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Togo: les autorités misent sur l’artisanat pour relancer la croissance

Au Togo, l’artisanat contribue pour 18% à la formation du Produit intérieur brut (PIB). Il participe à la réduction du déficit de la balance commerciale à hauteur de 20%. Le secteur est créateur d’emplois et générateur de revenus. Il est un outil de lutte contre la pauvreté et un moteur de relance économique. Près d’un million de personnes exercent dans le secteur et en moyenne 20 000 nouveaux diplômés sont issus de l’apprentissage chaque année. Ce qui motive désormais les autorités togolaises qui comptent en faire un secteur bien organisé capable d’assurer, de manière durable à l’horizon 2030, la prospérité des artisans et relancer ainsi la croissance économique.

Au ministère en charge de l’artisanat la volonté est affichée est d’avoir des entreprises artisanales compétitives sur la scène internationale, bénéficiant des mesures d’accompagnement adaptées et contribuant notablement par leurs productions à la valorisation du patrimoine national, à la croissance de l’économie nationale.

Pour y arriver, il est envisagé le renforcement du cadre légal, réglementaire et institutionnel ; le renforcement de l’accès des produits et services artisanaux aux marchés ; le développement d’un mécanisme approprié de protection sociale ; et l’amélioration du système de pilotage et de coordination.

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C’est dans ce sens que le code togolais de l’artisanat et le code communautaire de l’UEMOA ont été adoptés respectivement en 2012 et en 2014. Les deux instruments sont complémentaires et permettront de créer un cadre juridique pour l’exercice du métier de l’artisanat en améliorant les conditions de vie et de travail des artisans.

Investissement dans un secteur enfin organisé et perspectives

Le secteur de l’artisanat est supervisé par la Direction de l’artisanat elle-même chapeautée par le ministère en charge de l’artisanat. A la base, les chambres régionales de métiers (CRM) mettent en œuvre la politique du gouvernement en faveur des artisans et des entreprises artisanales. Ces CRM sont contrôlées par une faîtière dénommée l’Union des chambres régionales de métiers (UCRM).

Au Togo, l’ensemble des activités artisanales sont classées en 8 branches d’activités professionnelles. La catégorie B1 comprendre les activités comme l’Agroalimentaire, l’alimentation, la petite restauration. La catégorie B2 rassemble les Mines et carrières, la construction et bâtiment. La catégorie B3 comprend les activités de Fabrication métallique, la mécanique, l’électromécanique. Quant à la catégorie B4, elle comprend les Bois et assimilés, le mobilier et l’ameublement. Le Textile, l’habillement, les cuirs et peaux sont dans la catégorie B5. La catégorie B6 regroupe l’audiovisuel et la communication. Dans la catégorie B7, se retrouve des activités liées à l’Hygiène et les soins corporels. Enfin la dernière catégorie est celle de l’artisanat d’art.

De 2011 à 2017, le gouvernement togolais a investi un peu plus de 8,7 milliards de Fcfa dont 3,8 milliards de Fcfa de crédits octroyés, 2,7 milliards octroyés à travers l’AJSEF, 965 millions investis dans la réalisation de projets et près de 4 milliards au titre de kits d’outillage offerts aux jeunes artisans. 2 913 artisans ont participé aux différentes foires nationales et internationales dont le Salon national de l’artisanat (SANA).

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Pour aider les artisans à contribuer au développement du secteur, le gouvernement togolais a mis en place un projet de banque de données : le système d’information sur l’artisanat (SIA). A ce jour, 53 360 artisans sont enregistrés. De même, des Centres de ressources pour l’artisanat (CRA) sont dédiés aux artisans pour la mutualisation des équipements et des ressources que les petites entreprises ne peuvent acquérir. 27 CRA sont déjà opérationnels et une dizaine d’autres sont en cours d’implantation.

Et conformément à la politique et aux codes de l’artisanat, le ministère en charge du secteur et ses partenaires se mobilisent davantage pour poursuivre le renforcement du cadre légal, juridique et institutionnel. Il est annoncé la poursuite de la mise en place des CRA pour couvrir toutes les préfectures. Le renforcement des capacités des artisans n’est pas du reste. Dans cette même optique, il sera proposé d’autres mécanismes de financement adaptés au secteur ainsi que la mise en place d’un mécanisme de protection sociale des artisans.

L’autre projet phare est l’organisation prochaine du Salon National de l’Artisanat indépendamment de la Foire Internationale de Lomé.