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Égalité de genre : la CEDEAO passe à l’action, la BIDC devient la locomotive

Didier ASSOGBA
4 Min Read

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) amorce un tournant stratégique dans sa gouvernance interne. À travers l’introduction du Sceau de l’Égalité de genre pour les institutions publiques (GES-PI), l’organisation régionale entend inscrire l’égalité femmes-hommes au cœur de son fonctionnement. Et pour ouvrir la voie, c’est la Banque de la CEDEAO pour l’Investissement et le Développement (BIDC) qui a été choisie comme institution pilote.

Réunis mercredi à Lomé, sous la conduite de Damtien Tchintchibidja, vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, les responsables communautaires, aux côtés de Dr George Agyekum Donkor, président de la BIDC, de Deweh Emily Gray, représentante de la CEDEAO au Togo et de Binta Sanneh, représentante résidente du PNUD au Togo, ont posé les bases d’un processus présenté comme structurant et irréversible.

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La BIDC, une institution pilote pour l’Égalité de genre

Loin d’un simple label administratif, le Sceau de l’Égalité de genre vise à reconnaître et à accompagner les institutions publiques qui s’engagent concrètement en faveur d’une gouvernance inclusive. Il s’inscrit dans la dynamique des Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 5, et ambitionne d’accélérer l’Agenda 2030 dans une région où les inégalités de genre demeurent profondément ancrées.

Le choix de la BIDC n’est pas anodin. En tant que bras financier de la CEDEAO, la banque joue un rôle central dans l’orientation des investissements régionaux, la promotion de la croissance durable et l’autonomisation économique. « Introduire le Sceau de l’Égalité de genre à la BIDC n’est pas un acte administratif, c’est un acte de gouvernance, un acte politique et surtout un acte visionnaire », a martelé George Agyekum Donkor.

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Le président de la BIDC a également dénoncé la sous-représentation persistante des femmes dans les instances de décision, rappelant que l’égalité de genre n’est pas une concession sociale, mais une stratégie opérationnelle capable de renforcer la performance, stimuler l’innovation et consolider l’intégration régionale.

De l’engagement à la transformation

Pour la vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, le GES-PI constitue un outil de rupture. « C’est un instrument structurant qui permet de passer du discours à l’action, des engagements politiques au changement effectif », a souligné Damtien Tchintchibidja. Selon elle, l’introduction du Sceau à la BIDC marque un moment clé où l’institution financière centrale de la CEDEAO s’aligne sur des standards déjà en vigueur dans plusieurs agences africaines et internationales.

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« La session d’aujourd’hui n’est pas une simple activité. Elle marque un tournant stratégique », a-t-elle insisté, appelant à une transformation durable des pratiques internes, à l’émergence de nouveaux modèles de leadership et à une amplification réelle de la voix des femmes au sein de l’institution.

Si les avancées sont saluées, les chiffres rappellent l’ampleur du défi. Binta Sanneh, pour le PNUD, a dressé un constat sans complaisance : en 2023, alors que la moyenne africaine de représentation des femmes dans les parlements nationaux atteignait 26,5 %, l’Afrique de l’Ouest plafonnait autour de 18 %. Au niveau ministériel, les femmes n’occupaient qu’environ 22 % des portefeuilles, et leur présence dans les administrations locales restait souvent inférieure à 15 %.

« L’introduction du Sceau à la BIDC, institution financière régionale de premier plan, est à la fois opportune et stratégique », a estimé Mme Sanneh, soulignant le lien direct entre égalité des sexes, gouvernance économique et financement du développement. Le PNUD, a-t-elle rappelé, entend poursuivre son partenariat avec la CEDEAO afin de transformer les engagements politiques en résultats concrets et mesurables.

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