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Brigitte Adjamagbo : ‘Il faut aller plus loin que nos condamnations’

Didier ASSOGBA
4 Min Read
Brigitte Adjamagbo-Johnson

L’opposante Kafui Brigitte Adjamagbo Johnson a une nouvelle fois élevé la voix contre ce qu’elle qualifie de « dérive répressive » du pouvoir togolais. Dans un message publié le week-end sur les réseaux sociaux, la députée de l’opposition a dénoncé avec vigueur les arrestations de Marguerite Essossimna Gnakadé et d’Aamron. Elle exhorte les citoyens à se mobiliser.

« Une fois de plus, le régime arrête, humilie et brise des vies pour se maintenir, certain que notre peur lui ouvrira toujours la voie », a-t-elle écrit, avant d’appeler ses compatriotes à « dépasser la peur, rompre l’indifférence et nous lever ensemble pour crier d’une seule voix : ASSEZ ! ».

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Le dossier Gnakadè, catalyseur d’une mobilisation

Ces déclarations interviennent dans un climat politique particulièrement tendu. L’ancienne ministre des Armées, Marguerite Essossimna Gnakadè, arrêtée le 17 septembre, a été inculpée et placée sous mandat de dépôt pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’État » et « destruction de preuve numérique ». Son fils, Jonathan Gnassingbé, ainsi que le rappeur et militant Tchalla Essowè alias Aamron, également interpellés, ont été remis en liberté. Mais le rappeur est placé sous contrôle judiciaire.

Depuis son éviction du gouvernement fin 2022, Marguerite Gnakadè, autrefois proche du président Faure Gnassingbé, s’était muée en critique virulente du régime, dénonçant la « mauvaise gouvernance » et réclamant la démission du chef de l’État. Son arrestation spectaculaire, menée par des policiers encagoulés selon plusieurs témoins, a provoqué un tollé dans les milieux politiques et associatifs.

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Brigitte Adjamagbo et une opposition rassemblée

La veille, le 19 septembre, une vingtaine de partis politiques et d’organisations de la société civile avaient publié un communiqué conjoint, qualifiant ces interpellations d’« arbitraires » et de « méthodes dignes d’un État policier ». Parmi les signataires figurent le Front Touche Pas à Ma Constitution, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) et plusieurs petites formations réunies au sein de coalitions citoyennes.

Dans ce texte, les signataires exigent la libération immédiate et inconditionnelle de Marguerite Gnakadè ainsi que la fin des « intimidations et représailles » contre les opposants et la société civile. « Si l’on peut arrêter ainsi une ancienne ministre et ses proches, alors aucun citoyen n’est en sécurité au Togo », écrivent-ils.

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Pour Adjamagbo Johnson, ce front commun marque un « premier pas de notre détermination à nous affranchir ». Mais l’opposante estime que l’heure est venue de transformer ces condamnations en mobilisation populaire. « Nos condamnations n’ébranlent pas ce pouvoir aux abois, prêt à tout pour se conserver », a-t-elle martelé.

Dans un pays où la peur reste un puissant outil de contrôle social, le défi de l’opposition est désormais de transformer l’indignation en action collective.

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