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Le ministre togolais de la fonction s’est encore longuement prononcé sur la situation togolaise et le processus électoral. Au micro d’Afrikastrategies, Gilbert Bawara est revenu sur la recomposition de la CENI et de ses démembrements et surtout sur l’appel au boycott du recensement lancé par la Coalition de l’opposition togolaise. Le porte-parole du gouvernement s’est aussi prononcé sur les réformes à opérer à l’Assemblée nationale avant les élections du 20 décembre et sur la question de la candidature de Faure Gnassingbé en 2020. M. Bawara pense que son patron est le seul, à même de tenir le pays après 2020, parce que soutient-il « personne au sein de l’opposition n’incarne une alternative sérieuse et crédible » pour le pays.

Depuis exactement un an, Tikpi Atchadam, l’homme à l’origine de la donne actuelle au Togo s’est réfugié au Ghana. Et c’était depuis là qu'il menait la lutte contre le pouvoir de Lomé. En avril 2018, le pouvoir de Faure Gnassingbé a dû interpeller le gouvernement ghanéen sur le sujet. Mais pour régulariser sa situation au pays de Kwame Nkrumah, l’ancien Secrétaire général de la Préfecture de Tchaoudjo a trouvé une astuce qui lui permet également de contourner les réglementations de la CEDEAO.

La recomposition de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) arrêtée à la 2e réunion du Comité de suivi des recommandations de la CEDEAO n'est pas une injonction. C’est la position qu’affiche l’Union des forces de changement (UFC). Le parti de Gilchrist Olympio reproche à la C14 de d’avoir abandonné ses revendications au détriment des élections. Contrairement à OBUTS et au NET, l’UFC veut continuer à siéger au sein de l’institution en charge de l’organisation, au nom de l'opposition.

Gilbert Bawara n’est pas du tout d’accord avec la Coalition des 14 partis de l’opposition qui continue de poser des exigences et préalables pour la suite de l’organisation des élections après avoir salué l’avancée obtenue au sujet de la CENI le 23 septembre dernier lors de la 2ème réunion du comité de suivi de la CEDEAO. Lors d’un entretien improvisé avec un groupe de médias dont Togo Breaking News, le ministre de la fonction publique a indiqué que le gouvernement togolais a pris toutes les dispositions pour que le processus électoral se poursuive et aboutisse aux législatives le 20 décembre prochain. De même, il exhorte les populations togolaises à s’inscrire massivement sur les listes électorales pour pouvoir se déterminer le jour du vote, parce que dit-il, il n’y aura pas de session de rattrapage. 

Le président ghanéen, l’un des présidents facilitateurs de la crise togolaise s’est prononcé jeudi sur le processus en cours au Togo. Interrogé par France24, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, Nana Akufo-Addo a indiqué que la médiation n’est pas au point mort même si les progrès ne sont pas énormes. Il se réjouit de la volonté des parties à poursuivre le dialogue. Il note toutefois qu’il y a des divergences quant à l’application de la limitation de mandats présidentiels dont le principe est acquis.

Conformément à la feuille de route de la CEDEAO, la constitution togolaise connaîtra de sérieuses modifications dans les prochains jours. Ces modifications porteront notamment sur la limitation à deux termes de 5 ans en ce qui concerne les mandats présidentiels. Le comité de suivi de la mise en œuvre des décisions de la CEDEAO a établi un chronogramme pour l’opérationnalisation des réformes constitutionnelles au Parlement. L’organisation communautaire prévoit l’adoption de « la nouvelle constitution togolaise » au plus tard le 30 novembre prochain.

Le Groupe des 5, composé des ambassades d’Allemagne, des Etats-Unis d’Amérique, de France, la coordination du Système des Nations unies et la Délégation de l’Union Européenne est satisfait des progrès réalisés en vue d'une résolution durable de la crise socio-politique. Des progrès obtenus sous l’égide de la CEDEAO et des facilitateurs guinéen et ghanéen. De même, ces chancelleries appellent l'opposition et le pouvoir togolais à prouver leur bonne volonté respective en assumant leurs responsabilités.

La Coalition des 14 partis politiques de l’opposition a exigé mercredi l’arrêt du processus électoral en cours et la suspension du recensement électoral dont le démarrage est prévu pour le 1er octobre prochain. Le regroupement politique conteste à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) que dirige Kodjona Kadanga, le droit de continuer les activités sans les représentants des partis d’opposition. La Coalition exige par ailleurs la recomposition des démembrements de la CENI ainsi qu'un nouveau chronogramme, faute de quoi, elle se retirera du processus électoral.

L’assemblée nationale togolaise a entamé mardi une session extraordinaire. Deux sujets importants sont inscrits à l’ordre du jour. Il s’agit de l’examen de l’avant-projet de budget de l’Assemblée nationale et de la recomposition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). A l’ouverture de la session, Dama Dramani, le président du Parlement a salué la décrispation apparue ces derniers temps. Il a appelé ses collègues députés à tout mettre en œuvre pour l’adoption par voie parlementaire des réformes constitutionnelles et politiques comme prescrit dans la feuille de route de la CEDEAO.

Au sortir de la 2e réunion du Comité de suivi de mise en œuvre des recommandations de la CEDEAO pour une sortie de crise au Togo, l’opposition s’est félicitée d’avoir obtenu, après d’âpres discussions, la recomposition de la CENI. Une affirmation qui ne passe pas au niveau de la délégation du pouvoir où on estime qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Là-bas, on se réjouit plutôt de la poursuite du processus électoral.

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