C’est la déchirure totale actuellement au sein de de l’opposition togolaise. Une alliance mal nouée et qui a échoué au niveau de la commune Golfe 5 ressuscite les vieux démons avec des déclarations indignes des hommes et femmes politiques. Pendant qu’on y est, il se révèle qu’un coup de fil du Chef du gouvernement à l’ex-chef de file de l’opposition est à l'origine de la déclaration selon laquelle Jean-Pierre Fabre aurait négocié la mairie d’Amoutivé. Depuis, l'espoir d'une unité d'action en prélude à la présidentielle de 2020 s'est volé en éclat. Que s'est-il réellement passé ?

Les élus locaux de la commune Golfe 4 ont réussi à élire mercredi leur maire. A l’issue du vote qui s’est déroulé dans le calme, Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) et tête de liste du parti dans cette commune a été élu Maire. Les 4 adjoints de M. Fabre ont également été élus.

Pour rien au monde, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) ne retournera à la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise. Le président national du parti l’a martelé mercredi au cours d’une conférence de presse. Pour Jean Pierre Fabre, l’ANC quitte la Coalition pour toujours mais il aura la majorité des maires qui seront issues des prochaines municipales. 

Si plusieurs observateurs de la scène politique togolaise saluent l’aboutissement des réformes constitutionnelles et institutionnelles, Jean-Pierre Fabre est plutôt critique  et condamne les députés. Le président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) pense que ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale le 8 mai dernier est une forfaiture. L’ex-chef de file de l’opposition, lui-même ancien parlementaire, taxe les députés de la 6e législature d’être des malfaiteurs. En outre, il accuse le pouvoir d'avoir violé le protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance.

L’Alliance nationale pour le changement (ANC) s’est prononcée mardi sur l’organisation des élections locales. Le parti de Jean-Pierre Fabre a indiqué que le fichier électoral existant ne peut pas servir à organiser lesdites élections. Les responsables de l’ANC l’ont affirmé au cours d’une conférence de presse donnée à Lomé. En outre, le parti de l’ex-chef de file de l’opposition a dénoncé les ingérences du gouvernement dans les activités de la Commission électorale avant d’exiger des réformes constitutionnelles et électorales.

Si l’un est introuvable sur le territoire togolais depuis plus d’un an et demi, l’autre parle peu, depuis que la Coalition est éclaboussée par une affaire de 30 millions qu’il a vainement tenté d’étouffer. Mais ces deux frères ennemis ont eu le mérite de tenir tête au pouvoir de Faure Gnassingbé ces 10 dernières années. Il s’agit de Jean-Pierre Fabre et de Tikpi Atchadam. Acteurs importants du regroupement de l’opposition qui a mené la lutte politique ces 18 derniers mois, ils ont également été à l’origine du délitement du mouvement. Désormais, ils se combattent mutuellement par l’entremise de leurs lieutenants. Trois raisons fondamentales expliquent la déchirure entre les deux leaders de l’opposition.

C’est pratiquement le requiem pour la Coalition de l’opposition. Le regroupement de l’opposition, qui affiche un optimisme après sa rencontre avec le Chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, vient de perdre un influent membre: l’Alliance nationale pour le changement (ANC). Le parti de Jean-Pierre Fabre motive sa sortie de la Coalition par les « divergences grandissantes entre sa vision de la lutte de libération héroïque et historique du peuple togolais et les options inexplicables maintes fois retenues ».

Jean-Pierre Fabre, le président de l’Alliance nationale pour le Changement (ANC) assume le choix du boycott des dernières élections législatives. Dans son message de vœux de nouvel an aux togolais, l’ancien Chef de file de l’opposition estime que les choix de la Coalition depuis le début de la crise togolaise sont lucides, pertinents et largement partagés par l’ensemble des forces vives en lutte. Il appelle les togolais à se départir du découragement et à se mobiliser dans le « Grand mouvement citoyen de libération nationale » auquel la Coalition appelle pour en finir avec le pouvoir de Faure Gnassingbé.

Jean-Pierre Fabre a chargé vendredi la CEDEAO d’avoir été complaisante avec le pouvoir de Faure Gnassingbé. Celui qui était jusque-là Chef de file de l’opposition togolaise a qualifié le silence de l’organisation communautaire d’incompréhensible alors que les églises, les cadres musulmans, les organisations de la société civile appelaient au report du scrutin. M. Fabre qui faisait part de sa déception annonce une nouvelle phase de la lutte politique dans le pays.

Le Chef de file de l’opposition togolaise prévient la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) : « Proposer que Faure Gnassingbé se présente à un 4e mandat serait faire preuve d’une insoutenable légèreté ». Jean-Pierre Fabre dit comprendre certains togolais qui doutent que l’organisation sous régionale s’exprime clairement sur le sujet. Par ailleurs, il appelle à maintenir la mobilisation, quoi qu’il adviendra.

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