Article