À Lomé, le cinéma s’apprête à devenir un outil de prévention et de sensibilisation. Ce dimanche 28 septembre, l’auditorium de l’église Impact Centre Chrétien de Hountigomé accueillera l’avant-première de « Fallait Pas », premier long-métrage de la réalisatrice Belinda Katalay Matouba. Inspirée de faits réels, l’œuvre aborde sans détour des thématiques sensibles : sextapes, grossesses précoces, réseaux sociaux et pressions sociales.
« Fallait Pas », Une inspiration née d’un choc
« Fallait Pas » entraîne le spectateur dans le quotidien d’un lycée privé de Lomé, la « Royal Eagles School », où les adolescents naviguent entre amitiés, romances, réseaux sociaux et défis personnels. Mais derrière ce décor familier se cachent des choix lourds de conséquences : décisions précoces, pressions invisibles, tentations numériques et sociales. Chaque action, chaque décision, trace une trajectoire qu’il est impossible de réécrire.
Belinda Katalay Matouba insiste sur ce message central : « La vie n’est pas un cahier de brouillon. À chaque fois qu’on prend une décision, on écrit une histoire. Il faut faire attention aux choix que nous posons. » Cette philosophie guide le film, qui ne se limite pas à un simple divertissement. Il s’agit d’une alerte, d’un guide moral et d’un appel à la responsabilité, autant pour les adolescents que pour les adultes qui les accompagnent.
Le film aborde des thématiques sensibles et actuelles : grossesses précoces, abus numériques, sextapes et pression sociale. Ces réalités, malheureusement fréquentes dans certaines écoles togolaises, sont exposées avec justesse et sans voyeurisme. Le but est d’éveiller les consciences et de provoquer une réflexion.
Pour Belinda, chaque scène est un pont entre l’art et la prévention. « Je veux que le film parle aux jeunes, mais aussi qu’il serve de guide pour tous ceux qui ont un rôle dans leur éducation. Quand un choix est mauvais, le message est simple : il ne fallait pas », explique-t-elle. Ce double objectif – sensibilisation et éducation – confère à « Fallait Pas » un statut unique dans le paysage cinématographique togolais. Malgré le manque de formation technique et les défis logistiques, Belinda et son équipe ont fait preuve d’audace. Leur conviction : rien n’est impossible quand la volonté de faire bouger les choses est plus forte que les obstacles. Le résultat est un film authentique, émouvant et instructif, capable de toucher directement la jeunesse.
Une réalisatrice derrière un mentor et visionnaire
Derrière « Fallait Pas » se cache une femme dont le parcours inspire autant que son film. Belinda Katalay Matouba, alias « Yaya International », est bien plus qu’une réalisatrice : elle est coach, mentor, manager et leader engagée pour la jeunesse togolaise.
Son engagement envers les jeunes, en particulier les jeunes filles, est profond et concret. Présidente fondatrice de Eagles Pro Academy, elle enseigne l’excellence et le leadership à travers des formations, masterclass et ateliers. Avec Jeunes Femmes Leaders (JFL), elle accompagne celles qui aspirent à atteindre leur potentiel, en promouvant l’éthique, la confiance et la responsabilité.
Son expérience professionnelle est tout aussi impressionnante : assistante exécutive au sein d’un groupe bancaire panafricain, Belinda combine rigueur, organisation et vision stratégique. Mais ce qui la distingue, c’est sa capacité à transformer cette expérience en impact social. Elle se consacre à restaurer et épanouir la jeunesse, à encadrer des filles ayant subi des abus, et à inspirer les adolescents à travers le coaching et l’éducation.
« Je vois chaque jeune comme un potentiel à révéler », confie-t-elle. Cette philosophie traverse « Fallait Pas » : le film est le prolongement naturel de sa mission. À travers cette œuvre, elle transpose sur grand écran son engagement quotidien, mêlant art et prévention pour éveiller les consciences. Son énergie et son audace se ressentent aussi dans le tournage du film. Sans formation technique initiale, elle a su mobiliser une équipe autour de sa vision. « Dans notre équipe, le mot impossible n’existait pas », affirme-t-elle. Cette détermination a permis de surmonter obstacles financiers et techniques, pour aboutir à un film authentique, poignant et éducatif.
L’avant-première ne sera pas un simple moment de projection. Elle sera suivie d’échanges et de débats, afin que les jeunes puissent exprimer leurs interrogations et leurs réflexions. L’objectif, selon la réalisatrice, est de transformer l’expérience cinématographique en véritable levier éducatif.
Avec « Fallait Pas », le cinéma togolais se dote d’un film rare : à la fois drame social, outil pédagogique et manifeste pour une jeunesse consciente. Un rendez-vous qui s’annonce incontournable ce dimanche 28 septembre, 15h – Impact Centre Chrétien, Hountigomé.
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