Cinq ans après sa création, la DMK (Dynamique Monseigneur Kpodzro) est officiellement dissoute. Dans une correspondance en date du 25 septembre 2025, le ministère de l’Administration territoriale a déclaré que la coalition politique née autour de Monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro « n’a aucune existence légale », en raison de l’absence de récépissé. Une décision politique qui pousse Paul Missiagbeto, ancien coordonnateur du regroupement à pointer une trahison.
Le courrier, référencé N°1495/MATDDC-SG-DLPAP-DAPA, stipule qu’aucune personne ne peut désormais agir au nom de la DMK ni mener d’activités politiques en son sein. Une copie a été transmise au ministère de la Sécurité et de la Protection civile, chargé de veiller à l’application stricte de la mesure.
La DMK, formée en janvier 2020 pour porter la candidature de feu Agbéyomé Kodjo à la présidentielle, avait réussi à fédérer plusieurs partis, organisations de la société civile et personnalités indépendantes autour d’un objectif commun : contester la longévité au pouvoir de Faure Gnassingbé. Après l’élection, le regroupement s’était imposé comme une des principales forces de contestation, malgré l’exil forcé de plusieurs de ses dirigeants.
Mais depuis le décès de Mgr Kpodzro, puis celui d’Agbéyomé Kodjo, des dissensions internes sont venues fragiliser le fonctionnement du regroupement. Entre les partisans d’une restructuration et ceux favorables à certaines exclusions, l’unité de façade a progressivement volé en éclats.
Des accusations de trahison au de la DMK
Pour Paul Missiagbeto, ancien coordonnateur de la DMK, aujourd’hui en exil après une deuxième arrestation en avril 2024, la dissolution est le fruit de « manœuvres internes ». Il accuse notamment le camp de Dr Atsou Kwassi, Mme Dovi Amouzou, Mme Akossiwa Yemey et Komlan Aplaa d’avoir saisi les autorités pour obtenir l’interdiction de la coalition.
« Ils peuvent dissoudre la DMK sur papier mais ils ne pourront jamais la dissoudre dans la pensée des Togolais. Nous continuerons à défendre ses idéaux d’une manière ou d’une autre », a-t-il affirmé, promettant de dévoiler prochainement la stratégie de lutte.
La dissolution de la DMK consacre la fin officielle d’une expérience politique atypique, née sous l’impulsion d’une figure religieuse respectée, et qui avait marqué les esprits lors de la présidentielle de 2020. Il s’agit d’une véritable première décision concernant un regroupement politique au Togo. Tant plusieurs coalitions ont existé dans l’histoire politique du Togo et fonctionner sans avoir eu besoin d’un récépissé. De tout temps, les responsables de l’opposition ont toujours soutenu que les coalitions d’opposition sont légales pour le fait qu’elles sont composées d’entités reconnues par l’Etat et possédant des récépissés.
Fruit de dissensions internes ou de trahison, la décision du ministre Hodabalo Awaté fera débat.
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