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Les travaux de la première réunion du Comité de Suivi de mise en œuvre des décisions de la CEDEAO se sont déroulés toute la journée à Lomé. Ils ont réuni le pouvoir et la coalition des 14 partis politiques autour des représentants des facilitateurs et du président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Brou accompagné par le commissaire des affaires politiques, paix et sécurité de l’organisation, le général  Francis Behanzin. Pour cette première journée, aucune évolution n’est notée. Les choses concrètes sont annoncées pour mardi dans un communiqué devant sanctionner les travaux.

Jean-Claude Brou a officiellement ouvert  lundi à Lomé la première réunion du Comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations de la CEDEAO  en présence de trois autres  délégués et des Ambassadeurs de l’institution sous régionale  au Togo. La réunion de Lomé s’est assignée pour mission de faire l’évaluation au niveau de la mise en œuvre de la feuille de la route issue du communiqué final de la 53è session ordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO.  Le Président de la Commission de la CEDEAO et sa délégation définiront des solutions pour l’exécution des décisions de la CEDEAO devant aboutir aux législatives le 20 décembre prochain.

La première réunion du Comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations de la CEDEAO se tient à Lomé lundi. Pouvoir et opposition se présentent à cette réunion dans des états d’esprit différents. Pour la Coordinatrice de la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition, Brigitte Adjamagbo-Johnson, la rencontre permettra d’arrêter un chronogramme consensuel de mise en œuvre des décisions prises le 31 juillet dernier et d’aboutir à une feuille de route plus détaillée, avec du concret. De l’autre, le point focal du gouvernement togolais, Gilbert Bawara pense qu’il s’agit juste d’une séance d’évaluation et d’appui des actions déjà entreprises.

Gilbert Bawara est revenu mercredi sur la situation sociopolitique que traverse le Togo depuis les évènements du 19 août 2017. Le ministre est largement revenu sur les circonstances ayant favorisé ces évènements, qui, selon lui, ne sont ni plus ni moins qu’une tentative de coup d’Etat préparée de longues dates mais qui a échoué. Estimant que les intentions réformatrices de Faure Gnassingbé ont été mal perçues par l’opposition, parce que peu ou mal expliquées, le ministre de la fonction publique indique que l’heure est désormais à l’application intégrale de la feuille de route de la CEDEAO. Dans une longue interview accordée à Afreepress, l’homme de confiance du président togolais annonce que tout sera mis en œuvre pour que les élections législatives se déroulent impérativement le 20 décembre prochain. De même, il annonce qu’un projet de loi portant modification constitutionnelle est en préparation et sera introduit dans les prochains jours à l’Assemblée nationale pour que les réformes soient opérées bien avant les élections législatives. Il précise toutefois que le référendum demeure un ultime recours pour éviter une situation de statu quo.

Des activistes politiques engagés contre le régime de Faure Gnassingbé n’apprécient pas la gestion de la lutte politique par la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise (C14). Jusque-là solidaires des leaders de l’opposition depuis la résurgence de la crise, certains activistes ne sont plus d'accord avec la stratégie de Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson et des autres leaders de la coalition. Farida Bemba Nabourema et Classio Koutoglo ont notamment donné de la voix. D’un côté ils tirent à boulet rouge sur la C14 d’avoir accepté d’aller au dialogue inter-togolais ouvert le 19 février dernier et de l’autre s’indignent contre sa décision de suspendre les manifestations des rues.

C’est à un grand oral que s’est livrée vendredi la Coordinatrice de la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition au sujet de la situation sociopolitique caractérisée actuellement par un désaccord quant à la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO. Brigitte Adjamagbo-Johnson a réitéré la position de l’opposition concernant les activités de la CENI et condamné l’attitude du régime de Faure Gnassingbé. La Secrétaire générale de la CDPA a également insisté sur la nécessité d’une action unitaire pour l’atteinte des objectifs de la lutte. Elle annonce un rebondissement de la crise si le pouvoir reste dans la logique actuelle.

Très critiqué pour ses prises de positions depuis quelques temps, Gerry Taama ne manque aucune occasion pour s’expliquer et pour faire des propositions de sortie de crise au Togo. Celui qui a été agressé à Bruxelles pour sa connivence, supposée ou réelle, avec le pouvoir de Faure Gnassingbé, fait une nouvelle proposition pour une mise en œuvre rapide des décisions de la CEDEAO. Cette fois, ce sont les parlementaires togolais, toutes tendances confondues qu’il appelle à agir "pour le bonheur du peuple togolais".

L’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS) a exprimé son étonnement mercredi de voir les parties au dialogue inter-togolais continuer de s’opposer et incapables de s’accorder pour la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO. Ceci en dépit des signes factuels d’accélération de la dégradation de la situation socioéconomique, qui plonge les plus vulnérables des togolais dans un profond désarroi. Après une analyse approfondie de la feuille route, le parti d’Agbeyome Kodjo propose à la classe politique une démarche méthodologique articulée en 4 points pour une mise en œuvre efficace et efficiente des décisions.

Le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) mobilise les populations contre  la poursuite des travaux de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Le Mouvement s’indigne  contre le  caractère « illégitime  » de la Commission dans l’exercice de ses fonctions et prévient d’une parodie d’élections. L’organisation de la société civile appelle  les Togolais à ne pas se laisser duper par  la CENI actuelle qui, selon elle, n’est pas une institution juste et crédible devant prôner le vivre ensemble au Togo.

Les togolais attendront encore un peu pour voir les facilitateurs de la situation politique ou leurs représentants arriver à Lomé. Des leaders de la Coalition des 14 partis de l’opposition ont annoncé l’arrivée à Lomé ce mercredi de Nana Akufo-Addo et d’Alpha Condé pour régler la question de la CENI et clarifier la feuille de route définie par les Chefs d’Etat de la CEDEAO le 31 juillet dernier. Le ministre togolais de la fonction publique, Gilbert Bawara s’étonne des "annonces intempestives et répétitives". Le point focal du gouvernement indique que lorsque des visites ou missions seront projetées, les facilitateurs, leurs représentants et la CEDEAO l’annonceront sûrement par des "voies autorisées".

OTR