Mixx by Yas

Arrestation de Marguerite Gnakadé : ADDI et MPDD dénoncent une ‘restriction préoccupante’ des libertés

Didier ASSOGBA
3 Min Read
Marguerite Gnakadé

Au lendemain de l’arrestation de Marguerite Gnakadé, l’ancienne ministre des Armées, la classe politique togolaise est en ébullition. Le Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD) et l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI) ont publié, lundi 22 septembre, deux communiqués distincts mais convergents. Ces deux formations politiques dénoncent une « dérive autoritaire » et réclamant la libération de l’ex-membre du gouvernement et des autres détenus d’opinion.

Une « restriction de l’espace démocratique »

Pour le MPDD, l’arrestation de Marguerite Gnakadé et sa mise en détention illustrent « une restriction préoccupante de l’espace démocratique » au Togo. Le parti fondé par feu Agbéyomé Kodjo rappelle que « l’expression politique, même critique, constitue un droit fondamental dans toute démocratie moderne ». Dans sa note, il en appelle aux autorités judiciaires pour garantir la présomption d’innocence, la protection de l’intégrité physique et morale des personnes interpellées, ainsi qu’un respect strict du Code de procédure pénale.

- Advertisement -

Le MPDD plaide en outre pour des gestes d’apaisement, parmi lesquels la libération des détenus politiques et l’octroi d’une grâce présidentielle à ceux condamnés pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Un signal, selon lui, indispensable pour renforcer la réconciliation nationale.

ADDI dénonce « la voie de la répression »

De son côté, l’ADDI d’Aimé Gogué va plus loin dans la critique, qualifiant l’arrestation de Marguerite Gnakadé et l’inculpation du rappeur Aamron « d’arbitraires » et pointant un climat socio-politique « délétère ». Pour le parti, le gouvernement a choisi « la voie de la répression, des intimidations et des arrestations » plutôt que de répondre aux « cris de détresse » d’une population confrontée à la vie chère et à l’extrémisme violent.

- Advertisement -

L’ADDI s’alarme également de l’émergence d’une organisation d’auto-défense autoproclamée, « Sentinelle du peuple », accusée de semer la peur et de multiplier les intimidations en toute impunité. Le parti exige sa dissolution immédiate, rappelant que « la sécurité des citoyens doit relever exclusivement des forces légalement instituées ».

Si le ton diffère, le diagnostic reste partagé : les deux formations d’opposition alertent sur une aggravation des tensions politiques, accentuées par les manifestations de juin et juillet dernier, et appellent à la libération de tous les détenus d’opinion.

- Advertisement -

Ces prises de position traduisent la crainte d’une crispation durable. Le MPDD comme l’ADDI exhortent les autorités à restaurer un climat de confiance et à engager de véritables gestes de décrispation, condition, selon eux, d’une sortie de crise et d’un retour à une dynamique démocratique inclusive.

Rejoignez-nous sur notre chaîne WhatsApp pour plus de détails

Share This Article