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Il n’y a pas eu de sit-in du comité national anti-CFA devant les locaux de l’ambassade de France au Togo ce samedi. La manifestation à laquelle avait appelé le pasteur Edoh Komi pour libérer l’Afrique « du joug colonial français » a été empêchée par les forces de défense et de sécurité. Un important dispositif sécuritaire a été érigé devant l’ambassade, obligeant les anti-CFA à se retrouver au palais des congrès de Lomé.

Le président de la Délégation spéciale de la commune de Kara, faisant office du maire de la ville vient d'interdire les manifestations prévues samedi contre le CFA. Une lettre a été envoyée jeudi au représentant du Comité national anti-CFA dans ce sens. Seul le sit-in prévu devant l'ambassade de France au Togo par ce comité que préside le pasteur Edoh Komi pourra se tenir.

Le CFA, cette monnaie héritée de la colonisation et utilisée par 14 pays africains suscite des passions tant chez les pros que chez les antis. Chefs d’Etat, ministres, économistes, activistes, citoyens, etc… en parlent. Ces derniers jours au Togo, la monnaie en question est au centre d’un ping-pong entre le Directeur national de la BCEAO, Kossi Tenou et le Prof Kako Nubukpo, ancien fonctionnaire de cette même structure. Pendant qu’on y est, le ministre togolais en charge de la fonction publique se prononce également. Gilbert Bawara, qui fait office de porte-parole du gouvernement, appelle à de sérieuses réflexions mais souligne que « les termes et les paramètres d’un débat serein sont faussés ».

Les critiques contre le Franc CFA se veulent de plus en plus virulentes et davantage de voix se lèvent pour appeler les pays africains utilisant cette monnaie à s’en débarrasser. Il y a quelques semaines, les anti-CFA africains ont été rejoints par les dirigeants italiens qui accusent la France de se servir de cette monnaie pour maintenir les pays africains dans la servitude. A la suite de l’ambassadeur de France au Togo qui a émis une vive protestation contre une campagne indigne et du président ivoirien, Alassane Ouattara qui dénonçait un faux débat, la BCEAO a rencontré mardi certains médias togolais pour se prononcer sur le sujet. Les autorités de la Banque centrale ont dénoncé une controverse totalement déplacée qui n’a rien à voir avec l’économie.

Facilitateur dès le déclenchement de la situation togolaise avant d’être rejoint par Alpha Condé, Nana Akufo-Addo connaît bien les causes de la crise politique togolaise. Et même si leur mission a pris fin avec le dernier sommet de la CEDEAO à Abuja, le président ghanéen affirme que les contacts se poursuivent afin d’emmener les acteurs politiques togolais à parvenir à un compromis à même d’assainir la situation du Togo. Nana Akufo-Addo s'est également prononcé sur la question du franc CFA.

La France fait actuellement l’objet dans la presse togolaise et sur les réseaux sociaux de violentes attaques en lien avec le franc CFA qui est abusivement présenté comme un instrument de politique néocoloniale. Certains n’ont pas hésité à présenter la zone-franc comme un système équivalent à celui mis en œuvre pendant la seconde guerre mondiale par les nazis pour piller les ressources de la France. La réaction de l’ambassadeur de France à Lomé, par ailleurs auteur dans les années 80 d’un manuel sur la zone-franc publié à la Documentation française, a été sollicitée. Voici l’entretien exclusif…

C’est une enquête qui relance le débat des premières années de l’indépendance du Togo. Sylvanus Olympio, le premier président du pays avait décidé de battre une monnaie qui devrait s’appeler le franc togolais. Cette ambition lui a coûté la vie le 13 janvier 1963. En 2019, ce sont les citoyens togolais qui s’expriment sur le sujet. Et l’envie de sortir des chaînes de la monnaie coloniale reste majoritaire dans le pays. Les résultats d’une nouvelle enquête d’Afrobaromètre viennent confirmer cette réalité.    

Il a déjà perdu son poste de ministre au Togo pour cause de ses prises de position au sujet du Franc CFA. L’économiste togolais, Kako Nubukpo perd également son poste de Directeur de la Francophonie numérique pour n’avoir pas fait de cadeau au président français, Emmanuel Macron qui a réagi de façon "imprécise et déshonorante" sur la question de cette monnaie coloniale qui maintient les ex-colonies françaises dans la « servitude volontaire ». Mardi dernier, l’ancien ministre togolais s’est vu notifié dans un premier son limogeage et par la suite la suspension de son poste de Directeur de la francophonie numérique au motif que certains chefs d’Etat auraient protesté contre sa réponse adressée à Macron. Le professeur Nubukpo n’a pas manqué de répondre à la Francophonie.

Kako Nubukpo reste engagé dans son combat pour l’abolition du franc CFA. Dans une tribune qu’il vient de publier, l’ancien ministre togolais de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques persiste que le système monétaire de la zone franc est un frein au développement des pays qui en sont encore tributaires. Il appelle les dirigeants africains à prendre leur responsabilité suite aux récentes déclarations des dirigeants politiques et économiques français.

Quatre jours après sa conférence-débat sur le thème : « le Franc CFA, une servitude volontaire », Kako Nubukpo, ancien ministre togolais de la Prospective et de l'Evaluation des politiques publiques opère une nouvelle sortie. Le partisan d’une réforme du Franc CFA revient présenter ses excuses aux présidents togolais Faure Gnassingbé et ivoiriens Alassane Ouattara suite à la polémique suscitée par sa déclaration.

TGCEL Vogan Anfoin
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