La première saison de la nouvelle série de manifestations de la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise n'a pas été palpitante mercredi. Mais il y a eu quand-même quelques épisodes réalisés dans les rues de Lomé et dont les acteurs sont les forces de défense et de sécurité d’un côté et les manifestants et les leaders de la coalition, de l’autre. Ces derniers qui avaient été un temps séquestrés au siège de la CDPA ont pu regagner leurs domiciles finalement tout en annonçant une conférence de presse. Mais en général, la mobilisation n'a pas été au rendez-vous.

De nouvelles manifestations sont en vue au Togo les 25, 26 et 28 avril prochains alors que les autorités sont en train de dérouler le programme de la célébration des 58 ans d’indépendance du pays dont l’apothéose est prévue pour le vendredi 27 avril prochain. Cette nouvelle situation ne convient pas au Mouvement de la Jeunesse Consciente de l’Opposition (MJCO). Face à la presse mardi, l’organisation a dénoncé la programmation de ces manifestations et appelle pouvoir et opposition à sauver le dialogue en cours.

Dans la lettre adressée à la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition le vendredi dernier, le gouvernement togolais, qui n’interdit pas cette fois-ci les manifestations, a décidé de les circonscrire, à travers ses recommandations, au quartier Bè. Le regroupement de l’opposition parle d’une interdiction déguisée et n’est pas prêt d’accepter les itinéraires proposés. Pour Brigitte Adjamagbo-Johnson, la coordinatrice de la coalition, les anciens itinéraires sont maintenus.

L’Association des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture au Togo (ACAT-Togo) apporte de l’eau au moulin de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition au sujet des exactions commises sur les manifestants des 11 et 14 avril derniers. Un peu comme l’opposition, l’organisation de défense des droits de l’homme a dénoncé samedi l’atteinte au droit à la vie, à l’intégrité et à la liberté de manifester. Elle rappelle au gouvernement togolais que la République du Togo a adhéré au Pacte international  relatif aux Droits Civils et Politiques le contraignant à respecter les libertés de manifestations publiques pacifiques.

Le gouvernement togolais ne comprend toujours pas les raisons qui poussent la coalition de l’opposition à reprendre les manifestations de rue si le dialogue ouvert pour régler la crise politique reste d’actualité et a été d’ailleurs soutenu par les Chefs d’Etat de la CEDEAO il y a une semaine à Lomé. Toutefois et pour la première fois depuis février, les manifestations auxquelles le regroupement des 14 appelle pour les 25, 26 et 28 avril prochains ne seront pas interdites. Seuls les itinéraires initialement arrêtés par ses responsables ont été modifiés. Les autorités pensent tirer toutes les conséquences de l'attitude de la Coalition.

Faire échec à toute tentative de menace à la paix, c’est l’objectif que s’est assigné « les Sentinelles du peuple », une nouvelle organisation qui se réclame de la société civile togolaise. L’association a dans sa ligne de mire les braqueurs, les barbares et les ‘inciviques’ qui se rendent coupables d’acte susceptible de menacer la paix et la sécurité au Togo.

Le Togo connaît ce samedi la tenue de deux évènements majeurs. D’un côté, le sommet extraordinaire de la CEDEAO qui planche sur la crise bissau-guinéenne et d’autres crises et de l’autre la manifestation à laquelle a appelé la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition. Si tout se déroule bien au niveau du sommet, la manifestation de l’opposition est empêchée dans plusieurs quartiers de Lomé ainsi que dans les villes de l’intérieur du pays. Dans le même temps, les leaders de la Coalition affirment être séquestrés par un détachement militaire à Lomé. Ils signalent en outre un mort et des blessés à Sokodé.

Malgré l’empêchement de la marche à laquelle elle a appelé ses militants mercredi, la coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise entend tenir une nouvelle manifestation jeudi. Face à la presse mercredi après-midi, les leaders de ce regroupement politique ont fait le bilan de la première journée des manifestations. Ils ont accusé Faure Gnassingbé de vouloir les assassiner et annoncent une plainte contre X.

Le gouvernement togolais est resté dans sa logique. La Coalition des 14 partis politiques de l’opposition aussi. Le bras de fer entre les deux parties au sujet de la reprise des manifestations de rue s’est matérialisé mercredi dans plusieurs quartiers de Lomé et dans certaines localités en région. Les forces de l’ordre et de sécurité ont très tôt assiégé les points de départ de la manifestation de la Coalition. Toute tentative de rassemblement était dispersée à coup de gaz lacrymogènes. A Lomé, les leaders du regroupement qui tentaient de rejoindre le point de départ de la Plage ont été accueillis à coup de gaz lacrymogènes.

La tension est palpable entre le pouvoir et l’opposition togolaise à la veille de la reprise des manifestations publiques de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise. Mardi, les deux parties se sont livrées à une bataille de courriers. L’opposition qui a écrit au gouvernement pour l’informer du maintien de ses marches a eu un retour du ministre de l’administration territoriale. Dans sa lettre réponse, Payadowa Boukpessi réaffirme l’interdiction des manifestations conformément aux recommandations du dialogue. Sur le sujet,  Tikpi Atchadam depuis son lieu de  refuge indique que le ministre Boukpessi aura la réponse du peuple les 11, 11 et 13 avril.

  1. Populaires
  2. Tendance

Facebook

Fermer