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Le ministre togolais de la fonction publique a réagi mardi aux propos tenus lundi lors de la conférence de presse de l’opposition par Antoine Folly (UDS Togo) et Jean Kissi (CAR), dans lesquels ils mettaient en doute la mort dans la nuit du 16 au 17 octobre dernier de deux militaires togolais dans la ville de Sokodé. Gilbert Bawara qualifie ces déclarations d’attitude particulièrement « abjecte et indigne » de la part des responsables politiques de leur niveau. Quant au dialogue, le ministre affirme que la volonté du gouvernement à le concrétiser afin de réaliser les réformes reste intacte.

La Coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise a répondu au discours à la nation du président togolais, Faure Gnassingbé. Le regroupement n'a pas manqué d'adresser un avertissement à ce dernier. C’était à l’occasion de sa conférence de presse de présentation des vœux de nouvel An au peuple togolais où les leaders de la coalition ont accusé le pouvoir de ne pas vouloir aller au dialogue. Les opposants menacent d’en découdre avec Faure Gnassingbé s’il tient à son projet de référendum

Le Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD) souhaite que l’année 2018 soit pour le Togo l’année de la décrispation du climat politique. Dans ses vœux du nouvel an présentés samedi par son président, Mouhamed Tchassona-Troaré, cette formation politique qui a fustigé la mauvaise foi du pouvoir de Faure Gnassingbé, à l’origine de la situation actuelle, appelle la classe politique togolaise à plus d’audace dans la recherche des solutions concertées et inclusives. Me Tchassona-Traoré invite également la classe politique à œuvrer pour l’organisation en cette année 2018 d’élections transparentes devant consolider la démocratie dans le pays.

Si Nicolas Lawson comprend la lutte que mène actuellement le peuple togolais et lui apporte de temps en temps son soutien, il ne comprend tout de même pas la position des leaders de la Coalition de l’opposition sur la question du dialogue et cerne moins la revendication du retour à la Constitution de 1992. Le président du Parti du renouveau et de la rédemption (PRR), qui dit ne pas être intéressé par le dialogue en préparation, demande à Faure Gnassingbé de mettre en place un gouvernement de salut public.

Depuis le déclenchement de la crise sociopolitique, Faure Gnassingbé, qui s’est réservé de parler, s’est finalement adressé aux togolais mercredi, quelques jours après son interview à Jeune Afrique. Mais sa sortie ne résout rien au niveau de l’opposition. Tikpi Atchadam, le président du Parti national panafricain (PNP) accuse le Chef de l’Etat togolais d’inconvenance dans son mouvement qui s’apparente à la peur du dialogue.  

Le Chef de l’Etat togolais s’est adressé mercredi à la nation. Dans le discours très attendu par les togolais de tout bord, Faure Gnassingbé a réitéré son appel au dialogue à la classe politique pour parvenir à un consensus devant mettre fin à la crise politique. Et quelle que sera l’issue des discussions, le président togolais annonce qu’il reviendra au peuple togolais de se prononcer dans le cadre d’un scrutin référendaire. Il annonce également un certain nombre de mesures sur le plan social pour relancer le développement du Togo. M. Gnassingbé invite les togolais à faire le choix du progrès, de la fraternité et de la cohésion pour affirmer le potentiel du Togo.

Les partisans de la coalition des 14 partis de l’opposition togolaise ont de nouveau pris d’assaut les rues de Lomé et de certaines villes de l’intérieur samedi qui marquait l’apothéose de la nouvelle série de manifestations. La marche de ce jour a connu la participation du Chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre et de la coordinatrice de la Coalition, Brigitte Adjamagbo-Johnson qui sont de retour d’Accra. A l’issue, ces leaders ont déclaré à la foule que le dialogue qui va s’ouvrir dans les prochains jours connaîtra la participation d'un ou des médiateurs.

Réagissant aux derniers incidents ayant émaillé les manifestations de la coalition de l’opposition les 27 et 28 décembre à Deckon, Gilbert Bawara déplore et condamne ces agissements délibérés qui sont totalement contraires aux arrangements convenus afin de prévenir les débordements et les incidents préjudiciables aussi bien à l’ordre public qu’aux commerçantes et aux commerçants. Le ministre de la fonction publique invite l’opposition à faire preuve d’ouverture et de responsabilité pour l’ouverture du dialogue qui doit aboutir à la mise en œuvre consensuelle des réformes constitutionnelles et institutionnelles.

L’opposition togolaise n’a pas chuté sa manifestation de mercredi à la Plage comme prévu. Les cortèges s’étaient plutôt arrêter à Déckon. C’est à ce carrefour commercial, qu’après concertation entre les leaders de la coalition, un meeting a été tenu à la demande de la foule qui n’entendait plus se rendre à la Plage. Lors de son intervention au nom de la coalition, le Chef de file de l’opposition a réitéré la position de ce regroupement concernant le dialogue politique. Jean-Pierre Fabre a indiqué que le dialogue devra se tenir en présence d’un médiateur et rien d’autre.

Au Togo, pouvoir et opposition n’ont pas la même compréhension de la dernière position adoptée par la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) le 16 décembre dernier à Abuja. Si au niveau du gouvernement on estime que l’organisation communautaire a opté pour un dialogue sans médiateur externe, la Coalition de l’opposition relève que la médiation a été plutôt confirmée. Elle accuse le ministre Gilbert Bawara de n’avoir pas dit la vérité sur le sujet et appelle ses partisans à de nouvelles manifestations les 27, 28 et 30 décembre prochains.

OTR