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Dossier Gnakadé – Aamron : le procureur révèle les chefs d’accusation

Didier ASSOGBA
4 Min Read
Aamron et Marguerite Gnakadé

La justice togolaise se prononce sur le dossier Gnakadé. Le procureur de la République, Mawama Talaka a confirmé samedi que Marguerite Gnakadé, ex-ministre des Armées, a été inculpée et placée sous mandat de dépôt. Son arrestation, survenue trois jours plus tôt à son domicile du quartier Tokoin-Solidarité, avait déjà alimenté rumeurs et spéculations dans la capitale. Par la même occasion, M. Talaka informe également que l’artiste Aamron est inculpé et placé sous contrôle judiciaire.

Selon le parquet, cette décision fait suite à une enquête ouverte par la police judiciaire. Les investigations auraient mis au jour des « indices graves et concordants » pour des faits qualifiés d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État. Plusieurs perquisitions ont été menées, et l’ex-ministre est accusée d’avoir délibérément détruit un élément de preuve durant sa garde à vue, un acte interprété comme une entrave à la justice.

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Les charges portées contre Marguerite Gnakadé sont multiples : incitation à la révolte contre l’autorité de l’État, diffusion de fausses informations susceptibles d’ébranler la discipline et le moral des armées, trouble aggravé à l’ordre public et obstruction au bon fonctionnement de la justice. L’affaire sera instruite par un juge conformément au code de procédure pénale, a précisé le procureur Talaka.

Nommée ministre des Armées en 2020, Marguerite Gnakadé avait longtemps appartenu au premier cercle du pouvoir avant d’opérer une spectaculaire mue politique. Ces derniers mois, elle s’était imposée comme l’une des voix dissidentes les plus virulentes, appelant à une transition politique et dénonçant publiquement la gestion des affaires de l’État.

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Aamron, un protagoniste dans le dossier Gnakadé

Dans cette affaire, un autre nom surprend : celui du rappeur Tchala Essowè, alias Aamron. Déjà interpellé en juin dernier dans un état de « trouble psychiatrique », selon le procureur, l’artiste avait été libéré quelques jours plus tard. Mais son implication présumée aux côtés de l’ex-ministre le ramène à nouveau devant la justice.

Selon Talaka Mawama, l’artiste Aamron aurait rencontré « à plusieurs reprises » Marguerite Gnakadè ces dernières semaines, dans un « contexte subversif ». Il a été arrêté le 19 septembre, puis présenté à un juge d’instruction pour « outrage à l’autorité » et « diffusion de fausses nouvelles ». L’artiste a été placé sous contrôle judiciaire.

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Ces inculpations interviennent alors que le climat politique est particulièrement tendu, marqué par la montée des critiques contre le régime. Dans les milieux politiques de Lomé, l’affaire est déjà perçue comme un signal fort : pour certains, l’ex-ministre paie le prix de son insoumission ; pour d’autres, elle aurait franchi la ligne rouge en fragilisant l’institution militaire.

Déjà, plusieurs partis politiques, regroupements de partis politiques et d’organisations de la société civile ont condamné l’arrestation de l’ancienne ministre des armées et exiger sa libération immédiate.

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