L’Alliance des États du Sahel (AES), qui réunit le Mali, le Niger et le Burkina Faso depuis leur retrait de la CEDEAO en 2024, s’impose de plus en plus comme un bloc régional solide. L’organisation combine des avancées militaires, une intégration politique ainsi qu’une coopération accrue avec ses voisins.
Des victoires militaires marquantes
Au Mali, les Forces armées maliennes (FAMa) poursuivent leurs opérations de sécurisation. À Gao, elles escortent désormais régulièrement des véhicules en provenance du Niger pour garantir l’approvisionnement en vivres et en carburants de la ville, en coopération avec les forces nigériennes.
Par ailleurs, les FAMa ont multiplié les opérations offensives. Le 14 septembre 2025, une frappe aérienne ciblée a détruit un objectif terroriste à Dogofry, dans la région de Ségou. Dans la région de Kayes, des bases des groupes armés terroristes ont été démantelées à Sandaré et Lambatara, tandis que d’autres frappes ont visé des positions ennemies autour de Nioro du Sahel et de Kayes.
Le Niger, de son côté, a annoncé la neutralisation d’au moins 34 terroristes lors de deux opérations menées en septembre 2025 dans les régions de Dosso et Tillabéry. Ces actions, accompagnées de frappes aériennes, ont permis de récupérer du bétail volé et de détruire des moyens logistiques ennemis.
En parallèle, l’École de Maintien de la Paix Alioune Blondin Beye (EMP-ABB) a récemment formé 34 officiers de la Force unifiée de l’AES, preuve d’une montée en puissance structurée de la coopération militaire entre les trois États.
Vers une intégration politique et économique
Au-delà du militaire, l’AES a franchi de nouvelles étapes politiques. Le bloc a adopté un passeport unique et crée une force conjointe estimée à 5 000 hommes, renforçant son autonomie stratégique.
La dynamique attire également l’attention des voisins. Le Togo n’exclut pas une future adhésion à l’AES et son port de Lomé pourrait devenir une porte d’entrée maritime pour les pays sahéliens.
Le 16 septembre 2025, le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, a effectué une visite officielle au Burkina Faso. Il devient ainsi le premier président de la CEDEAO à se rendre dans un État de l’AES, exprimant son soutien et sa volonté de coopération.
Un bloc de plus en plus crédible
Selon une enquête menée par Sagaci Research en juillet 2025, 77 % des citoyens dans six pays voisins perçoivent positivement l’AES et 65 % se disent satisfaits de son action.
Ces évolutions confirment que l’Alliance des États du Sahel dépasse désormais le stade des déclarations politiques. Ses succès militaires, ses projets d’intégration et ses partenariats avec le Togo, le Tchad et la Sierra Leone en font un acteur incontournable.
L’AES s’affirme comme un noyau de la nouvelle architecture sécuritaire et économique du Sahel, porteur d’espoir pour une stabilité et une souveraineté renforcées dans la région.
Par Coulibaly Mamadou



