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Plage de Lomé: les conducteurs de Hollando appellent le gouvernement à sauver les emplois

By February 14, 2021 1510

Les structures installées sur le littoral togolais sont priées de libérer les lieux. Dans la commune de Golfe 4, le maire et ses collaborateurs ont donné jusqu’au 15 février aux concernés pour s’exécuter. Les conducteurs et les tenants de parkings qui aident au bon fonctionnement du grand marché de Lomé appellent les autorités à tenir compte de certains paramètres. Il est question de sauver des centaines d’emplois et de maintenir la sécurité sur la plage.

Dans une lettre adressée aux occupants de la plage, le maire de Golfe 4 citant un communiqué interministériel en date du 31 août 2020. Cette note était signée par les ministres de l’environnement, des infrastructures et des transports, de l’urbanisme et de l’habitat.

« Il est demandé à tous ceux qui ont des installations aménagées sur le littoral de libérer les espaces occupés dans un délai de 6 mois à compter de la date de publication dudit communiqué », rappelle la mairie de la commune Golfe 4.

Et à Jean-Pierre Fabre de prier les concernés d’enlever leurs installations et de libérer les lieux, de corps, de biens, et de tous occupants de leur chef et de faire place nette au plus tard le 15 février 2021.

Selon les informations, la décision du gouvernement de dégager la plage vise à permettre la mise en œuvre du Projet d’investissement de résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest dont le sigle anglais est WACA  ResIP-Togo. Ce projet est conçu pour renforcer la résilience des communautés face aux effets des changements climatiques. Il est question de lutter contre la pauvreté et soulager les communautés bénéficiaires et va faciliter les actions d’assainissement, la mise en place d’un observatoire du littoral pour le partage des connaissances et la création puis l’opérationnalisation de 7 unités pilotes de transformation des produits locaux.

Sauver les emplois

Si les concernés comprennent cette démarche des autorités togolaises, les conducteurs de Hollando et les gérants de parking à la plage, près du grand marché de Lomé invitent les autorités à reconsidérer leur cas. Pour Amevi Houessou, président de l’Association des Conducteurs routiers de Hollando et président du Conseil d’Administration de l’Entreprise des Transporteurs 228 (ET-228), il y a plusieurs paramètres à prendre en compte.

« Nous voulons que si possible, nos activités soient insérées dans le projet qu’ils veulent mettre en œuvre ici. Nous voulons la construction d’un parking ici. Il y a quelques mois, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo était venue nous rencontrer avec un projet et des géomètres. Ils veulent nous construire une gare ici et je sais que le projet est en court. Nous lançons un cri de cœur à l’endroit de Monsieur le maire et nous lui demandons de voir tous ces aspects », déclare Amevi Houessou.

Le président de l’Association des Conducteurs routiers de Hollando et président du Conseil d’Administration de l’Entreprise des Transporteurs 228 (ET-228) a profité de l’occasion pour dresser le tableau de la situation. Pour lui, la gare routière et les parkings à la plage leur permet de travailler afin de subvenir aux besoins de leurs familles mais aussi de plusieurs jeunes qui s’adonnaient à des actes de banditisme.

« Ceux qui étaient ici et qui s’adonnaient au banditisme, ce sont des gens qui n’avaient aucune occupation et qui s’attaquaient aux passants. Lorsque nous sommes arrivés ici, nous les avons récupérés et certains sont devenus des chauffeurs, d’autres nous aident à avoir des clients et ils ont abandonné leurs larcins », a appuyé M. Houessou.

En effet, il y a des années lorsque les pickpockets volaient au Grand marché de Lomé, c’est à Hollando qu’ils se cachaient et il était impossible de les poursuivre jusque-là.

Les conducteurs de Hollando ont travaillé pour sécuriser les lieux et ont offert aujourd’hui un garage au Grand marché de Lomé qui n’en disposait pas.

« Nous nous sommes battus contre les petits brigands et nous les avons chassés. Nous avons ensuite installé l’électricité sur la plage parce qu’il n’y avait pas de courant ici. Ensuite, la mairie du Golfe-4 nous a approchés et nous avons commencé par payer une quittance de 100 000 F CFA par mois à la mairie soit 1 millions 200 mille F CFA par an. D’autres groupes payent 800 000 F CFA par an à la mairie pour les redevances », affirme Amevi Houessou.

De plus, le garage de Hollando a été une solution pour plusieurs citoyens visitant le grand marché de Lomé. Depuis la décision du ministère de la sécurité d’interdire l’entrée dans le marché aux motos, les engins sont garés pour plupart à Hollando.

"Si on nous chasse d'ici, où irons-nous et que deviendrons-nous ?", s’inquiète le Président de l’Association des Conducteurs routiers de Hollando.

La mairie du Golfe 4 assure que le gouvernement a décidé de confier la gestion de la plage à l’Agence nationale de la salubrité publique (ANASAP). De plus, on apprend que le ministère de l’économie maritime, de la pêche et de la protection côtière devrait être la seul habileté à accorder des autorisations d’installations à la plage à l’avenir.

Pour les conducteurs de Hollando, qui ne sont pas contre la mise en œuvre du projet WACA, le gouvernement devrait prendre en compte leurs activités en les intégrants dans le déroulement du projet à ce niveau de la plage.

OTR