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La Mission d’Observation  Electorale de la CEDEAO a présenté vendredi à Lomé son premier rapport sur les législatives du 20 décembre au Togo. C’était au cours d’une conférence de presse animée par  Salou Djibo, chef de la Mission en présence du Général Béhanzin, commissaire aux affaires politiques, paix et sécurité de la CEDEAO et de Garba Lompo, représentant de l'organisation au Togo. La Mission s'est félicitée du bon déroulement du scrutin mais regrette, par ailleurs, la non-participation de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise au  processus électoral.

Les ambassades d’Allemagne, des Etats-Unis d’Amérique, de France, la délégation de l’Union européenne au Togo et la coordination du système des Nations unies se prononcent encore une fois sur la crise sociopolitique togolaise. Dans un nouveau communiqué, le Groupe des 5 dit suivre avec préoccupation les derniers développements de la situation au Togo. Ces chancelleries se disent disponible à accompagner les togolais pour une résolution pacifique de la crise.

C’est la confusion samedi au Togo où devrait démarrer une série de 10 jours de manifestations de la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition. Les manifestations qui devraient se tenir simultanément à Lomé et dans plusieurs villes du pays ont été interdites par le ministre de l’Administration territoriale, Payadowa Boukpessi. Mais cette interdiction a été bravée par des jeunes du regroupement de l’opposition. La répression a fait au moins 2 morts dont un enfant et plusieurs blessés à Lomé. Des blessés sont également signalés à Sokodé, Bafilo et Tchamba. Brigitte Adjamagbo-Johnson charge le pouvoir de Faure Gnassingbé.

La coordinatrice de la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise s’est prononcée mercredi sur le processus électoral en cours au Togo. Brigitte Adjamagbo-Johnson affirme que les prochaines élections législatives ne devraient pas se tenir sans la participation du regroupement. Pour ce faire, elle invite les facilitateurs de la crise et la CEDEAO à intervenir à temps pour éviter que la situation ne dégénère.

Le ministre togolais de la fonction publique, qui fait office de porte-parole du gouvernement fait le point de la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO pour la résolution de la crise sociopolitique togolaise. Réagissant aux accusations portées contre le pouvoir par la Coalition de l’opposition, Gilbert Bawara a rappelé, point par point, « les  dispositions et le contenu précis et exacts » des décisions et recommandations de la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO en date du 31 juillet 2018. Il réfute les accusations concernant le respect de cette feuille de route et estime « qu’aucun manquement, aucune violation et aucun écart ne pourraient être reprochés et imputés au gouvernement et à sa majorité ». De même, M. Bawara a répondu à la vice-présidente du parlement de la CEDEAO, affirmant que Aminata Toungara s’est laissée manipuler et abuser par des députés de l’opposition togolaise présents actuellement à Abuja.

Les élections législatives ne devraient pas se tenir le 20 décembre prochain au Togo dans un souci d’apaisement. C’est cette position qu’a défendu dimanche Aminata Kamara Toungara, la vice-présidente du Parlement de la CEDEAO. La députée ivoirienne a soutenu qu’il ne faut pas précipiter les élections, car rien ne vaut la paix. Dans cette optique, elle invite le Chefs d’Etat de l’organisation sous régionale à exhorter leur homologue togolais, Faure Gnassingbé à "mettre la balle à terre" pour que les élections soient repoussées.

La Coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise a encore mobilisé ses militants et sympathisants dans les rues de Lomé, de Kpalimé, de Sokodé, de Kparatao, de Tchamba et  de Dapaong samedi. Il s’avère au vu des constats qu’il y a eu une mobilisation plus importante que celle du jeudi dernier. Et pour les responsables du regroupement, pas moins de 500 mille personnes, rien que dans les rues de Lomé, réclamaient l’arrêt du processus électoral, la réalisation des réformes constitutionnelles et la mise en œuvre des mesures d’apaisement. L’opposition projette une journée « Togo Mort » mardi prochain, en attendant des actions d’envergure.

Aussitôt ouverte, aussitôt clôturée. La 7è session plénière  de l’assemblée nationale togolaise convoquée sur  ce  vendredi 30 novembre n’a duré que quelques minutes. Les députés de l’opposition, qui assurent n’avoir pas été informés de la tenue d’une telle séance ne se sont pas rendus au Parlement. Une situation qui a obligé Dama Dramani à reporter la session sur une date ultérieure. Le président du groupe parlementaire UNIR accuse ses collègues de l’opposition de mauvaise foi et annonce la saisine des facilitateurs du dialogue inter-togolais.

A l’Assemblée nationale togolaise, les propositions de la CEDEAO devant consacrer les réformes constitutionnelles et institutionnelles telles que préconisées dans la feuille de route du 31 juillet ne sont toujours pas acceptées par le pouvoir togolais. Une semaine après la tentative d’étude du projet de loi du gouvernement, boycotté par les députés de l’opposition, la commission des lois constitutionnelles s’est de nouveau réunie. Mais les travaux ont connu la même fortune. Cette fois, un texte a été présenté oralement par le pouvoir pour étude et dont la copie n’était pas disponible. Les députés de l’opposition se sont retirés de la salle et les travaux ont pris fin.

Les facilitateurs de la CEDEAO  expriment leur indignation face à la violation de sa feuille de route élaborée le 31 juillet dernier pour une sortie de crise au Togo. Dans un nouveau communiqué, l’institution sous régionale souligne que des propos et des écrits sont diffusés ces derniers temps pour appeler à des initiatives susceptibles de créer le désordre et de susciter la violence au Togo, des comportements proscrits dans la feuille de route. Elle lance un appel à toutes les parties prenantes à la crise à s’inscrire résolument dans la voie du dialogue et de la concertation pour résoudre leurs différents.

OTR