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La coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise n’a pas pu se rendre samedi à Conakry en Guinée comme prévu. Le déplacement a été annulé à la toute dernière minute pour, non seulement des raisons d’agenda du président guinéen, Alpha Condé, mais aussi des problèmes techniques rencontrés par l’avion affrété. L’ajournement du voyage a été confirmé par des leaders du regroupement politique.

Le ministre togolais de la fonction publique a indiqué vendredi que la participation ou non de la Coalition des 14 partis politiques aux élections ne changera pas le calendrier démocratique et républicain. Gilbert Bawara estime que le boycott du processus électoral par la Coalition n’intéresse pas le gouvernement et indique que la CENI organisera les élections avec ceux qui se présenteront comme candidats. Pour celui qui joue le rôle de porte-parole du gouvernement, le boycott des élections par les partis politiques sera un évènement conjoncturel qui contribuera au renouvellement de la classe politique, notamment de l’opposition.

La CEDEAO se réactive pour une meilleure coordination de la mise en œuvre des recommandations devant sortir le Togo de la crise sociopolitique qu’il traverse depuis plus d’un an. Deux jours après la sortie de la Coalition de l’opposition, qui estime que le pouvoir de Faure Gnassingbé a mis en échec la résolution pacifique de la crise, le Président guinéen, Alpha Condé convie les leaders du regroupement à Conakry pour une concertation. Le co-facilitateur de la CEDEAO évoquera la feuille de route dont la mise en oeuvre divise le pouvoir et la Coalition des 14 partis politiques.

Le président du Groupe parlementaire UNIR a expliqué mardi la démarche de l’Assemblée nationale et de la majorité parlementaire qui a consisté à nommer 4 des 5 représentants de la Coalition de 14 à la CENI. Pour Christophe Tchao, il n’est pas bienséant de laisser continuer le blocage à la CENI. L’ancien ministre explique qu’en attendant une réaction du Comité de suivi sur le droit de siège de l’UFC à la CENI, il faut compléter l’institution en charge des élections pour la poursuite du processus électoral.

Au lendemain de la nomination de 4 représentants de la Coalition à la CENI par les députés UNIR à l’Assemblée nationale, le regroupement de 14 partis politiques de l’opposition a dénoncé un passage en force du pouvoir et appelle les populations togolaises à se tenir prêtes pour de nouvelles manifestations de rue à travers le pays. Les leaders de la Coalition estiment que le régime de Faure Gnassingbé a mis en échec le règlement pacifique de la crise.  

L’assemblée nationale togolaise a nommé lundi 4 des 5 représentants de la coalition des 14 partis politiques qui doivent siéger à la CENI au titre de l’opposition parlementaire. C’était au cours de session plénière tenue ce jour. La nomination a été faite dans une ambiance surchauffée et a été boycottée par les députés de l’opposition. Désormais, 7 des 8 personnes proposées par la Coalition de l'opposition ont reçu l'aval du Parlement, en attendant une réaction du Comité de suivi de la CEDEAO.

Le bras de fer qui oppose la Coalition des  14 partis de l’opposition et l’Union des Forces de  Changement (UFC) au sujet de la CENI est loin d’arriver à terme. Selon Me Isabelle Améganvi, l’ANC ne laissera jamais l’UFC siégé à la CENI au nom de l’opposition. La deuxième vice-présidente du parti de Jean-Pierre Fabre affirme que le choix des représentants de la coalition des 14 partis de  l’opposition a été fait à la base des critères bien définis.  Des critères auxquels l’UFC ne répond nullement.

Au lieu de ses 8 représentants, seules 3 personnes désignées par la Coalition de l’opposition togolaise ont été votées mardi par l’Assemblée nationale pour rejoindre la Commission électorale nationale indépendante (CENI). La faute à la position de l’Union des forces de changement (UFC) qui bloque l’application de l’accord intervenu le 23 septembre dernier à l’issue de la 2e réunion du Comité de suivi. Jeudi, la Coalition des 14 dénonce des manœuvres du pouvoir et appelle à la vigilance de la CEDEAO pour le règlement de la crise.

La coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise ne jure que par le recensement biométrique. En conférence de presse lundi, le regroupement a relevé des « anomalies » liées à cette opération en cours et pour laquelle il a appelé les populations au boycott. Pour la Coalition, ces anomalies montrent que le processus de recensement organisé dans la précipitation n’avait d’autres buts que de préparer la fraude aux prochaines échéances électorales. Le Groupe des 14 s’est aussi prononcé sur ses représentants à la CENI et exige un nouveau découpage électoral.

Le ministre togolais de la fonction s’est encore longuement prononcé sur la situation togolaise et le processus électoral. Au micro d’Afrikastrategies, Gilbert Bawara est revenu sur la recomposition de la CENI et de ses démembrements et surtout sur l’appel au boycott du recensement lancé par la Coalition de l’opposition togolaise. Le porte-parole du gouvernement s’est aussi prononcé sur les réformes à opérer à l’Assemblée nationale avant les élections du 20 décembre et sur la question de la candidature de Faure Gnassingbé en 2020. M. Bawara pense que son patron est le seul, à même de tenir le pays après 2020, parce que soutient-il « personne au sein de l’opposition n’incarne une alternative sérieuse et crédible » pour le pays.

OTR