Les députés togolais ont procédé mercredi nuit à l'adoption de la révision de la Constitution. Il s'agit d'une modification qui touche 29 articles de la loi fondamentale. La réforme votée à l'unanimité par l'ensemble des 90 députés présents à l'hémicycle limite à deux termes de 5 ans le mandat du Président de la République. Les mandats des députés et des membres de la Cour constitutionnelle sont également limités.

Mgr Philippe Fanoko Kpodzro ne lâche pas l’affaire des réformes constitutionnelles. L’archevêque émérite de Lomé a fustigé mercredi le projet de réformes en cours à l’Assemblée nationale. Il appelle les confessions religieuses, les organisations de la société civile et l’ensemble des parties de l’opposition à se lever contre cette entreprise du pouvoir visant à garantir 14 autres années de pouvoir à Faure Gnassingbé à la fin de son mandat actuel en février 2020.

Le Mouvement des Républicains Centristes (MRC) a dénoncé mercredi un détournement de fonds dans les filières de café et cacao au Togo. C’était à l’occasion d’une conférence de presse au cours de laquelle, le président  s’est également prononcé sur la proposition du parti  au pouvoir de faire passer le mandat présidentiel à 7 ans. Pour l’honorable Abass Kaboua, l’Union pour la République (UNIR) et les commissaires du gouvernement ont intérêt à abandonner ce projet au risque de réveiller les morts.

Va-t-on vers une durée de 7 ans pour le mandat présidentiel au Togo ? C’est en tout cas ce qu'ont défendu mardi les députés de l’Union pour la République (UNIR, au pouvoir) et les commissaires du gouvernement lors des travaux en commission des lois constitutionnelles. Les débats ont été houleux et les députés de l’opposition parlementaire sont contre la démarche. En attendant les conclusions des travaux, on signale que le mandat des députés passe à 6 ans, renouvelable 2 fois.

Le groupe des 06 OSC opte pour le dialogue alternatif pour la participation de la société civile au processus de démocratisation comme contre-pouvoir. Cette plateforme des OSC explique qu’il s’agit d’un positionnement adopté après analyse du contexte sociopolitique actuel togolais. Les organisations membres entendent être une interface pour débattre et informer en toute impartialité les populations sur les grands enjeux du pays, les avancés, les freins, les difficultés et les dérapages. De ce fait, le groupe lance un appel à tous les togolais à « collaborer pour assoir une véritable démocratie », qui passe par les réformes constitutionnelles et institutionnelles.

Mgr Philippe Fanoko Kpodzro s’est prononcé mardi sur la reprise de l’examen  du projet de lois portant modification des articles 59, 69 et 100 de la Constitution togolais. En conférence de presse, le prélat a indiqué que le projet gouvernemental ne répond pas aux aspirations du peuple et qu’il faille tenir compte uniquement du texte proposé par l’expert constitutionnaliste recruté par la CEDEAO. Le dignitaire de l’église catholique avait à ces côtés des  responsables des Eglises presbytérienne, pentecôtiste et évangéliste. A l’occasion, l'archevêque émérite de Lomé a exigé une reprise du recensement électoral et la libération immédiate des membres du PNP et des autres « prisonniers politiques ».

Ils sont très attendus pour solder la question des réformes constitutionnelles et institutionnelles. Après plus de 3 mois de silence sur le sujet, les députés togolais promettent aller de l’avant après la fête de la Pâque. C’est d’ailleurs ce qu’a décidé la Commission des lois constitutionnelles nouvellement mise en place. La structure parlementaire présidée par l’ancien ministre de la justice, Me Tchitchao Tchalim va commencer l’étude du projet de la révision constitutionnelle mardi prochain.

En 2014, il était l’un des intellectuels qui étaient favorables à un 3è mandat de Faure Gnassingbé afin que les réformes politiques puissent être opérées. Au regard de l’allure de l’actualité sociopolitique au Togo, Prof Magloire Kuakuavi ironise. Le coordonnateur du Conseil épiscopal Justice et paix de l’archidiocèse de Lomé affirme que le changement de Président de la CENI serait le début des réformes constitutionnelles et institutionnelles qui sortiront du "chapeau de prestidigitateur du parti UNIR (au pouvoir) le moment venu.

L’ambassadeur de l’Allemagne au Togo a réclamé mardi au gouvernement togolais la réalisation des réformes constitutionnelles et la libération des détenus. Dans une adresse qu’il a prononcée à l’ouverture des négociations intergouvernementales germano-togolaises, Christoph Sander a estimé que la décrispation du climat sociopolitique passe par là. Le diplomate a également exhorté les autorités à ne pas abuser de la « loi Bodjona » pour empêcher les manifestations et meetings politiques dans le pays.

Le Parti national panafricain (PNP) entend poursuivre et renforcer la lutte politique qu’il a entamée le 17 août 2017. Le parti promet un nouveau mot d’ordre dans les jours à venir. Il exige la liberté de mouvement de son président Tikpi Atchadam. La formation politique demande aux togolais de rester mobilisés pour obtenir les réformes devant consacrer le retour à la Constitution de 1992 et le droit de vote de la diaspora. Ce sera surtout pour conclure la lutte au plus tard en 2020, selon l’axe programmatique de sa Déclaration de Tchamba.

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