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Le ministre togolais de la fonction publique a été le porte-parole du gouvernement togolais lundi dans l’émission Club de la presse sur Kanal FM. Occasion pour Gilbert Bawara de revenir sur l’interview accordée par le président togolais, Faure Gnassingbé au magazine Jeune Afrique mais aussi sur les consultations en vue de l’ouverture du dialogue politique. Les sujets sociaux tels que les mouvements de grève qui secouent le secteur de l’éducation et le département de la fonction publique n’étaient pas en reste.

Visiblement, l’appel lancé à la CEDEAO jeudi dernier par les leaders de la coalition des 14 partis de l’opposition togolais n’a pas été entendu par les Chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation communautaire. A l’issue du sommet qu’ils ont tenu samedi à Abuja, les dirigeants de la sous-région encouragent les parties togolaises à s’engager pour l’ouverture d’un dialogue devant solder la question des réformes constitutionnelles et institutionnelles. La CEDEAO n’a pas manqué d’insister sur le respect de l’ordre constitutionnel et des institutions démocratiques au Togo.

La cacophonie qui caractérise actuellement les positions des oppositions togolaises au sujet du prochain dialogue que doit connaître le Togo pour la résolution de la question des réformes politiques amuse l’Union pour la République (UNIR, au pouvoir). Si la coalition de l’opposition, tantôt en appelle à Faure Gnassingbé comme interlocuteur, tantôt préfèrent se fier aux chefs d’Etat étrangers pour régler la crise politique togolaise, le parti présidentiel dit observer avec ironie cette position.

La coalition de l’opposition n’est pas d’accord avec la procédure du gouvernement qui consiste à consulter d’autres acteurs politiques dans le cadre des préparatifs du dialogue. Elle a boycotté les consultations du gouvernement et pour mettre un plus la pression, elle était mercredi dans les rues de Lomé et de certaines localités en région. A l’occasion, elle a appelé le gouvernement à respecter ce qui était convenu pour que le Comité préparatoire du dialogue se réunisse.

Le Front Citoyen « Togo Debout » (FCTD)  fait désormais alliance avec le Groupe de Réflexion et d’Action pour le Dialogue, la Démocratie et le Développement  (GRAD) pour défendre les intérêts du peuple togolais. Face à la presse mardi à Lomé, les deux organisations de la société civile ont entre autres réaffirmé leur engagement ferme aux côtés du peuple, exigé le déverrouillage des institutions de la République et exhorté à une vigilance accrue face au prochain dialogue annoncé par le gouvernement.  Pour le FCTD et le GRAD, le retour à la Constitution originelle de 1992 n’est pas utopique.

Les consultations annoncées par le gouvernement togolais en vue de recueillir les avis et suggestions des partis politiques sur le format et les modalités du dialogue devant solder la question des réformes constitutionnelles ne cessent de susciter des débats. La Coalition des 14 partis de l’opposition accuse les autorités de se muer en juge et partie en prenant cette initiative. Au niveau du gouvernement, on défend une démarche cohérente qui permettra de mener un dialogue inclusif et efficace avec l’apport des principaux partis politiques représentés au parlement et des personnalités qui ont eu à exercer de hautes fonctions dans le pays.

Le gouvernement togolais était jeudi devant la presse nationale et internationale à Lomé. Occasion pour les ministres Gilbert Bawara de la fonction publique, Damehame Yark de la sécurité, Payadowa Boukpessi de l’administration territoriale et Pius Agbetomey de la justice de faire le point de la situation qui prévaut dans le pays, d’éclairer l’opinion sur les mesures prises pour la résolution de la crise et annoncer l’ouverture du dialogue dans les prochains jours.

Les faits qui se sont produits samedi dernier à la fin de la manifestation de l’opposition dans certains quartiers de Lomé ne sont pas du goût de la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise. Alors qu’ils rentraient chez eux après le meeting de la Plage, plusieurs partisans de la coalition ont été pris à partis par les forces et de sécurité qui ont même fait usage de gaz lacrymogènes. Des agissements qui ne sont pas du goût du Chef de file de l’Opposition, Jean-Pierre Fabre qui a menacé lundi de ne plus dialoguer avec le pouvoir de Faure Gnassingbé si ces brimades continuent. Même son de cloche du côté de Brigitte Adjamagbo-Johnson.

Les coalitions se font et se positionnent déjà pour le  prochain  dialogue annoncé par le gouvernement  togolais. Un Groupe de travail des 500 Organisations de la société civile œuvrant pour le Développement Durable et  la paix au Togo : G500-16 s’est présenté jeudi à la presse  à Lomé et s’engage pour l’avènement d’une nation togolaise pacifique avec des institutions efficaces pour un dialogue réussi.

L’opposition togolaise a entamé une nouvelle série de manifestations mercredi à Lomé et en région. Dans les rues de la capitale, ils sont des milliers à battre le pavé pour réclamer le retour à la version originelle de la Constitution de 1992, l’effectivité du droit de vote pour les togolais de la diaspora et la libération des personnes arrêtées et emprisonnées dans le cadre des manifestations depuis le mois d’août. A l’occasion, Jean-Pierre Fabre a adressé un avertissement au régime de Faure Gnassingbé.

OTR