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Blanchiment et terrorisme : la Côte d’Ivoire sur la liste noire de l’UE

Louis KAMAKO
3 Min Read

La Commission européenne a officiellement classé la Côte d’Ivoire parmi les pays à haut risque en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. D’ailleurs la révélation de l’Union Européenne est  lourde de conséquences pour l’image d’un pays, longtemps perçu comme un modèle dans la sous-région.

C’est le 10 juin dernier que Bruxelles a ajouté le pays d’Alassane Ouattara à sa liste noire des juridictions présentant des défaillances stratégiques dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

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Dans son communiqué, la Commission européenne évoque des « failles systémiques » dans le dispositif ivoirien de lutte contre ces fléaux.

Elle alerte sur des risques « sérieux » pour le système financier européen. Si le document pointe du doigt des flux financiers suspects liés à la diaspora libanaise et au financement présumé du Hezbollah, il souligne aussi la présence de réseaux criminels transnationaux opérant depuis la capitale économique ivoirienne.

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Le blanchiment et les accusations des pays sahéliens

Abidjan rejoint ainsi un groupe peu enviable comprenant l’Algérie, l’Angola ou encore le Liban. Ce classement, considéré par beaucoup comme un désaveu, vient écorner l’image d’« élève modèle » que la Côte d’Ivoire s’efforçait de maintenir au sein de la CEDEAO.

Cette décision donne un écho aux accusations récurrentes formulées par les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

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Depuis plusieurs mois, les autorités du Mali, du Burkina Faso et du Niger dénoncent la présence, en Côte d’Ivoire, de réseaux hostiles, avec, selon eux, le soutien tacite de puissances étrangères.

Le Burkina Faso, en particulier, évoquait l’existence d’un « centre d’opérations » basé à Abidjan. Jusqu’ici reléguées au rang de discours de crise, ces accusations trouvent un début de crédibilité avec la position affichée par l’Union européenne.

Les conséquences de cette inscription sont multiples et potentiellement dévastatrices. Il y aura une surveillance accrue des transactions financières impliquant le pays, le ralentissement des échanges bancaires et commerciaux avec les partenaires européens, la dégradation de la réputation du pays auprès des bailleurs de fonds et investisseurs et les pressions diplomatiques en faveur de réformes plus rigoureuses

Mais c’est surtout sur le plan politique et géopolitique que le choc se fait sentir. En pleine période préélectorale, ce revers affaiblit le président Alassane Ouattara, dont les soutiens internationaux semblent se faire plus discrets.

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