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Sénégal : Une activité LGBTQI interdite par le gouvernement

Togo Breaking News
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Le gouvernement sénégalais a mis un terme vendredi à une initiative diplomatique et citoyenne autour d’un film documentaire sur les réalités des personnes LGBTQI en Afrique de l’Ouest. Une réunion prévue par l’ambassade des Pays-Bas et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), en partenariat avec des ONG locales, a été officiellement interdite par le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères.

L’événement, intitulé « Réunion Equal Rights Coalition (ERC) », devait se tenir le 11 juillet dans les locaux du bureau régional du HCDH à Dakar. Il comprenait la projection du film « MIWA : Nous Sommes Là », réalisé par la réalisatrice sénégalaise Aïda Mbaye, qui explore les parcours de vie de femmes lesbiennes, bisexuelles, transgenres et de personnes non-binaires en Afrique de l’Ouest. La séance devait être suivie d’échanges avec des représentants d’associations locales comme EGIDES et Point-Virgule 7 (PI7), engagées dans la défense des droits des minorités sexuelles.

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Mais c’était sans compter sur l’alerte lancée la veille par le député Guy Marius Sagna, figure médiatique de la majorité présidentielle. Sur ses réseaux sociaux, ce dernier avait fustigé une « opération de propagande LGBTQI » organisée sous couvert d’institutions internationales. « Les Pays-Bas et d’autres pays sont libres dans leurs pays d’encourager les LGBTQ. Ici au Sénégal ce n’est pas possible », avait-il martelé.

Position ferme du gouvernement face aux LGBTQI

Dans un communiqué publié vendredi, le ministère des Affaires étrangères a confirmé l’interdiction de cette rencontre. Le texte rappelle que « les missions diplomatiques, organisations internationales et ONG opérant au Sénégal doivent impérativement rester conformes aux lois et règlements en vigueur » et respecter les « valeurs culturelles, religieuses et sociales » du pays.

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« Le Sénégal n’accepte aucune forme de propagande et de promotion du phénomène LGBTQI sur son territoire », affirme-t-on avec fermeté. Le communiqué souligne en outre que le gouvernement se réserve le droit de prendre « toute mesure appropriée » contre les organisateurs et participants, « quels que soient leurs origines, statut ou rang ».

Cette décision marque un nouveau rebondissement dans les relations tendues entre certains États occidentaux, les organisations internationales et plusieurs pays africains sur la question des droits des personnes LGBTQI. Le Sénégal, dont la Constitution pénalise les « actes homosexuels » punis de plusieurs années de prison, est souvent pointé du doigt par des ONG internationales pour son traitement des minorités sexuelles.

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L’avenir incertain des initiatives similaires

Cependant, le gouvernement sénégalais insiste sur sa souveraineté culturelle et légale. « Le dialogue international ne doit jamais empiéter sur les principes fondateurs des sociétés qu’il prétend respecter », peut-on lire entre les lignes du communiqué.

Du côté des associations locales, la frustration est grande. « On assiste à une criminalisation croissante de notre existence. Ce n’est pas un film qui menace la société, mais bien l’incapacité de certains à accepter la diversité humaine », a déclaré sous couvert d’anonymat un militant de PI7.

L’interdiction de la projection de « MIWA » pourrait avoir des répercussions sur d’autres événements culturels ou militants liés aux questions de genre et d’orientation sexuelle dans le pays. Elle illustre aussi le rôle grandissant des élus locaux dans la gestion des agendas diplomatiques étrangers.

Pour les observateurs, ce bras de fer entre diplomatie internationale et autorités sénégalaises traduit une tension plus large sur la place des normes universelles des droits humains face aux spécificités nationales.

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