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Abolition des pratiques de veuvages néfastes aux femmes en pays Guin

La préfecture des Lacs a officialisé jeudi une nouvelle loi coutumière abolissant les pratiques de veuvages néfastes aux femmes et instaurant la dignité de la veuve pour les générations à venir. L’initiative est à mettre à l’actif de l’ONG Alafia et l’équipe des Alumniun à travers le projet « Eradication des pratiques coutumières de veuvage ».

La loi nouvelle coutumière du veuvage du peuple Guin  limite le nombre de jours voire du mois des rituels du veuvage à une seule journée.

Désormais pour son veuvage, la veuve est  admise en internement la veillée vers 18 heures  et le lendemain à la meilleure heure elle est libérée.

Fini donc les pratiques inhumaines, dégradantes et humiliantes à l’endroit des veuves le plus souvent et parfois des veufs qui sont sujets entre autres à des réclusions de plus ou moins longue durée, des privations alimentaires, des interdictions portant gravement atteinte à leur dignité et à leurs droits fondamentaux.

« Ce jour est solennel parce qu’il représente un nouveau départ pour nos mères, nos femmes, nos filles non seulement pour les générations actuelles mais aussi pour les générations futures…Elles n’auront plus à supporter une autre souffrance, un autre poids que celui de la mort de leur bien aimé qui est déjà un vide que rien ne peut combler », s’est félicité Adzoavi Nyuito Tatey, Directrice exécutive de l’ONG Alafia.

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La loi a été entérinée à travers une déclaration des Chefs traditionnels et des prêtres et prêtresses des religions traditionnelles, des chefs de famille et des tassinons de ladite préfecture.

Pour  Nana Ane Ohiniko Quam Dessou XV, Roi des Mina Chef Traditionnel de la ville d’Aného, cette loi n’est qu’une partie remise des  initiatives visant à alléger la  souffrance  des veuves dans la préfecture des Lacs. 

« Le deuxième pas que nous allons poser ira dans le sens de quelles manières, protéger la veuve et l’orphelin. Parce qu’il y a certaines pratiques dans certaines de nos communautés qui font que la veuve une fois son mari décédé est chassée de la maison conjugale ou familiale. Nous allons engager un nouveau plan pour éradiquer tout cela », a promis sa Majesté Ohiniko Quam Dessou XV.




Le clan Adigo & Alliés modernise les rites de veuvage

Le Clan Adjigo & Alliés dans la préfecture des Lacs à Aného a réformé ses rites de veuvage. La réforme coutumière est à mettre à l’actif de l’ONG Alafia à travers le projet » Revue ou éradication des pratiques coutumières néfastes de veuvage qui sont des formes de violences faites aux femmes et qui peuvent entraîner la contamination aux VIH/SIDA dans la préfecture des Lacs ».

Après invocation des ancêtres, les praticiens et garants des us et coutume allègent dorénavant les charges de veuvage  du clan Adjigo & Alliés, bannissant ainsi les pratiques néfastes qu’il contenait.  Le rite, qui de par le passé se faisait pendant des jours voire des mois ne prendra désormais qu’une seule journée.

La nouvelle forme de cérémonie de veuvage que vont observer désormais les filles et fils Adigo & Alliés a été présentée samedi au palais royal flamani.

« Nous avons décidé d’alléger la cérémonie de veuvage. Ce qui fait qu’au lieu des mois et des mois, aujourd’hui, en moins de 24 heures tout est fini. Autrement dit la veuve est admise en internement la veillée vers 18 heures  et le lendemain à la meilleure heure elle est libérée » a précisé Georges Quam Kuakuvi, Président du Conseil des us  et coutumes.

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L’histoire retiendra que c’est sous le règne de Nana Ane Ohiniko Quam Dessou XV que les nouvelles coutumes de veuvage ont été instaurées.

Le roi des Mina, Chef traditionnel de la ville d’Aného qui dit entériner la nouvelle donne a  rassuré son clan.

« Le veuvage qui se faisait avant avec des exigences un peu concordant des mesures dégradantes pour les femmes, c’est terminé. La nouvelle formule allégée à une journée est accessible à toutes les femmes », a-t-il dit.

Tout cela a été possible grâce aux plaidoiries de ALAFIA. Ce projet, l’ONG l’a déjà exécuté dans les préfectures de Kloto, de Kpendjal, de Haho et d’Agou entre autres.




Vulnérabilité des veuves au Togo, Espérance et Vie relance le débat

L’association Espérance et vie resserre les liens entre ses membres à l’occasion de la commémoration du 23 juin, journée mondiale des veuves. C’était lors d’une grande rencontre qui s’est déroulée jeudi à Lomé.

Si des efforts ont été consentis par les acteurs non gouvernementaux et ceux gouvernementaux en matière de la conception du veuvage au Togo dans le but d’humaniser les rites de veuvage, il demeure aussi vrai que les personnes frappées de veuvage voient toujours leurs histoires changées et deviennent plus fragiles.
C’est donc dans le but de réfléchir sur les divers points de la problématique du veuvage dans la société togolaise que Espérance et vie a tenu la rencontre. L’idée est d’aider les personnes en situation de veuvage à garder ou retrouver le goût de la vie.

« Apprendre à partager malgré la fragilité son histoire avec les autres. Réapprendre dans la solidarité avec d’autres personnes, l’espérance et la vie », a rappelé aux membres la présidente de l’association, Marie Thérèse Poyodi.

En l’absence d’une réelle protection sociale, Espérance et vie s’est donnée pour vison d’accompagner les veuves dans la prise en charge de leurs familles respectives.

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Absente des statistiques, inaperçue par les chercheurs, négligée par les autorités nationales et locales et la plupart du temps ignorée par les organisations de la société civile, la situation des veuves est en réalité invisible. Néanmoins, certains chiffres indiquent que les veuves avoisineraient le 1/10ème de la population togolaise.

Rappelons que la « Journée internationale de la veuve » célébrée le 23 juin, a été instituée par une résolution présentée par le Gabon et adoptée par consensus lors de l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2010. Le but est de sensibiliser l’opinion et d’obtenir une meilleure défense des droits des veuves dans le monde.




Alafia en croisade contre les pratiques néfastes de veuvage

Vivre désormais dans une société traditionnelle où le veuvage ne constitue plus un fardeau pour les femmes, c’est le nouvel idéal  qu’ALAFIA veut atteindre. Pour y arriver,  l’ONG a procédé jeudi à Aného, au lancement du projet « Éradication des pratiques coutumières de veuvage ». 

Habituellement dans les sociétés togolaises, les veuves sont souvent obligées de se remarier avec un membre de la famille du mari défunt sans que la cause du décès de ce dernier ne soit déterminée. Les rites de veuvage en soi, comportent tous d’une manière générale des points communs à savoir des périodes de réclusions et des épreuves physiques infligées à la veuve. 

Pire encore, la veuve pour rompre avec le défunt est obligée d’avoir des relations sexuelles avec des inconnus en dehors de sa communauté. 

Ce sont ces pratiques jugées néfastes, que le  projet est venu combattre. La communauté qui va le bénéficier est la ville d’Aného dans les Lacs, que l’ONG entend soutenir à parvenir aux actions intercommunautaires que les habitants ont déjà commencé eux-mêmes à mener pour alléguer aux rites traditionnels de veuvage.

« A travers ce projet, nous nous engageons à vous accompagner à formaliser vos dispositions intracommunautaires dans une déclaration et œuvrer ardemment à sa divulgation », a promis Berth Adzoavi Tatey, Directrice Exécutive de l’ONG ALAFIA.

Les activités qui suivront le lancement sont l’atelier de formation des leaders traditionnels, la consultation avec les représentants des communautés de femmes, la campagne publique de sensibilisation, la mission de suivi, l’atelier de plaidoyer et enfin les cérémonies d’éradication de veuvage. 

D’ores  et déjà, le projet semble recevoir l’assentiment des autorités traditionnelles de la préfecture. 

« Le fait de revoir les rites du veuvage n’enlèvent rien à nos us et coutumes. Nous au temps moderne, il faut donc que la tradition et le modernisme fassent route ensemble pour le bien être de l’humain », a rassuré Sa Majesté Togbé Ahuawoto Savado Zankli Lawson VIII, Chef traditionnel de la ville d’Aného.