L’enquête sur le putsch manqué survenu le 7 décembre dernier au Bénin connaît une nouvelle étape. Quatorze militaires ont été placés en détention provisoire en milieu de semaine dernière, après avoir été présentés au procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Cette juridiction est devenue centrale dans le traitement des affaires sensibles liées à la sûreté de l’État.
Selon plusieurs sources citées par la presse béninoise, neuf de ces militaires seraient directement impliqués dans l’attaque visant la résidence du président, épisode le plus spectaculaire de ce putsch manqué. Les autorités judiciaires restent, pour l’heure, discrètes sur le rôle exact de chacun des mis en cause, invoquant la nécessité de préserver le bon déroulement de l’instruction.
Avec ces nouvelles arrestations, le nombre total de personnes détenues dans ce dossier approche désormais la quarantaine. Parmi elles figurent des personnalités politiques de premier plan, dont Soumaïla Sounon Boké, député du parti d’opposition Les Démocrates, ainsi que Candide Azannaï, ancien ministre et président du parti Restaurer L’Espoir. Leur interpellation a suscité de vives réactions au sein de la classe politique, certains dénonçant une instrumentalisation judiciaire, tandis que le pouvoir assure agir dans le strict respect de la loi.
La CRIET en branle sur le putsch manqué
Du côté des autorités, le discours reste inchangé. Le pouvoir de Patrice Talon s’engage à faire toute la lumière sur une entreprise qualifiée de grave menace contre l’ordre constitutionnel. Le gouvernement affirme que la tentative de coup d’État, bien que rapidement neutralisée, révèle l’existence de complicités multiples, tant au sein de l’appareil sécuritaire que dans les sphères civiles.
Créée pour lutter contre la criminalité économique et le terrorisme, la CRIET se retrouve une nouvelle fois au centre des débats. Si le pouvoir béninois défend son efficacité et son rôle dissuasif, l’opposition et certaines organisations de défense des droits humains pointent régulièrement un manque de garanties procédurales et une justice perçue comme expéditive dans les dossiers politiques sensibles.
Toutefois l’instruction se poursuit. Et l’affaire met en lumière les tensions persistantes qui traversent le paysage politique béninois. Entre impératif de sécurité nationale et exigences de l’État de droit, le traitement judiciaire du putsch manqué pourrait durablement peser sur le climat politique du pays, à l’approche des prochaines échéances électorales.
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