Au Bénin, les élections législatives du 11 janvier 2026 ont livré un verdict sans équivoque, mais non sans malaise. Après la publication des grandes tendances par la Commission électorale nationale autonome (CENA), la Cour constitutionnelle a définitivement validé, deux jours plus tard, les résultats du scrutin. Le processus électoral est clos, mais les interrogations, elles, demeurent entières.
La configuration politique entérinée par la haute juridiction ne réserve aucune surprise : les 109 sièges de l’Assemblée nationale reviennent intégralement à deux partis de la mouvance présidentielle. L’Union progressiste le Renouveau (UPR) rafle 60 députés, tandis que le Bloc républicain (BR) en obtient 49. Aucun élu issu de l’opposition ne siègera dans la prochaine législature. Une situation inédite qui prolonge une dynamique déjà observée lors des précédents scrutins et qui consacre, de fait, un Parlement monocolore.
En termes de suffrages exprimés à l’échelle nationale, l’UPR arrive largement en tête avec 41,21 % des voix, suivie du Bloc républicain qui recueille 36,62 %. Le parti Les Démocrates obtient 16,20 %, un score notable mais insuffisant pour franchir le seuil requis pour l’obtention de sièges. La FCBE (4,78 %) et Moele-Bénin (1,19 %) ferment la marche.
Source: « Résultats des législatives 2026 au Bénin : la Cour constitutionnelle confirme les grandes tendances de la CENA » – https://www.libre-express.bj/politique/4519/resultats-des-legislatives-2026-au-benin-la-cour-constitutionnelle-confirme-les-grandes-tendances-de-la-cena
Libre Express
Démocratie verrouillée au Bénin
Lors de la proclamation officielle, la présidente de la Cour constitutionnelle, Dorothée Sossa, a insisté sur la rigueur du contrôle juridictionnel exercé. La Cour, a-t-elle expliqué, a examiné l’ensemble des pièces électorales : procès-verbaux, feuilles de dépouillement, bulletins nuls, rapports des agents électoraux et observations des délégués des partis. Un travail présenté comme exhaustif et méthodique.
Cet examen a pourtant mis en évidence des irrégularités ponctuelles comme l’absence de procès-verbaux dans certains bureaux de vote, erreurs matérielles dans le remplissage des documents, incohérences diverses. Autant de manquements que la Cour reconnaît, mais qu’elle juge insuffisants pour remettre en cause la crédibilité globale du scrutin. En conséquence, les résultats ont été validés sans amendement substantiel, laissant aux candidats un délai de dix jours, à compter du 19 janvier 2026, pour introduire d’éventuels recours.
Au-delà de la procédure, c’est la substance démocratique du scrutin qui interroge. Le taux de participation national plafonne à 36,74 %, confirmant une désaffection électorale persistante. Plus d’un électeur sur deux a choisi de ne pas se rendre aux urnes, dans un contexte marqué par l’exclusion durable de l’opposition des institutions représentatives et par un cadre électoral jugé peu inclusif par de nombreux observateurs.
Si les autorités béninoises mettent en avant la légalité du processus et la stabilité institutionnelle, le résultat final – un Parlement monocolore, entièrement acquis au pouvoir – nourrit les critiques sur un système politique de plus en plus verrouillé. À défaut de fraude massive, c’est l’absence de pluralisme réel qui apparaît comme le principal enseignement de ces législatives. Un signal préoccupant pour une démocratie longtemps citée en exemple en Afrique de l’Ouest.
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