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Le gouvernement togolais ne comprend toujours pas les raisons qui poussent la coalition de l’opposition à reprendre les manifestations de rue si le dialogue ouvert pour régler la crise politique reste d’actualité et a été d’ailleurs soutenu par les Chefs d’Etat de la CEDEAO il y a une semaine à Lomé. Toutefois et pour la première fois depuis février, les manifestations auxquelles le regroupement des 14 appelle pour les 25, 26 et 28 avril prochains ne seront pas interdites. Seuls les itinéraires initialement arrêtés par ses responsables ont été modifiés. Les autorités pensent tirer toutes les conséquences de l'attitude de la Coalition.

A l’issue du sommet extraordinaire tenu à Lomé samedi dernier par la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, il a été décidé que les Présidents Nana Akufo-Addo du Ghana et Alpha Condé de Guinée poursuivent les efforts de facilitation au Togo pour la réalisation de réformes constitutionnelles. La coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise, qui faisait mercredi le bilan des 3 jours de manifestations de la semaine dernière, a réagi à cette décision et souhaité que les deux chefs d’Etat conjuguent leurs efforts pour l’aboutissement du dialogue. Aussi, le regroupement de l’opposition attend-il des explications de Nana Akufo-Addo et annonce par la même occasion de nouvelles manifestations de rues pour la semaine prochaine.

L’on en sait un peu plus depuis samedi sur la position de la majorité des chefs d'Etat et de gouvernement de la CEDEAO sur la crise socio-politique que traverse le Togo. La situation est même réduite à de simples tensions socio-politiques par l’organisation sous régionale ouest-africaine. Même si cette évolution est sémantique, elle ne traduit pas moins une nuance non négligeable. Les contours du schéma de sortie de crise ont été dessinés et la démarche pour y parvenir est définie. La formalisation de la facilitation et la désignation de deux co-facilitateurs préfigurent des changements d'approches dans les efforts externes pour amener les acteurs politiques à une solution, commentent certains diplomates de la sous-région. Pendant ce temps, le régime togolais se réjouit que l’exigence liée au respect des délais légaux ait pu trouver un écho favorable auprès de l’organisation sous régionale.  Retour sur les coulisses du sommet de Lomé qui prépare le terrain à des décisions contraignantes.

Le Parti du Peuple et de l’Intégrité (PPI) a effectué samedi sa première sortie médiatique neuf (9) mois après le lancement de ses  activités. Face à la presse, le Parti dont le siège national se trouve à Sokodé a fait l’état des lieux de ses activités menées jusque-là et revient sur la crise sociopolitique que traverse le Togo depuis le 19 août 2017. Pour le parti de Tchao Kadambaya, la candidature de Faure Gnassingbé en 2020 dépendra du parti UNIR. Au gouvernement, il demande de surseoir définitivement son projet de référendum.

Le sommet extraordinaire de la CEDEAO consacré à la crise sociopolitique en Guinée-Bissau et à la situation dans d’autres pays de la région s’est achevé en fin d’après-midi à Lomé. A l’issue des travaux, les Chefs d’Etat ont décidé de proroger le mandat de la mission de la CEDEAO en Guinée-Bissau jusqu’au 30 juin. Au sujet de la crise togolaise, ils ont appelé les acteurs à préserver la paix.  La Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation ont renouvelé leur confiance aux président ghanéen et guinéen pour la facilitation et leur demande de formuler des recommandations pour une sortie de crise lors du prochain sommet prévu en juin prochain.

Un nouveau regroupement politique vient de voir le jour au Togo. Il s’agit du Groupe des Centristes comprenant, pour l’instant, trois partis politiques à savoir le NET, la CPP et  le PDP. Ce mouvement politique qui regrette la bipolarisation de la scène politique togolaise et la radicalisation des positions depuis le déclenchement de la crise actuelle le 19 août 2017 estime que le dialogue reste la seule voie de sortie de crise. Le regroupement dont les activités sont coordonnées par Francis Ekon, le président de la CPP, est toujours ouvert à d’autres partis politiques. En conférence de presse vendredi, il a formulé trois recommandations aussi bien au pouvoir de Faure Gnassingbé qu’à la coalition des 14 partis politiques de l’opposition.

Faisant jeudi le bilan du 2e jour des manifestations de 3 jours auxquelles elle a appelé les populations, la coalition de l’opposition est largement revenue sur l’entretien exclusif que le ministre togolais de la fonction publique, Gilbert Bawara a accordé à Togo Breaking News. Le regroupement de l’opposition dit avoir pleinement de droit de rendre compte à la population de toutes ses démarches en cette période de crise. De même, elle affirme rester dans le dialogue et demande au gouvernement de prendre ses responsabilités.

Le Conseil National de la Jeunesse (CNJ) n’a pas du tout aimé la dernière sortie médiatique de l’association « MI SI TE » qui proposait notamment la dissolution de toutes les institutions de la République pour une sortie de crise au Togo. Cette prise de position purement politique de cette association qui se réclame du CNJ  a obligé Régis Batchassi, le président de la plateforme nationale des jeunes a rappelé mercredi à l’opinion le statut apolitique de l’organisation qu’il préside. Il évoque d’éventuelles sanctions contre l’association « MI SI TE » dans les jours à venir.

Malgré l’empêchement de la marche à laquelle elle a appelé ses militants mercredi, la coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise entend tenir une nouvelle manifestation jeudi. Face à la presse mercredi après-midi, les leaders de ce regroupement politique ont fait le bilan de la première journée des manifestations. Ils ont accusé Faure Gnassingbé de vouloir les assassiner et annoncent une plainte contre X.

Une organisation de la société civile avance une solution ultime pour la résolution de la crise sociopolitique que traverse le Togo depuis le 19 août 2017. Cette solution qui ne sera du goût ni du pouvoir ni de l’opposition est censée donner un nouveau départ au Togo. Elle consiste à la dissolution de toutes les institutions de la République, de tous les partis politiques, à l’abandon de la Constitution de 1992, à la démission de Faure Gnassingbé et à la mise en place d’un Conseil national de transition du Togo (CNT-TG) qui aura la charge de faire voter une nouvelle constitution.

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