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Douce nouvelle pour les 2000 apiculteurs du Togo (Tribune)

Rich results on Google's SERP when serching for 'apiculteurs'

Le Togo est désormais inscrit sur la liste des pays autorisés à exporter le miel vers l’Union européenne. Voilà une nouvelle qui doit réjouir les quelques 2000 apiculteurs et 2000 cueilleurs de miel au Togo.

Il s’agit de l’aboutissement heureux d’un long processus qui a commencé en 2019 et un nouveau résultat concret du premier Forum économique entre le Togo et l’Union européenne, tenu à Lomé les 13 et 14 juin 2019.

En effet, à l’issue dudit Forum et sur demande du Ministère de l’agriculture, de l’élevage et du développement rural, la Délégation de l’Union européenne auprès de la République togolaise a financé en 2019 l’élaboration du Plan National de Surveillance des Résidus (PNSR) dans le miel du Togo, dont l’objectif était de certifier la qualité du miel togolais pour son exportation vers l’Union européenne. Aujourd’hui c’est chose faite et les opérateurs togolais ainsi que les consommateurs européens ne peuvent que s’en réjouir.

L’Union européenne espère que cette autorisation qui ouvre un marché de plus de 450 millions de consommateurs aux apiculteurs et cueilleurs de miel togolais va renforcer le développement de la filière miel et les exportations du Togo vers l’Union européenne.

En ma qualité d’ambassadeur de l’Union européenne au Togo, je voudrais féliciter les autorités et les opérateurs togolais pour les efforts consentis pour l’atteinte de cet excellent résultat. Il faut noter qu’en un temps record (entre janvier et février 2020), le Togo a mis en place un cadre réglementaire adéquat qui rassure du contrôle de la qualité de son miel et qui a permis d’accélérer le traitement et la validation de son Plan National de Surveillance des Résidus par la Commission européenne.

En ma qualité d’ambassadeur de l’Union européenne au Togo, je voudrais féliciter les autorités et les opérateurs togolais pour les efforts consentis pour l’atteinte de cet excellent résultat.

Il faut noter qu’en un temps record (entre janvier et février 2020), le Togo a mis en place un cadre réglementaire adéquat qui rassure du contrôle de la qualité de son miel et qui a permis d’accélérer le traitement et la validation de son Plan National de Surveillance des Résidus par la Commission européenne.

J’encourage également tous les acteurs de la filière miel au Togo à respecter scrupuleusement les dispositions qui sont mises en place par les autorités nationales pour que cette autorisation d’exportation du miel vers l’Union européenne soit renouvelée chaque année.

Joaquín Tasso Vilallonga, Ambassadeur de l’Union européenne au Togo




Sommet de Paris sur les économies africaines: la stratégie prédatrice de la France auditée (Chronique)

Après avoir plaidé pour une annulation massive de la dette africaine en cette période de crise sanitaire, le président français Emmanuel Macron revêt le manteau de sauveur de l’économie africaine. Tel un loup dans la bergerie. Un pays dont la dette publique s’est envolée à 115,7% du PIB en 2020, un pays pilleur des ressources africaines et cause de la précarité des peuples de ses ex-colonies depuis des décennies, ce pays jouit-il de la légitimité requise pour réunir des chefs d’Etats africains pour parler endettement et développement?

Beaucoup d’africains éveillés voient d’un mauvais œil l’organisation d’un sommet consacré au financement des économies africaines par la France sur ses terres, alors que l’ancienne métropole est considérée comme l’une des causes du retard criard de développement de ses anciennes colonies. Macron, dans une logique impérialiste, ressuscite le concept de « Fardeau de l’homme blanc » qui avait pour devoir de porter sur ses épaules le développement économique et social des peuples colonisés. Si l’ingérence de la France dans les affaires intérieures des colonies posait au début des années 1900 un débat entre la préférence pour les colonies et la préférence nationale, depuis 1990, les français s’accommodent sans gêne de la relation incestueuse entretenue par leur pays avec les néo-colonies, conscients de l’intérêt généré.

La première guerre mondiale avait déjà apporté un consensus sur la question coloniale en France. La colonisation était devenue dans l’esprit des Français une solution à toutes les crises, elle pouvait assurer le relèvement national et promouvoir la grandeur et le rayonnement de la France. Cette croyance se consolide d’année en année, surtout dans un contexte géopolitique qui fait de l’Afrique, objet de toutes les convoitises, un vaste champ de compétitions entre les grandes puissances, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, notamment. Une réalité qui oblige la France à renforcer sans cesse son rôle de sentinelle, pour consolider et pérenniser la colonisation, et dans le cadre du sommet du 18 mai 2021, celui de pseudo protectrice des économies africaines. Macron, pour la circonstance, a rallié à sa cause des dirigeants européens et des institutions de Bretton woods, le FMI et la Banque mondiale, sûrement pour maquiller le décor de la prédation dans toute son horreur. La Banque mondiale et le FMI sont les plus grands instruments utilisés par les prédateurs pour la perpétuation de l’appauvrissement du continent africain.

Dette, CFA et crime contre les peuples

L’économie française n’est pas, elle aussi, debout, en cette période de pandémie à coronavirus. La dette publique s’est envolée en France en 2020 à 115,7% du produit intérieur brut (PIB) et le déficit s’est creusé à 9,2%, soit son niveau « le plus élevé depuis 1949 », a indiqué l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) de la France le 26 mars 2021. La dette atteint ainsi 2.650,1 milliards d’euros et le déficit 211,5 milliards d’euros. La réunion de Paris était divisée en deux sessions, l’une sur le « financement et le traitement de la dette » publique, l’autre sur « le secteur privé africain ». L’idée de ce Sommet de toutes les polémiques a germé à l’automne 2020, quand le FMI a calculé que le continent risquait de se heurter à un déficit de financement de 290 milliards de dollars d’ici 2023. Opportuniste, la France, quand bien même endettée jusqu’au coup, s’investit de la mission de penser et panser l’économie des pays africains. Curieux. La démarche est hautement suspecte, quand à l’évidence, on sait que c’est cette France qui a pris en otage la souveraineté économique de 14 pays africains et celle de l’Union des Comores à travers l’émission et le contrôle du franc CFA et du franc comorien, et l’application du pacte colonial. Le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo pour l’Union économique et monétaire ouest-africaine «Uemoa», en plus du Cameroun, de la République Centrafricaine, du Tchad, du Congo, et du Gabon pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale «Cemac» en plus des Comores paient le prix du pacte colonial France Afrique qui «pèse lourdement» sur leurs destinées.

Des décennies de néocolonialisme après dans la zone franc, la monnaie CFA ruine gravement les pays membres. Ces pays continuent par déposer 50% de leurs réserves de change au Trésor français en application du point 2 du pacte colonial. Cette disposition portant confiscation automatique des réserves financières nationales impose obligation de centralisation des réserves de change des banques centrales des pays africains membres de la zone franc dans les livres du Trésor français. Le taux de ces réserves était de 65 % avant de passer à 50 % pour la Banque centrale de l’Afrique de l’Ouest en 2005 et la Banque des États de l’Afrique centrale en 2007. Il a, en revanche, été maintenu à 65 % pour la Banque centrale des Comores.

Pour financer son propre développement, la France s’appuie sur les intérêts engrangés par la gestion du franc CFA. Selon l’économiste sénégalais Sanou Mbaye, ex-fonctionnaire à la Banque africaine de développement « BAD», «la France investit ces réserves qui représentent des dizaines de milliards de dollars, dans des bons du trésor qu’elle utilise ensuite pour garantir les prêts qu’elle lève pour financer son propre déficit public».

A part le versement d’une part de leurs avoirs en devises, le contrôle de la monnaie des pays suscités garantit à la métropole l’exclusivité des exportations des matières premières locales, le pourvoi du marché local pour les importations et la définition des politiques à adopter par ces pays africains. Autrement, tous les échanges des pays zone CFA se font à Paris où les trois banques centrales africaines de la Zone franc déposent une partie de leurs réserves de change sur des « comptes d’opérations » ouverts dans les livres du Trésor français, au nom de chaque banque centrale. C’est la France qui fait les règlements extérieurs pour tous les pays zone CFA.

Le Togo veut acheter par exemple un tracteur en Allemagne dans le cadre d’un projet de mécanisation de son agriculture, les frais de transaction doivent passer par le Trésor français qui règle la facture au fournisseur au nom du Togo. Il s’agit là de l’importation. Même mécanisme à l’exportation. Le Togo veut vendre son phosphate à la Chine par exemple, le pays acheteur règle la facture au Trésor français qui crédite à son tour le compte du Togo, en application du principe de garantie de convertibilité illimitée. Ainsi, sur le plan commercial, la France a l’œil sur toutes les entrées et toutes les sorties, aussi bien des matières premières que des équipements de toutes sortes. La France devient l’interface, un écran entre les pays zone CFA et les Comores, et le reste du monde.

D’ailleurs, en ce qui concerne les équipements militaires, la France a le droit exclusif de livraison à tous ces pays (point 5 du pacte). La France a le premier droit d’achat des ressources naturelles de la terre de ses ex-colonies. Ce n’est qu’après que la France ait dit: «?Je ne suis pas intéressée?», que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires (point 3 du pacte). Tout ce mécanisme est régi par les principes et modalités de fonctionnement de la coopération monétaire, à savoir la garantie de convertibilité illimitée accordée par le Trésor français aux deux francs CFA et au franc comorien; la fixité des parités avec la monnaie ancre ; la libre transférabilité et la fameuse centralisation des réserves de change.

En vérité, le principe de garantie de convertibilité illimitée n’est que bluff. La France n’est pas assez riche pour jouer ce rôle, elle est trop petite pour assurer les échanges commerciaux de 15 pays africains dont certains sont plus riches qu’elle-même. Malgré ces énormes atouts et privilèges de la France dans l’exploitation du CFA, elle est clouée au pilori sur le chantier des investissements en Afrique par la Chine.

A en croire Chicot Éboué, Professeur des universités en Sciences économiques à l’Université de Lorraine, « La Chine a beaucoup plus investi dans les pays africains que tout l’Occident en 50 ans ». « La Chine finance de nombreuses infrastructures en Afrique telles que les routes, les barrages, les ponts, les centrales électriques. Sans infrastructures, point de développement. La France qui est implantée depuis un siècle, a cessé de financer les infrastructures il y a longtemps », ajoute-t-il.

Et pourtant, les entreprises françaises ont investi tous les secteurs vitaux de l’économie africaine et cette France joue toutes les cartes, même les plus violentes et les plus sanglantes contre les africains, pour contrer l’hégémonie des autres puissances, et préserver ainsi ce qu’elle considère comme sa « chasse gardée ». L’invention du CFA est un crime perpétré contre les peuples des 14 pays africains de la zone CFA. Cette monnaie qui entretient le sous-développement depuis 1945 a provoqué déjà une hécatombe, des millions de morts sur l’autel de la précarité, de l’absence d’hôpitaux dignes de ce nom, du manque de couverture sanitaire, du manque d’eau, d’énergie, de l’insécurité alimentaire, du manque de débouchés pour les diplômés…

Prédation, barbarie

Au vu de ces réalités réductrices de l’Afrique sous anesthésie française et qui tente d’amorcer son développement, le Sommet de Paris s’apparente plus à un cirque où joue avec art un gourou qui a le don d’asservir ses valets économiquement, en se passant pour le Rédempteur qui apporte des solutions miracles. La France est le premier responsable de l’asphyxie économique des pays africains sous sa coupole. De tout temps, la France, surtout depuis le rétablissement de l’esclavage par Napoléon par la loi du 20 mai 1802, a toujours appliqué la politique de la prédation et de la barbarie pure pour soumettre ses colonies et les exploiter sans pitié.

Sa stratégie est bien connue, mettre en veilleuse l’éveil des dirigeants africains, annoncer théoriquement la rupture avec la Françafrique, se dissimuler dans le pelage d’agneau, s’afficher comme celle qui est hautement préoccupée par l’émancipation et le bien-être de ses « partenaires », euphémisme pour couvrir « néo-colonies », et exploiter de fond en comble leurs richesses. La France, en organisant son Sommet de Paris, était bel et bien dans son rôle, celui de la prédation stratégiquement organisée. Comment le prédateur peut-il s’occuper de la bonne santé de ses proies, alors qu’elle-même est gravement malade, couchée sur le lit de la dette qui pèse 2.650,1 milliards d’euros soit un billiard sept cent trente-cinq billion sept cent cinquante milliards (17357 5000 000 000 0) CFA. La France n’a aucune légitimité, pas même l’ombre d’une légitimité, pour organiser un Sommet sur les économies africaines. Comment un pays qui a arraché et confisqué tous les attributs de souveraineté des pays africains, la monnaie, la sécurité, notamment, peut-elle se vanter d’une légitimité pour organiser une réunion à grande pompe destinée à redynamiser les économies des pays que sa politique extérieure met à genou sur tous les plans ? Comment des pays africains peuvent-ils se développer s’ils ne sont pas capables de déterminer leur politique monétaire ? Pour Edouard Balladur, ancien Premier ministre français, – référence à un français pour appuyer l’objectivité et la pertinence du propos – un pays ne peut pas être souverain et ne pas avoir sa monnaie. C’est à travers la monnaie que l’on détermine l’indépendance d’un Etat.

La monnaie est le premier pilier de l’indépendance, suit la sécurité. Mais la monnaie et la sécurité de nos Etats sont gérées par la France. Du CFA à l’Eco, tout se mijote pour faire le bonnet blanc blanc bonnet. On parle de réforme de CFA alors que les peuples veulent tout simplement un total déracinement du baobab CFA, et l’enfumage s’organise avec tact, en parfaite complicité avec certains dirigeants au premier rang, Alassane Ouattara, et certaines élites africaines dont le Togolais Kako Nubukpo vivement suspecté. C’est la France qui vend les armes aux pays africains, c’est la France qui forme les officiers, patati patata. La France fait tout.

Point 5 du pacte colonial : « Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des colonies ». Point 6 : « Le droit pour la France de déployer des troupes et l’intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts ».

Dans la pratique, grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les «accords de défense» attachés au pacte colonial, les africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs en formation en France. En vertu de ce qu’on appelle «les accords de défense» attachés au pacte colonial, la France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans les bases et installations militaires, entièrement gérées par les Français. C’est dire que de tous côtés, la France étrangle les pays africains.

Pour étouffer un chef d’Etat « rebelle », la France peut geler les avoirs d’un pays logés au Trésor français, pour provoquer une asphyxie financière, ou intervenir militairement pour sauvegarder ses intérêts en tirant, sans retenue, à bout portant sur des populations à mains nues. La scène de fusillade du 8 novembre 2004 sur le parking de l’hôtel Ivoire en Côte d’Ivoire est une belle illustration.

« Le 8 novembre, l’armée française s’installe à l’hôtel Ivoire… Des soldats, bien campés sur leurs jambes, tirent en rafales. Certains au-dessus des têtes, d’autres à tir tendu, le fusil au niveau de la poitrine (…) Quand les tirs cessent finalement, les caméras ivoiriennes continuent d’enregistrer : les victimes, la terreur, la chair entamée par les balles, une main arrachée, les os brisés par le métal. « Qu’est-ce qu’on a fait à la France ? », hurle un homme. Une image choque particulièrement : un corps sans tête. La boîte crânienne a explosé et la cervelle s’est répandue autour d’elle », une scène effroyable racontée par le journaliste Paul Moreira dans son ouvrage « Les Nouvelles censures, dans les coulisses de la manipulation de l’information », Page 67.

Triste. Aujourd’hui, Macron a enclenché une dynamique nouvelle d’expansion, ce qui justifie la présence à la réunion de Paris de dirigeants de l’Afrique du Nord. C’est en fait une stratégie de floutage pour ne pas donner l’impression que la France ne s’intéresse qu’à ses néo-colonies.

Halte, résignation !

Les présidents africains ont le devoir, s’ils veulent reposer les bases du développement de leurs pays, de franchir un cap, de brûler la politesse à la résignation pour devenir de vrais leaders nationalistes afin de rompre définitivement les liens du pacte colonial et restaurer la souveraineté de leurs pays dans toutes ses dimensions.

Les moyens de lutte et de résistance, l’Afrique en dispose pour se libérer. Mais l’erreur réside dans les tentatives solitaires, elles ont échoué hier, elles échoueront toujours. Les exemples sont légion. Lorsque Sékou Touré opta en 1958 pour l’indépendance, il a payé le prix fort. La France s’est déchaînée sur la Guinée, tout ce qui représentait les avantages de la colonisation française a été détruit. Trois mille Français quittèrent le pays, en prenant tous leurs biens et détruisant tout ce qui ne pouvait être déplacé: les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique, les voitures, les livres, les médicaments, les instruments de l’institut de recherche, les tracteurs ont été écrasés et sabotés; les chevaux, les vaches dans les fermes ont été tués, et les nourritures entreposées furent brûlées ou empoisonnées. De faux francs guinéens ont été déversés pour anéantir l’économie guinéenne.

Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo et premier président élu de l’Afrique indépendante, ne voulant pas continuer à subir la domination française, refusa de signer le pacte colonial proposé par de Gaulle. Mais pour calmer cette France dangereuse, il accepta en contrepartie de lui payer une dette annuelle pour les avantages obtenus lors de la colonisation française. Toutefois, le montant estimé par la France était si grand que le remboursement de la soi-disant « dette coloniale » était proche de 40 % du budget du pays en 1963. Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale, le franc CFA, et créa la monnaie du Togo. Le 13 Janvier 1963, trois jours après le début de l’impression des nouveaux billets, une escouade de soldats soutenus par la France va l’exécuter.

Le 30 juin 1962, Modiba Keita, le premier président de la République du Mali, décida également de se retirer du système monétaire FCFA. Celui-ci considérait cette monnaie comme un fardeau pour le développement de son pays. Le 19 novembre 1968, comme Olympio, Keita sera victime d’un coup d’Etat. Même le Général Gnassingbé Eyadéma est sur la liste des victimes de la barbarie de la France. Il a eu le culot de demander à la France une révision des accords commerciaux sur le CFA. Il subit dans la foulée les affres de sa témérité : attentat de Sarakawa le 24 janvier 1974. Il s’en sortit miraculeusement, grâce à ses pouvoirs mystiques. En effet, d’après un mythe célèbre, Eyadéma aurait disparu de l’avion qui a fait crash, pour apparaître physiquement dans le couvent de son féticheur (« Hounon » en mina, langue locale) Agbodjan à Tsévié. Fermons la parenthèse.

Au Niger, Hamani Diori a voulu vendre son uranium à un autre pays que la France, il a été déposé par un coup d’Etat. Passons sous silence le sort réservé, entre autres, à Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Barthelemy Boganda, Mouammar Khadafi, William-Richard Tolbert, Teferi Bante, Anouar el-Sadate, François-Ngarta Tombalbaye.

Les conflits armés qui quadrillent le continent ici et là et le rôle que s’attribue la France dans leur gestion, les accusations d’instigation qui la visent, renseignent sur la détermination de ce pays à tout mettre en œuvre pour maintenir son grappin sur les pays africains afin de tenir durablement son rang dans le concert des grandes nations.

François Mitterrand, ancien président français, avait déjà prophétisé en 1957 : « Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’histoire au 21e siècle ».

Donc pour la France, il est clair que sa place en Afrique est une question de vie ou de mort, c’est pourquoi elle est prête à tout.

« Il faut une résistance collective, assurée par les leaders politiques, les élites africaines et la société civile », conseille le géo-économe sénégalais Siré Sy.

Tous ces différents acteurs, mus par patriotisme et panafricanisme, dans une dynamique unitaire, doivent réfléchir à l’invention de nouveaux paradigmes qui permettent de mener avec une efficacité insoupçonnée la lutte contre le « système France ».

Mais le chemin paraît encore long, rien qu’à voir la désunion flagrante des dirigeants et l’intelligentsia africains dans la lutte pour l’avènement de l’Eco en remplacement du CFA.

Yves Galley, Journaliste




Abalo veut les français en France et non en Afrique

Komi Abalo est dans la peau d’un panafricaniste avéré. Le Doctorant en cotutelle entre la France et le Canada s’interroge sur l’utilité de l’omniprésence de la France en Afrique subsaharienne plus de 60 ans après les indépendances. Dans la tribune ci-dessous, il met le curseur sur « la France-Afrique », qui ronge les pays africains, selon lui. Lisez…

LA PRESENCE FRANCAISE EN AFRIQUE : POUR QUEL BILATERALISME ENFIN

La présence française en Afrique subsaharienne est très ancienne. Elle remonte à l’établissement des comptoirs commerciaux au cours de la période de la traite négrière transatlantique. Cependant, c’est dans les années 1880 que le projet colonial français en Afrique a pris forme, surtout dans les milieux républicains et dans quelques milieux économiques. L’extension de l’Empire colonial français, à l’instar des autres empires coloniaux européens, ne fut pas le produit d’un plan établi dès le départ. Elle est plutôt le fruit d’un concours de circonstances, mêlant intérêts bien compris et universalisme des idéaux des Lumières. L’idée coloniale ne devient populaire en France que pendant l’entre-deux-guerres. Malgré la similitude qui caractérise toutes les colonies, il existe une disparité dans l’évolution future entre les colonies britanniques et celles françaises, notamment d’Afrique subsaharienne. Du coup, l’inventivité qui a amené les africanistes vers la route de l’indépendance est à la fois une question de résilience et de résistance, certains voient des complots partout, d’autre nulle part. Il nous semblait essentiel d’interroger les continuités de ce passé.

Culture et social

Depuis le début de la période coloniale et jusqu’à la veille des indépendances, les métropoles européennes ont élaboré des rapports avec les peuples colonisés reposant sur l’assujettissement de ces derniers à leurs besoins économiques, politiques et stratégiques. L’économie africaine devint alors une économie de traite[1] à caractère dualiste « indigène » et « européen ». Les rapports entretenus par la France avec ses colonies évoluèrent au sortir de la Deuxième Guerre mondiale. En effet, avec l’avènement de l’ONU, dont la Charte préconise le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes d’une part, et face à l’émergence des mouvements nationalistes et syndicaux d’autre part, tous les administrateurs coloniaux ont été contraints de réviser leur approche. Pendant les indépendances, Jacques Foccart et le général de Gaulle ont mis en place un certain système de relation avec les pays africains visant à permettre à la France de conserver une certaine marge d’intervention dans la gestion interne et externe de ces pays sur certains sujets.

Le constat depuis les indépendances témoigne – peut-être – d’un manque de volonté des pères de l’indépendance et des différents gouvernements successifs de faire avancer les choses d’un côté et surtout le serment de toujours protéger de gré ou de force la vieille école mise en place par Foccart et le général de Gaulle de l’autre côté. Cette intrusion a eu pour corollaires le bouleversement économique, social et culturel, une division géopolitique et un assujettissement monétaire vis-à-vis de la France. Le transfert d’éléments de la civilisation européenne et la constitution d’unités politiques plus larges ont ouvert de nouvelles perspectives. Les conséquences issues de ce déséquilibre sociétal perdurent dans nos différentes sociétés africaines à travers la perte parfois des valeurs culturelles et traditionnelles au profit des valeurs étrangères. Ces valeurs étrangères ne sont pas forcément négatives ; mais, elles peuvent aux fils des années porter atteinte à l’ordre préétablit.

Aujourd’hui, chacun veut porter un nom qui s’identifie aux réalités bibliques et coraniques au mépris de celui issu de son héritage culturel. Plus loin, la place qu’occupe les religions du livre importées (le Christianisme, l’Islam…) sont devenues avec le temps des religions exclusivistes vis-à-vis de celles endogènes qui les ont pourtant accueillies les bras ouverts. L’Arabe n’est-il pas d’abord Arabe aussi bien dans le sang que dans l’âme, ainsi que le juif ? Quelle place accordons-nous aux religions du terroir dans les sociétés traditionnelles aujourd’hui ? Les nouveaux pays émergents tels que la Chine, l’Inde et les pays du Golfes n’ont pas besoin du christianisme ni d’autres religions importées pour occuper leur rang mondial. L’Afrique ne peut être libre en étant chrétienne, musulmane, juive, tout sans être elle. La majorité des africains ne raisonnent plus « je peux » mais « si Dieu le veut ». Au même moment, sous d’autres cieux, les gens cherchent à s’offrir une place sur d’autres planètes. Le phénomène de la collusion religion-colonisation doit être redéfini pour éviter tout dérapage. 

Économie 

Sur le plan économique, avant l’arrivée des « Thoubab[2] » en Afrique, il existait différents types de monnaies. Dans la zone Akan, la monnaie était constituée d’or en raison de l’importante quantité d’or présente dans ses sols. Dans la sous-région ouest africaine en particulier celle où se trouvent les actuels pays de la zone Franc CFA, la monnaie était constituée par les cauris[3] dont la valeur dépendait des coutumes du territoire dans lequel on l’employait avec des interprétations mythiques que chacun pouvait donner. Avec la colonisation, les zones monétaires africaines ont été refondues de la manière suivante : la zone sterling pour l’Empire britannique, la zone franc belge pour l’Empire belge, la zone peseta pour l’Empire espagnol, la zone escudo pour l’Empire portugais et la zone franc pour l’empire français. Après l’indépendance, les grandes puissances colonisatrices ont décidé de tourner la page de leur histoire en accordant non seulement l’indépendance politique, mais aussi celle économique à leur colonie. Une seule va continuer d’exercer sa tutelle économique sur ses anciennes possessions africaines : la France à travers le franc CFA.

Pour avoir la mainmise sur les ressources minières et maintenir la dépendance de ses ex-colonies, la France a non seulement introduit une monnaie afin de faciliter les échanges, mais elle a également facilité la multiplication des filiales et des sous-filiales financières des sociétés françaises. Certaines de ces entreprises françaises installées en Afrique durant l’entre-deux -guerres ont pu résister aux vents des indépendances et sont en majorité des sociétés écrans[4].  Les bénéfices générés sont rapatriés via Air France vers la France, sans aucun contrôle des pays africains. Le groupe Bolloré et la CFAO représentent les figures emblématiques de cette pratique en Afrique. Tout comme le Lobbying aux USA, on assiste à la participation indirect et parfois direct de certaines sociétés étrangères aux cotés des partis au pouvoir pour maintenir des contrats peu profitables à la population africaine. Aujourd’hui, le groupe Bolloré, une société française, a su montrer aux yeux du monde comment il opère en Afrique. Peut-être que les gens ont parfois raisons de dire que les ex-colonies françaises d’Afrique n’ont pas le contrôle de leur institution économique voire monétaire ; mais il faudrait savoir dans quelle mesure une monnaie participe au développement des populations.

La politique économique africaine devient de plus en plus fragile. Elle est à l’image des soldes en Occident : tant que les occidentaux n’ont pas sifflé la fin de la partie, les prix des matières premières resteront au statu quo ou continueront de chuter. L’Afrique n’a pas besoin d’argent ni de l’aide de l’Occident, l’Afrique a juste besoin de transfert de technologie. Pour fabriquer de l’engrais, nous avons besoin de phosphate du Togo par exemple avec des gens capables d’assumer la bonne gestion. L’important n’est pas de créer une monnaie. L’essentiel est de créer un panier de devises qui va avec et s’assurer de la garantie dans un pays comme le nôtre. On peut également s’assurer qu’elle réponde au critère d’un régime de change flexible plutôt qu’un régime de change fixe dont la France est la maitresse du jeu. La monnaie crée la demande et si l’appareil productif ne répond pas on crée l’inflation[5] ; c’est ce qui a amené des problèmes d’une part au niveau de la zone CFA où une politique de dévaluation a été élaborée pour les surmonter. L’Afrique francophone doit sortir de la structure coloniale pour se projeter dans la réalisation de ses projets de développement ; sans quoi, elle sera toujours une vache à lait pour l’Occident. La métaphore traduit l’idée selon laquelle l’insécurité grandissante dans de nombreux pays d’Afrique est soit liée aux ressources naturelles et minières que possèdent ces pays ou par la corruption de certains dirigeants africains en complicité avec quelques véreux légalistes occidentaux. On se rend compte en quel point la question monétaire des ex-colonies françaises d’Afrique est purement et simplement politique.

Ainsi, on constate que le fait de posséder de l’or noir dans son sous-sol en Afrique est synonyme de malheur. L’exemple le plus récent avec la Libye de Kadhafi laisse à penser qu’aucun pays de la sous-région n’est à l’abri tant que certaines grandes puissances doivent assoupir leur désire en matières premières. Croyant résoudre la crise politique en Libye, les grandes puissances ont semé un désordre puis ont laissé ce pays à son sort, qui paie les factures ?  L’Union Africaine (U.A) a-t-elle participé à la grande décision d’annexion de ce pays ? Devons-nous continuer de nous accrocher au système français quand on sait que ce système devient de plus en plus obsolète ou encore que la crise financière française tant à ressembler aux pesos argentin après la Grande Crise ? Comment peut-on réellement amorcer un développement économique digne de ce nom sans une véritable mainmise sur les ressources naturelles et surtout une maîtrise de sa politique monétaire ?

L’Afrique se retrouve dans une impasse où sa situation économique devient de plus en plus précaire. Les pays de la zone franc sont tenus de créditer leur compte d’opération auprès du Trésor public français pour garantir la convertibilité de leur monnaie dans d’autres devises (Euro, Dollars, Yuan…). L’Eco[6] tant attendu, qui serait le socle d’un nouveau départ, n’a toujours pas vu le jour.

Politique

La gestion des nouveaux États était devenue un défi auquel doivent faire face toutes les forces antagonistes (anti et pro-français d’un côté, les syndicats et autres mouvements de l’autre) qui ont conduit les luttes pour l’indépendance. Il convient tout d’abord de rappeler le contexte de célébration de l’indépendance elle-même entre 1958 et 1960, ainsi que les dates d’indépendance de chaque pays francophone d’Afrique subsaharienne. Toutefois, les mouvements de décolonisation et la balkanisation des peuples africains suite à la gestion des territoires par les métropoles aux temps des colonies, ont réussi à arracher une partie de leur souveraineté à la France qui doit dorénavant définir de nouvelles formes de collaboration. Les leaders africains de l’époque ont cru à la renaissance totale de l’Afrique après les indépendances politiques mais le sort réservé à leur peuple était beaucoup plus inattendu, d’abord en raison de la dépendance économie vis-à-vis de la France en matière monétaire, ensuite la dévaluation du franc CFA et enfin le néocolonialisme. L’opération « persil [7]» dont a été victime la Guinée de Sékou Touré peut être considéré comme une sorte de mise en garde pour empêcher les autres pays africains de rompre le cordon ombilical les liant à la France.

L’une des conséquences après la dévaluation est l’augmentation fiscale pour combler le déficit causé par la dévaluation. D’aucuns pensent que la France a conduit la population à la crise : imprimer des monnaies voire des fausses pour des organismes a ainsi fini par engendrer une crise financière.  Ces monnaies ont servi aux dépenses hors normes, ainsi, avec la loi de la demande les prix des produits ont augmenté, ce qui donne une dépréciation de la monnaie d’où la dévaluation. Pour d’autres encore, l’Afrique aurait pu mieux évoluer sans la coopération avec la France qui cherche à privilégier ses intérêts au détriment de ceux des pays africains. Pour le commun des occidentaux, l’Afrique a bénéficié et continue de bénéficier de la coopération, d’autres vont jusqu’à affirmer que la France peut se prévaloir que sa colonisation a été une réussite. Cependant, doit-on se réjouir d’une telle relation entre la France et ses ex-colonies d’Afrique si nous la comparons à la relation qu’entretient la Grande-Bretagne avec ses ex-colonies d’Afrique ?

Komi ABALO, doctorant en cotutelle entre la France et le Canada 

[1] Le mécanisme de cette forme d’économie est de pousser les ex-colonies à produire les cultures agricoles qui seront exportées vers la métropole afin d’importer en retour des biens consommables et autres produits manufacturés finis.

[2] Thoubab est un terme pour désigner toute personne à peau blanche, à l’exclusion des Arabo-Berbères quelle que soit sa nationalité.

[3] Les cauris étaient l’une des devises les plus répandues au monde en particulier en Afrique de l’Ouest.

[4] Une société écran est une société qui exerce de manière officieuse des activités différentes de celles qu’elle déclare exercer officiellement.

[5] Quand la monnaie se déprécie due parfois à la mauvaise gestion.

[6] L’Eco est le nom d’un projet de monnaie unique des quinze pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO).

[7] C’est une opération qui a consisté à introduire en Guinée une grande quantité de faux billet après que Sékou Touré ait refusé la coopération de 1958 proposée par le général de Gaulle pour mettre sur pieds sa propre monnaie. 

 




Tribune: Reckya Madougou célèbre l’audace d’oser d’Amivi FIANYO

Lorsque par un après-midi ordinaire de juillet, je découvre par le plus grand des hasards, une jeune figure féminine atypique dans un garage automobile de Lomé, je suis littéralement tombée admirative d’elle. En visite à Diwa International, atelier de dépannage sis au 2556 boulevard de Paix à Lomé, j’aperçois furtivement une jeune femme frêle qui s’appliquait consciencieusement sur le moteur d’une grosse cylindrée. Cette image a aussitôt retenu mon attention et je n’ai eu d’autre choix que de revenir sur mes pas pour l’interroger. Qu’est ce qui peut pousser une jeune fille, de surcroît « menue » (comme quoi les préjugés nous limitent) à s’investir dans la mécanique?

J’ai littéralement eu le coup de foudre lorsqu’elle se présente à moi d’une voix fluette mais pleine de sagesse « je m’appelle Amivi, je suis MÉCANICIENNE ». Sans déconner, combien de fois avez-vous rencontré des mécaniciennes de votre vie? À quoi la profession de mécanicien, l’un des bastions de métiers « masculins » nous avait habitués? Assurément pas à une jeune femme, fut-elle habile. Amivi aurait pu craindre les stéréotypes et d’être seule parmi les hommes.

Vêtue d’un bleu mécanicien de bonne coupe et bien propre sur elle, coiffure taillée à la « garçonne » comme on le désigne couramment, Amivi Pascaline FIANYO, du haut de ses 25ans a un timbre de voix dans la basse intonation qui aurait pu faire penser à une créature dont la fragilité intérieure apprivoise la passion. Il n’en est rien! Son assurance et son agilité à l’œuvre viennent très vite rétablir la réalité de l’histoire.

La mécanique, métier qui dans l’inconscient collectif est aux antipodes des capacités féminines dans nos sociétés a déclenché la passion de Pascaline. Mais avec courage, abnégation et une volonté d’ereim, loin des clichés, elle a choisi de briser le plafond de verre. Elle fait même montre d’un professionnalisme remarquable dans son domaine, comme en témoigne le responsable. « J’avais décrété au garage d’éviter à Amivi de porter les charges lourdes mais cette dernière est venue me voir toute malheureuse en m’exprimant son désir de ne bénéficier d’aucun traitement de faveur par rapport à ses congénères masculins dans l’exercice de son métier. ». Elle-même nous conte cette étape anecdotique de son parcours dans une petite capsule de 3 minutes que vous offre la Team RM, laboratoire de Réflexions & Méthodes à succès.

De tous temps les femmes en milieu professionnel essayent de paraître normales et en conformité avec les idées reçues sur leurs choix de carrière, les limites et seuils « sexistes » à respecter, afin d’être acceptées. Ce qui est normal, mesdemoiselles et mesdames, c’est de réaliser que si le monde vous accepte à un prix qui le prive d’expérimenter l’unicité qu’en vous Dieu a forgée, vous minimisez votre génie personnel pour faire place à un personnage étranger au réel « vous ». Vous amenuisez ainsi vos chances de réussite.

Sans être une adepte des journées internationales dédiées aux femmes et à leurs droits, la Journée  Internationale de la Femme Africaine, JIFA 2020 ce 31 juillet, fait échos à la résilience que je prône au sein de la gente féminine. Un appel lancé à « Renaître de ses cendres, celles qui l’ont fait et celles qui le font ». C’est donc cette occasion que j’ai choisie pour rendre hommage à Amivi et vous la révéler afin qu’elle inspire d’autres jeunes filles à réaliser leurs rêves d’accomplissement. Cet hommage s’adresse également à toutes les femmes qui comme Amivi ont choisi d’affronter le regard accusateur de la société, le sexisme, la discrimination et simplement l’audace d’oser réussir à imposer le respect qu’inspire leur personnalité UNIQUE !

Découvrez à présent  Amivi Pascaline FIANYO sur cette petite capsule… Mon meilleur passage? C’est celui où elle enjambe l’arrière du pick-up en une fraction de seconde avec une telle agilité féline qui suscite l’envie de revoir cette scène au ralenti. ???

#UniqueAsMe

#UniqueCommeMoi

Reckya MADOUGOU




Le Togo que porte l’économiste Kako Nubukpo

Kako Nubukpo est l’un des rares togolais qui brillent sur la scène internationale. L’ancien ministre de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques figure parmi les 100 africains qui influencent le développement du continent. L’économiste ne jubile pas mais dédie, en toute modestie, cette reconnaissance au Togo de ses rêves.

Kako Nubukpo aurait pu choisir la facilité et l’insolence en gardant, jalousement sa position à la tête du département qu’il dirigeait à la Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Il aurait pu opter pour une réussite individuelle en agissant pour se maintenir dans le rang des ministres dans son pays, le Togo.

Mais son engagement pour une Afrique épanouie et développée, où les Etats ont les moyens de leur développement et où les jeunes ont du travail a prévalu sur toute ambition de réussite personnelle.

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C’est justement cet engagement qui le pousse à prendre position sur une question aussi fondamentale qui est celui de la monnaie, pilier fondamental dans le développement et l’épanouissement de tout Etat. Et c’est bien à cause du débat autour du franc CFA qu’il a accepté volontiers se faire virer de son poste de Directeur de la Francophonie économique et numérique.

Ce qui s’apparente à des échecs répétés aurait pu décourager l’homme ou l’amener à « se ranger pour manger » comme l’exigent les paramètres ici-bas. Mais l’économiste continue de miser sur ce qu’il sait faire le mieux. Cela lui permet aujourd’hui de figurer parmi les références du continent africain.

A la publication du classement du magazine Jeune Afrique, l’économiste de 52 ans a gardé le triomphe modeste.

L’actuel Doyen de la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FaSEG) de l’Université de Lomé dédie cette reconnaissance à un Togo qu’il appelle de tous ses vœux. Il s’agit bien d’un Togo de l’exigence. Un Togo où le mérite l’emporte sur toutes autres considérations.

« C’est le Togo qui est récompensé, le Togo de l’exigence et du mérite. Encore merci ! », a indiqué l’ancien ministre de la prospective.

Le Togo que porte Kako Nubukpo dans son cœur n’est autre que cet « Or de l’humanité » rêvé par les pères fondateurs de la nation. Il est désiré par la « majorité » de ses citoyens et bien ce Togo qui gagne à l’international.

A rappeler que Pascal Agboyibo, fils de feu Me Yaovi Agboyibo, a également honoré « le Togo de l’exigence et du mérite » en arrivant 2è au classement des 100 leaders du droit des affaires sur le continent africain.

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Bawara: « Nous gardons tous de Me Agboyibo quelque chose d’ineffaçable »

Le décès le 30 mai dernier de Me Yawovi Agboyibo a affecté plus d’un. Qu’on soit du pouvoir, de l’opposition ou encore de la société civile, chaque togolais garde un souvenir vivace d’un homme politique qui aura été attaché jusqu’au bout au développement du Togo, à la justice, au respect des droits de l’homme et au bien-être des togolais. L’ancien Premier ministre continue de récolter des hommages. Le dernier en date est celui du ministre togolais de la fonction publique. Dans une remarquable tribune publiée chez Focus Infos, Gilbert Bawara affirme d’abord garder de l’illustre disparu « le souvenir d’un homme entier, fidèle et intransigeant devant les valeurs » avant de préciser: « Nous gardons tous de Me Agboyibo quelque chose d’ineffaçable ». Ci-après l’intégralité de la Tribune.

Des combats, des époques, des souvenirs. Nous sommes nombreux, Togolaises et Togolais, qui l’avions admiré, combattu et respecté. Il fait partie de notre renouveau démocratique, de l’idée et de l’espérance que nous nous faisions, nous faisons et nous ferons du Togo. Il était le modèle, le critiqué et le patriote…

Le départ brusque et inattendu de Maître Yawovi Madji Agboyibo, qu’avec quelques rares personnalités, nous surnommions affectueusement « Fondamental », le samedi 30 mai 2020 m’a profondément bouleversé.

De notre longue et riche relation, je garde le souvenir d’un homme entier, fidèle et intransigeant devant les valeurs. Autant la politique togolaise se distingue par la méfiance et la défiance, et bien plus souvent la duplicité, l’hypocrisie et le mensonge, autant Me Yawovi Agboyibo a su s’élever, en toute humilité et modestie, même devant la calomnie et la diffamation. Il n’existait chez lui, aucune superficialité, aucune attitude de mépris et de suffisance.

Notre première rencontre remontait en 1989 à Genève, et plus précisément au Foyer Saint-Justin, résidence universitaire appartenant à l’Oeuvre catholique Saint-Justin, à la rue du Prieuré, qui accueillait, entre autres, des personnalités en court séjour. Jeune étudiant en droit dans la magnifique Cité de Calvin sur les bords du Lac Léman, je fis la connaissance du célèbre avocat, en compagnie de son ami de toujours, le Président Aboudou Assouma, alors Procureur de la République dans le cadre de la représentation du Togo aux travaux de la commission des droits de l’homme des Nations unies.

L’admiration et la ressemblance que je leur vouais ont imprimé une marque d’orientation et d’addiction au droit avec une affinité prononcée pour la profession d’avocat que je caressais dès les bancs du collège dans mon Siou natal. Il en est aussi particulièrement de l’engagement de Maitre Yawovi Agboyibo en faveur de la promotion et de la défense des droits de l’homme au titre de sa contribution déterminante à la création de la Commission nationale des droits de l’Homme en 1987. En ces temps-là, la belle entente et complicité entre le célèbre juriste et avocat et le Président de la République d’alors, Feu Gnassingbé Eyadema, aura contribué au dénouement de biens de dossiers délicats.

Pour ce qui est de mon rêve d’embrasser la carrière d’avocat, pour l’instant, les circonstances en ont décidé autrement. La vie et le hasard de certaines rencontres plutôt heureuses m’ont conduit sur d’autres chemins et rivages.

Il n’en reste pas moins que le droit et la justice nous sont restés en partage. Bien des années plus tard, nous nous retrouvions, Maître Agboyibo et moi, en mars 2002, indépendamment de ma volonté et de la sienne grâce au Président Gnassingbé Eyadema que je me permets de continuer à appeler très affectueusement et avec la déférence et l’hommage qu’il sied, le Vieux. À cette époque-là, je m’étais permis l’outrecuidance, d’adresser un fax au Vieux pour lui exprimer modestement et respectueusement mon sentiment à propos de la détention de Maître Agboyibo dans une ténébreuse affaire dont les tenants et les aboutissants échappent encore à beaucoup de Togolais. Sans surprise, aucune réponse formelle à mon initiative audacieuse n’a été reçue. Mais comme seuls les grands hommes d’Etat et les sages savent le faire, le Vieux me fit venir à Lomé en mars 2002, et Maître Agboyibo est libéré avant que je ne reprenne le chemin de retour pour retrouver mon poste comme fonctionnaire international des Nations unies.

Au lendemain de mon entrée au gouvernement, en 2005, Maître Agboyibo, m’a fait l’honneur, avec la bénédiction de mon patron, le Président de la République Faure Essozimna Gnassingbé, qui lui a toujours manifesté une estime sincère et profonde, de m’inviter à partager le breuvage dont il avait eu le mérite dans les années 1980, de défendre la libéralisation. Nous nous retrouvions assez souvent, en ce lieu particulier, à Kodjoviakopé, chaque fois avec le même rituel : montée d’escaliers escarpés et traversée d’une sorte de labyrinthe puis nous nous attablions sur une petite terrasse, en nous adonnant à quelques verres de ce breuvage, et pour cogiter des heures durant sur les voies et moyens pour renouer un dialogue politique structuré et fécond. Je le quittais généralement un peu embrumé mais encore lucide pour pouvoir retrouver mon bureau à quelques encablures de là !

Puis vint le dialogue politique inter-togolais, dont il fut un des artisans de la réussite en présidant le bureau des conclaves de Lomé qui avaient abouti à l’accord politique de base avant que les pourparlers ne fussent parachevés sous les auspices de la facilitation du Président burkinabé Blaise Compaore, à Ouagadougou. Après Ouagadougou, homme d’Etat et un des serviteurs les plus passionnés de la République, il est nommé Premier ministre et ensemble avec le Chef de l’État, ils ont initié et mené d’importantes réformes politiques ayant notamment conduit aux élections législatives d’octobre 2007.

Quelque chose d’ineffaçable

Chez Maître Agboyibo, dans sa personnalité, le rigoureux politique côtoie le bon vivant et le fin gourmet. De nombreuses péripéties et anecdotes en portent illustrations. Je me souviendrai encore longtemps, avec quelques autres, des ignames grillées, les « colico » à la togolaise, agrémentés de différents breuvages, généralement en compagnie du « Lion », du grand frère Assouma, de Maître Hégbor, de vénérée mémoire, et de Monsieur Tchakondo. Le Bélier noir de Kouvé savait ainsi entretenir et consolider le bon gouvernement d’ouverture au service de la réconciliation nationale. Le lion et le félin, sobriquets dont Maitre Agboyibo avait affublé les ministres Pascal Bodjona et Gilbert Bawara, ont passé des instants uniques en sa compagnie.

« L’habit ne fait pas le moine » dira le Grand Maitre. Qui d’entre nous n’a pas souri le 23 septembre 2007, lorsque le Premier ministre Yawovi Agboyibo arriva au Camp Général Gnassingbé Eyadema, dans une veste spéciale qui descendait jusqu’aux genoux et qui contrastait avec la solennité des circonstances ? Qui parmi les Togolais à l’époque n’a pas souri, lorsque Maitre Yawovi Agboyibo, Président du CAR, et ses militants se convertirent à la couleur rouge à la veille des élections législatives d’octobre 2007 ?

Nous gardons tous de Maître Agboyibo quelque chose d’ineffaçable : le Togo en éternel dialogue des hommes et de l’indispensable développement au service de ses filles et fils. Le combat de la tenue de la conférence nationale en 1991 et la promotion du sodabi en sont évocateurs.

Je garderai de Maître Agboyibo, l’homme politique simple et accessible, viscéralement ancré et attaché à son terroir, à son Kouvé natal, au développement et à l’épanouissement duquel il n’avait jamais cessé de se vouer. S’il est un acteur politique disposant véritablement d’un fief électoral, d’une citadelle politique presqu’imprenable et dont l’assise ne saurait point être questionnée, ce fut incontestablement Maître Agboyibo dans son Yoto natal.

Il était un pacifiste convaincu et aimait ainsi profondément son pays en refusant en permanence le chemin de l’exil, quoiqu’on lui reprocherait sa proximité soudaine aux heures sombres de 2017 avec les auteurs qui avaient tenté l’aventure de déstabiliser et de renverser les institutions démocratiques.

Maître Yawovi Agboyibo laisse, certes, un héritage questionné. Le temps et l’histoire feront le bilan notamment des années 1991, 1993, 1994, 2007 et 2017 à charge et à décharge. Au-delà des conjectures, personne ne saurait dire ce qu’aurait été le cheminement du pays et le destin propre à Maître Agboyibo, si ce dernier avait négocié différemment certains tournants et rendez-vous politiques, particulièrement ceux de 1994 au lendemain des premières élections législatives post-conférence nationale.

J’ai eu, en novembre 2018 à Paris puis en décembre 2019 à Lomé, l’occasion d’aborder de nombreux sujets d’intérêt national avec lui et d’apprécier avec respect et admiration sa parfaite lucidité et son honnête jugement sur certains épisodes de notre histoire et sur les acteurs politiques et les hommes d’Etat qu’il eût à côtoyer.

Somme toute, l’avenir et le devenir de la République sont restés pour Maître Agboyibo un souci permanent et « Fondamental ».

Le félin.
Gilbert BAWARA

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Ce qu’il faut absolument savoir: « le Covid19 est-elle assurable ? »

Le monde est aujourd’hui assujetti à la volonté d’un ennemi invisible appelé le coronavirus. Son impact sur l’économie, le social, la politique bref dans tous les domaines est manifeste. Rien ne se définit comme paramètre de gouvernance sans prendre en compte ce mal. C’est ainsi que s’agissant du très sélect et délicat secteur des assurances, toutes les théories sont avancées sur la place qui pourrait revenir aux assurés dans la prise en compte des survenues liées au Covid19. Pour une maîtrise de tous les cas de figure, celui qui est pour les assurances au Togo ce qu’est pour l’informatique Bill Gates se prononce. Il s’agit du  PDG du Groupe la Protectrice José Kwasi SYMENOUH qui, avec une aisance déconcertante et une pédagogie dont les mots sont bien choisis permet dans cette analyse même aux profanes de comprendre tout sur le coronavirus et les incidences sur les assurances. Il faut lire pour appréhender ce qui peut éclairer notre lanterne afin de ne pas nous embrouiller sur ce qui doit être et ce qui ne le doit pas.

L’homme a toujours pensé et construit des solutions pour parer aux risques de pertes et dommages  auxquels, son patrimoine, son activité et lui-même sont exposés. Au nombre de ces solutions, le mécanisme de l’assurance. En réalité, le métier de l’assureur est né de la volonté des hommes d’alléger le poids de la souffrance à laquelle ils font face, lorsqu’ils sont atteints par la survenance d’un risque émanant de leurs activités quotidiennes ou de leur cadre de vie. L’assurance est un mécanisme de transfert de risque qui pèse, sur un individu à un autre, et qui s’inscrit dans une relation contractuelle et économique.

Dans cette relation, interviennent deux parties, le souscripteur du contrat d’assurance qui paie une prime d’assurance (coût de la couverture d’assurance achetée) et l’assureur, l’entreprise qui intervient pour le paiement ou remboursement des pertes ou dommages subis par le premier. Dans les polices d’assurance, il est défini les obligations de ces deux parties, les conditions dans lesquelles les garanties sont exercées et surtout les évènements couverts par l’assureur et les dommages et pertes pris en charge ; des indications étant aussi faites pour instruire sur les différents évènements exclus.

En ce temps de pandémie à coronavirus « Covid19 », nous sommes tous les jours interpelés par nos clients sur la mise en œuvre de la garantie de leur assurance. Nous comprenons aisément la préoccupation des uns et des autres sur la question. Aussi, nous vous proposons entre ces lignes quelques éléments de repère pour comprendre l’assurance d’un risque de grande envergure comme le risque de contamination à la Covid19.

Les dommages ou pertes liés à la contamination à la Covid19 sont-ils assurables ?

Il est vrai que dans la pratique assurantielle, des dommages et pertes liés à certains évènements sont systématiquement mis hors de la couverture des assureurs, à l’instar des opérations de contrebande, le trafic illicite, l’assurance sur la tête d’un mineur de moins de 12ans et même les conséquences pécuniaires de la responsabilité pénale. L’article 6 du code dispose à cet effet qu’« on ne peut déroger, par des conventions particulières,  aux lois qui intéressent l’ordre public et les bonnes mœurs ». Il est donc clair qu’il n’est pas admis d’évoquer que le contrat d’assurance s’entend une entente entre deux parties qui s’accordent sur les termes de leur convention pour donc assurer tout évènement. Une bonne lecture de cet article 6 nous engage à dire que les dommages ou pertes liés au risque de contamination à la Covid19 quant-à-eux peuvent être assurés puisque la couverture de ce risque n’est pas frappée d’une exclusion légale interdisant une prise en charge de ces dommages par un assureur.

Un assureur peut donc au vu de la bonne connaissance du risque de contamination à la Covid19 proposer à ses clients la souscription dans les conditions bien aménagées, une garantie de pertes ou dommages liés à la Covid19 ; mais pour autant qu’il dispose d’une bonne connaissance du risque pour apprécier de manière suffisante, la probabilité de réalisation de ce risque (si elle n’est pas très récurrente) et l’ampleur des dommages à sa réalisation (si le coût des dommages ne dépasse pas ses capacités). Dans tous les cas, le risque contre lequel on s’assure doit être situé dans le futur. Pour un évènement déjà réalisé, il n’y a plus de risque. Il est donc clair qu’au même titre, un individu déjà contaminé ne peut contracter sur sa tête une assurance couvrant la prise en charge des frais liés à sa maladie après sa contamination. De même une entreprise ne peut espérer la couverture de ses pertes liées à la Covid19 que pour autant que son contrat l’ait prévu à la souscription avant le déclenchement de la pandémie.

Enfin, il est aussi de règle que le risque assurable doit intéresser un nombre d’assurés suffisamment nombreux afin que la mutualisation puisse fonctionner correctement. Mais pour autant, ce risque ne saurait être systématique de telle manière qu’il impacte le plus grand nombre en cas de réalisation.

C’est ce dernier critère qui est craint au niveau des dommages et pertes liés à la contamination des populations lors d’une pandémie qui justifie que bon nombre d’assureurs excluent des conditions générales de leur police les évènements de crise sanitaire comme la pandémie et autre comme, les explosions nucléaires, les catastrophes naturelles… Ces exclusions peuvent donc faire l’objet d’un rachat pour que l’évènement soit couvert. L’essentiel est de pouvoir en faire la demande à l’assureur et d’en payer le prix (surprime ou prime complémentaire).

Pertes et dommages liés à la Covid19, assurances à souscrire par les particuliers

Au niveau des individus, les pertes et les dommages liés à la pandémie COVID19 peuvent être bien énormes. Ce sont pour la plupart les pertes de revenus découlant de l’impact de la maladie sur la situation économique ou de l’incapacité de travail et les charges supplémentaires générées par mesures de prévention de la maladie ou les frais médicaux de traitement.

Ces pertes de revenus peuvent être enregistrées avant que l’individu ne soit contaminé et s’accroitre donc du fait de son arrêt de travail après contamination et affecter bien entendu les personnes dont il a la charge ou qui dépendent de son soutien. Les pertes de revenus peuvent être couvertes à travers un contrat d’assurance pertes d’emploi ou de revenus.

En règle générale, les assurances maladies prennent en charge les dépenses engagées par les assurés infectés dans le cadre d’une pandémie sauf disposition contraire inscrite dans les exclusions du contrat. Ces dépenses couvrent aussi bien les frais de consultation, l’imagerie médicale, la biologie, l’hospitalisation, la pharmacie et même les frais d’évacuation sanitaire. Elles ne sont souvent pas étendues au test de dépistage.

Heureusement dans le cadre de cette crise sanitaire, les frais liés à la prise en charge médicale de la maladie sont couvertes totalement par les pouvoirs publics à condition que la prise en charge se déroule dans un établissement de soins sanitaires retenu par l’Etat.

Si l’individu dispose d’une assurance voyage dans laquelle les conditions d’adhésion n’excluent pas l’évènement « pandémie », l’assistance au titre de cette police pourra prendre en charge ses frais médicaux à l’étranger lorsqu’il est infecté sur place, le rapatriement sanitaire ainsi que d’autres frais comme le rapatriement du corps en cas de décès. Tout dépend donc des conditions d’assurance de l’assisteur dont l’assureur commercialise l’assurance voyage.

Il faut aussi noter que le risque de décès d’individu est couvert par les polices d’assurances décès toutes causes. Mais ces contrats prévoient en général l’exclusion des décès résultant d’épidémies, de pandémies ou encore de catastrophes naturels reconnus comme tel par l’OMS ou les pouvoirs publics ; comme le cas de la Covid19. Heureusement, depuis le début de la crise sanitaire, certains assureurs annoncent leur renonciation à cette exclusion comme Prudential Assurance Vie depuis le début du mois d’Avril 2020 (Togo-Presse du jeudi 02 avril 2020). Il serait indiqué que les autres compagnies d’assurances du marché emboîtent le pas pour exprimer leur position sur la question.

Il faut rappeler qu’en dehors des pertes de revenus et de l’atteinte physique liées à la Covid19, les biens des particuliers restent toujours exposés aux risques habituels pour lesquels les assurances de dommages aux biens et de responsabilité sont souscrites.

Pertes et dommages liés à la Covid19, assurances à souscrire par les entreprises, organismes, institutions ou groupes organisés

La perte d’un homme clé contaminé (décédé ou en capacité de travail) peut être couverte par une société par le biais d’une assurance personne clé. Cela suppose donc que la date de souscription de ce contrat soit antérieure au déclenchement de la Covid19 et que cette personne clé pour l’entreprise soit désignée nommément au contrat.

Tout comme au niveau des particuliers, de lourdes pertes résultant de l’impact négatif de la maladie sur l’économie et de l’inexécution des contrats due aux mesures de fermeture  des frontières, de blocages de zones géographies, des difficultés de déplacement des personnes et d’acheminement des biens ou de confinement des  travailleurs sont infligés aux entreprises.

Il faut noter qu’à travers les garanties pertes d’exploitation des polices d’assurance multirisque dommages ou professionnelles, les assureurs indemnisent généralement les pertes de marge brute résultant d’un arrêt ou le ralentissement de l’activité suite à un évènement garanti dans le contrat causant un dommage à la structure notamment l’incendie, les dommages électriques, les dégâts des eaux, les bris de machine… quid de la Covid19 ? Il faut donc pour la prise en charge des pertes sur le chiffre d’affaires liées à la Covid19 que l’entreprise ait donc anticipé à la souscription une garantie spéciale perte d’exploitation consécutive à une crise sanitaire ou une pandémie pour être indemnisée.

Pour le cas spécifique des marchandises convoyées (facultés) par tout moyen, voies terrestres, aériennes et maritimes, les difficultés d’acheminement vers les destinations avec des implications de retard de livraison, les mesures conservatoires prises en terme de transbordement, d’activités de manutention pour déchargement ou dépotage, pour chargement ou avitaillement aux points de stockage intermédiaire, ou encore le conditionnement pendant les périodes d’attente sont identifiés comme des situations générant des pertes énormes pour les propriétaires liées aux avaries et freinte de route. Il faudra donc pour le propriétaire des marchandises, selon le mode de transport adopté pour l’acheminement des marchandises, souscrire une police d’assurance facultés terrestres, aériennes ou maritimes. Et puisque, ces polices excluent généralement l’évènement « pandémie » parmi les évènements déclenchant la garantie de l’assureur, une demande de rachat de cette exclusion devrait être faite pour que les différentes pertes évoquées, soient remboursées par l’assureur. La couverture de l’assurance facultés en ce moment peut s’étendre, s’il est souscrit, aux personnalités contractuelles du fait d’un retard de livraison surtout pour les marchandises sous date limite de vente ou de consommation ou encore sous conditionnement particulier, et aussi aux frais de voyage pour l’acheminement vers une autre destination en cas de fermeture des frontières ou de stockages intermédiaires et activités connexes.

Il faut reconnaitre aussi qu’en règle générale, la force majeure est retenue comme une situation pouvant exonérer l’exécution d’une obligation contractuelle. L’article 1218 du code civil dispose à cet effet qu’ « il y a force majeure en matière contractuelle lorsqu’un évènement échappant au contrôle du débiteur, qui ne pouvait être raisonnablement prévu lors de la conclusion du contrat et dont les effets ne peuvent être évités par des mesures appropriées, empêche l’exécution de son obligation par le débiteur ». On reconnaît ainsi trois caractères principaux à la force majeure qui est donc un évènement extérieur, imprévisible, et inévitable auxquels répond indéniablement la Covid19. Les entreprises pourront donc s’abriter derrière cette disposition pour se prémunir contre les réclamations en dommages intérêts découlant de l’inexécution de leur contrat pour autant que les conditions s’y prêtent bien.

Dans ce contexte, la souscription d’une police d’assurance RC Chef d’entreprise reste toujours fortement recommandée pour couvrir les dommages résultant de la mauvaise exécution des obligations contractuelles et des dommages subis par les tiers dans les exploitations de la structure ou causés à eux par les préposés au cours de l’exécution de leur mission. Cette police peut aussi être utile, si la responsabilité civile de la structure venait à être recherchée pour faute de mise en place des conditions de travail préservant la santé et la maladie professionnelle de ses salariés.

A ce titre, la garantie faute inexcusable pourrait couvrir les réclamations des salariées sous réserves que la maladie professionnelle soit établie.

Il faut  avouer que cette crise sanitaire a éveillé la conscience collective sur le trou de garantie dans la quasi-totalité des polices commercialisées par les assureurs lié au risque de contamination pandémique. Aujourd’hui que tout l’intérêt des assurés porte vers cet évènement, des solutions sont en cours d’élaboration. Selon le magazine Atlas, le P-DG d’AXA Thomas Buberl, propose déjà la création d’un régime d’assurance pandémie. Ce mécanisme mutualisé s’inspirera  de celui qui a été mis en place pour les catastrophes naturelles et dans ce régime, l’Etat pourrait participer à 50% et les assureurs privés également à 50%.

Pertes et dommages liés à la Covid19, les mécanismes à mettre en place par l’Etat

Afin de soutenir les populations et l’activité économique, depuis le déclenchement de la crise sanitaire, tous les pays du monde sans exclusive, ont pris des mesures fortes impactant significativement les ressources financières à la disposition de l’Etat pour assumer ses tâches régaliennes. Ce sont pour la plupart des pertes ou baisse de recettes résultant des facilités et mesures d’accompagnement concédées (fiscalité, taxes,…) aux particuliers et entreprises pour les soutenir, du replis de la productivité et des dépenses engagés dans les mesures de riposte contre la maladie ou la prise en charge du dispositif sanitaire de quarantaine, de dépistage et de prise en charge des malades.

Il faut ici féliciter et encourager l’Etat togolais des mesures d’accompagnement dont il a l’initiative depuis le début de cette crise sanitaire dont la dernière est la mise en place d’un programme social de transfert monétaire « Novissi » aux personnes et familles vulnérables pour leur apporter une aide face aux situations créées par la Covid19.

Et puisque ces moment de pandémie sont des périodes de grandes attentes et de sollicitation des pouvoirs publics, il existe par ailleurs bien des mécanismes au niveau des Etats pour financer les pertes liées à la survenance de risque d’envergure qui peuvent s’apparenter à la Covid19. Les plus usités restent la mise en place des fonds spéciaux ou le système d’émission d’obligations liés au risque d’envergure généralement appelés des produits dérivés.

A l’image des fonds pour les Catastrophes Naturelles (Cat Nat), le système des fonds spéciaux fonctionne sur la base de la collecte auprès des assureurs de primes afférentes à une garantie « pandémie » commercialisée dans leurs polices dommages aux biens. Les fonds constitués à travers cette collecte et gérés par un organisme indépendant sur une longue période permettent la prise en charge des pertes et dommages des assurés à la survenance d’une pandémie dans des conditions bien fixées, soulageant ici, les pouvoirs publics.

S’agissant du système d’émission d’obligations pandémie, il consiste à mettre en place à la souscription des particuliers ou investisseurs de tous les niveaux (ou des Etats s’il s’agit d’une solution à l’échelle internationale) des obligations pandémie pour une durée, donnant lieu à service des intérêts (coupons) chaque année pour le détenteur jusqu’à maturité (à la date d’échéance de l’obligation) en plus du reversement de la mise initiale si aucune pandémie ne se déclenche.

La survenance d’une éventuelle pandémie avant la maturité de l’obligation signe l’arrêt des versements des intérêts et la perte au profit de l’émetteur de la mise initiale de l’investisseur pour l’achat de l’obligation. C’est donc un système de levée de fonds à risque auprès des particuliers et investisseurs (et de ce fait rémunérées à un taux intérêt) en vue de financer les pertes et dommages en cas de pandémie.

Ces systèmes sont très efficaces pour l’appui de pouvoirs publics pour faire face à leurs prérogatives et mener des actions dans le cadre de la riposte en cas de pandémie.

En définitive, pour conclure et répondre à notre question, la Covid19 est-elle assurable ?  A priori oui. Il faut l’avoir prévu au contrat même si certains n’en disent rien. En cas d’exclusion de l’évènement pandémie des conditions générales des polices, il faudra alors racheter l’exclusion et en payer la prime. Il existe même des mécanismes à l’échelle des Etats. Toute porte à croire qu’après cette crise sanitaire sans précédent, mettant à rude épreuve l’ensemble de l’écosystème sociale et économique, les assureurs, le secteur privé ainsi que les pouvoirs publics s’accorderont pour définir un système d’indemnisation à la hauteur de ce type d’évènement.

En tout état de cause, cette pandémie doit permettre aux Assureurs conseils de jouer pleinement leur rôle aux côtés des consommateurs d’assurance et demander aux Assureurs de revoir le contenu et les contours de leurs polices d’assurance pour une meilleure couverture des assurés et bénéficiaires de contrat d’assurances.

Source: Togo-Presse  N° 10777 du 30/04/2020

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Komi Abalo: « la médecine mondiale s’est révélée impuissante face à une simple grippe »

Komi Abalo dans le rôle de pédagogue sur la pandémie à coronavirus. Après avoir proposé de solutions aux autorités togolaises pour sortir de cette crise sanitaire, le doctorant en cotutelle en histoire des relations internationales entre l’université de Lorraine en France et l’université de Montréal au Canada se tourne vers l’Afrique. L’étudiant togolais convie le continent noir à profiter de la situation actuelle pour briser le joug occidental dans le domaine médical. Pour lui, la science occidentale a montré ses forces et limites face à la vitesse de propagation du covid-19, aussi bien en Asie, en Europe qu’en Amérique. Voici en intégralité sa réflexion.

COVID-19 : MALÉDICTION OU ACTION HUMAINE, L’AFRIQUE ENCORE VICTIME DE L’APPARENTE INCAPACITÉ DE LA SCIENCE ?

Depuis son apparition, l’humanité a toujours été éprouvée par de nombreuses pathologies dont certaines ont fini par prendre le caractère épidémique, voire pandémique. Au rang des nombreuses pandémies, nous pouvons retenir, entre autres, les différentes pestes, le choléra, la variole, la fièvre jaune. Chacun de ces différents maux, qui ont décimé des milliers de personnes, ont permis à l’homme de découvrir sa vraie limite humaine, donc des limites réelles de sa science, et d’interroger le surnaturel, domaine par excellence de Dieu et/ou des dieux.

Le COVID-19 vient nous révéler une fois de plus l’impuissance de la médecine mondiale face à ce que nous pouvons appeler, sans pour autant la minimiser,  ‘’une simple grippe’’ Cette situation ne laisse indifférent personne. Les religieux se posent mille et une questions : est-ce la fin du Monde annoncée dans les Saintes Écritures ? Une nouvelle colère de Dieu vis-à-vis des humains ?

L’Afrique reste le continent le moins touche

La science occidentale a montré ses forces et limites face à la vitesse de propagation de ce virus, aussi bien en Asie, en Europe qu’en Amérique. Ce constat nous permet aussi de chercher à comprendre les raisons réelles de la lenteur de la propagation du virus en Afrique, bien que la France et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) lui auraient prédit une véritable hécatombe à cause de la précarité de ses infrastructures sanitaires et de la pauvreté.

Le premier cas du virus a été enregistré le 14 février en Egypte. Les Africains se préparaient depuis lors à faire face à un défi majeur. Le directeur de l’OMS a appelé l’Afrique à « se réveiller » et à « se préparer au pire ». Deux mois plus tard, les pays africains sont moins touchés par rapport aux Européens et aux Américains. Le faible taux de tests fausse certes les données, mais aussi plusieurs cas restent inconnus des médias et comités ah doc de gestion de la crise. L’Afrique reste aujourd’hui un continent aux vieilles traditions, et où, la confiance aux plantes traditionnelles dépasse parfois, selon les sociétés, celle des produits pharmaceutiques. Les personnes âgées sont les plus frappées par le coronavirus. En France par exemple, 75% des victimes ont plus de 75 ans alors qu’en Afrique, les moins de 24 ans représentent 63% de la population et 77% pour les moins de 35 ans. Il faut également noter que le continent africain présente un faible taux d’obésité qui est l’un des facteurs de risque de mortalité de ce virus. Selon d’autres études, le vaccin BCG en Afrique constitue un facteur qui empêche la propagation du virus. En effet, l’Italie et les États-Unis qui sont les plus touchés ne disposent pas de cette politique de vaccination. D’autres facteurs peuvent en revanche apporter quelques pistes d’explication au ralentissement du virus. Le continent africain compte 1467 décès confirmés pour 33 273 cas enregistrés et 10 091 guérisons en date du 28 avril selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. L’Algérie reste le pays le plus touché en Afrique avec plus de 3517 cas de Covid-19 confirmés, dont 432 décès.

Pour ce faire, l’Afrique doit-elle continuer à faire confiance aveuglement aux produits et firmes pharmaceutiques occidentales ou doit-elle encourager le recours à ses vieilles traditions thérapeutiques ancestrales ? Madagascar vient de nous démontrer la capacité de l’Afrique à relever l’humanité de sa chute à travers son remède « Covid-Organics », bien que ce dernier soit diabolisé par l’OMS.

Madagascar démontre que les solutions traditionnelles de santé (la plante artemisia annua) non approuvées par l’OMS contre le paludisme hier et aujourd’hui contre le Covid-19 pourraient au contraire, être les meilleures approches de solution de traitement contre ce fléau.

Selon le président malgache Andry Rajoelina, le laboratoire IMRA (Institut malgache pour les recherches appliquées) a réalisé les recherches jusqu’à la production de ce médicament déjà conditionné et très efficace contre cette pandémie. Le silence, voire l’indifférence totale de l’OMS et des organisations internationales, traduit que, pour certains, la réalité de la lutte contre la pandémie ne devrait pas venir de l’Afrique, ou que les produits découverts ne respectent peut-être pas les normes scientifiques. Le centre de recherche IMRA n’est-il pas reconnu par le ministère de la santé malgache et donc par l’OMS ? Un proverbe africain dit ceci : « le soleil n’ignore pas un village parce qu’il est petit ». Par ailleurs ce dédain vis-à- vis du produit malgache amène certains esprits à se demander le rôle que devraient jouer les États africains dans cette organisation mondiale : l’Afrique serait-elle l’éternelle observatrice et consommatrice des découvertes occidentales ?

Ces interrogations doivent susciter tant de réflexions et apports de la part des historiens en vue de l’enrichissement du débat. On a toujours pensé que les questions d’ordre sanitaire à l’échelle planétaire avaient été réglées après la grippe espagnole de 1918. Mais à la surprise de tous, un siècle plus tard, le coronavirus, encore nommé « virus de Chine » par Donald TRUMP, remet l’Homme face à son destin. Au sortir de la Première Guerre mondiale, le monde était frappé par une grippe, aux conséquences pires que la guerre elle-même : la grippe espagnole. Cette pandémie est due à une souche particulièrement virulente et contagieuse qui s’est répandue de 1918 à 1919. Face à l’apparition de cette nouvelle grippe Covid-19, on est en droit de chercher à savoir pourquoi c’est après chaque cent ans que surviennent des crises de ce genre. La crise actuelle nous rappelle que nous avons plus besoin des scientifiques- chercheurs à la place des pasteurs, des hôpitaux que d’édifices religieux (églises, mosquées, synagogues etc.), de la solidarité entre les États en lieu et place de l’individualisme, du socialisme au lieu du capitalisme. Aujourd’hui, bien qu’ayant été la première victime, la Chine peut se prévaloir gagnante de cette prétendue guerre sans en avoir tiré un seul coup de canon.

L’Afrique et les géants du monde

Le coronavirus pousse des États à s’affranchir des règles de la Communauté internationales: les USA retirent leur soutien à l’OMS. L’humanité est passée de la solidarité à l’individualisme, croyant pouvoir échapper à tout système. Mais il a fallu l’avènement de ce virus pour changer l’ordre établi. On ne reconnaît plus ni les grandes puissances avec tout le confort qui caractérise l’équipement de leur système sanitaire, ni les pays en voie de développement dont les hôpitaux ne représentent que de véritables tombeaux à ciel ouvert. On se demande à qui reviendra la première place après cette crise ? Ce que les puissances occidentales n’ont pas pu obtenir en Irak, en Syrie, en Libye, etc. le coronavirus l’a obtenu (le cessez-le-feu, la trêve), le capitalisme tant soutenu par les États-Unis est désormais soumis à la rude épreuve de solidarité et du socialisme.

Les sociétés ont obtenu la baisse des coûts des matières premières, sans toutefois protester contre la hausse des prix de première nécessité. On ne remarque plus de distanciation sociale entre le riche et le pauvre, les forts et les faibles hurlent de la même manière. Le continent noir, berceau de l’humanité, risque de devenir la future terre d’accueil, ce qui changera foncièrement le sens d’orientation des migrations mondiales. Le Mexique protège ses frontières contre les Américains afin d’éviter qu’ils ne contaminent sa population. Les lois qui protègent les grandes nations se retrouvent du jour aux lendemains impuissants. Les riches et les pauvres peuvent enfin cohabiter dans une même salle de soin. On se rend compte à quel point tout est éphémère et vanité, selon les dires d’Ecclésiaste.

Cette pandémie est un adversaire appelé à vivre dorénavant parmi nous, on ne peut pas l’éradiquer à 100% pour l’instant, mais on peut apprendre à vivre et à cohabiter avec lui, tout en gardant les gestes barrières. En attendant un remède, à l’Afrique de gérer la pandémie comme elle le peut, en faisant confiance aux valeurs ancestrales (la médecine traditionnelle améliorée par exemple) car elle n’a rien à perdre, c’est le résultat qui compte. Aujourd’hui, nous faisons face à la géopolitique des médicaments dont la plupart des laboratoires de recherche sont en Occident. Les produits pharmaceutiques de l’Inde et de la Chine sont reconnus par les Occidentaux. Pourquoi ceux de l’Afrique ne bénéficient-ils de la même considération ?

Les Africains se méfient maintenant des essais cliniques proposés hors de leur territoire, ceci en partie à cause de certaines rumeurs qui soupçonnent l’introduction du virus du sida au travers le vaccin contre la polio entre 1957 et 1960 en RDC d’une part, mais aussi et surtout à cause des nombreuses déclarations de l’OMS et de certaines puissances européennes en faveur du nombre élevé de morts en Afrique d’autre part. Avec l’évolution des NTIC, le continent noir devient de plus en plus éveillé, rendant les pays occidentaux victimes de leur propre technologie : l’Internet devient le véritable ciment dans la mondialisation, qui permet à chaque individu de s’informer en temps réel sans grand risque de désinformation.

L’Afrique désormais seule face à son destin ?

Compter sur les grandes puissances occidentales comme seul rempart contre les différents maux est loin de porter bonheur à l’Afrique. L’idéal pour l’Afrique est de tracer sa propre route de développement pluridimensionnel, à l’instar des pays émergents de l’Asie (Chine, Singapour, Inde, Corée du Sud, Corée du Nord, entre autres). Les politiques africaines à l’interne et vis-à-vis de l’Occident doivent être réorientées vers une autonomie totale, mais aussi une redéfinition des nouveaux termes d’échange. L’Occident doit lui aussi  Re-penser autrement ses valeurs. Hier, c’était Ebola en Afrique et toutes les frontières lui étaient fermées. Quel dénouement de cette pandémie ?

La solidarité dans la considération et l’universalisation des valeurs de chaque peuple sera sans doute le maître mot de ce qu’il faudra faire pour réinventer un nouveau monde prospère. L’Afrique est toujours restée tolérante et ouverte à toutes valeurs exogènes. Que le monde occidental réinvente sa roue en y réintroduisant les ingrédients manquants ; les valeurs humaines au cœur du développement au détriment de l’individualisme. On n’en serait pas là aujourd’hui si le malheur n’arrivait qu’aux autres.

Komi ABALO, Doctorant en cotutelle entre la France et le Canada

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Affoh Atcha-Dedji: « Je pars tout heureux, parce que je suis d’abord à la retraite »

Après 11 ans à la tête de Togo Cellulaire et plus de 25 ans dans les télécoms, Affoh Atcha-Dedji, qui dirigeait depuis bientôt deux ans la Holding d’Etat Togocom, vient de passer la main. La société rachetée par Agou Holding est en pleine restructuration. C’est dans cette optique qu’un nouveau Directeur général a été nommé en la personne de Paulin Alazard. Lundi, M. Atcha-Dedji a passé les charges à son successeur. Dans l’interview ci-après, l’ancien Directeur général de la Togo Cellulaire revient sur le bilan obtenu par les sociétés qu’il a eues à gérer. Par ailleurs, il réaffirme son engagement à se mettre au service du parti UNIR (au pouvoir) et promet que l’élection présidentielle de 2020 sera juste une formalité pour Faure Gnassingbé. Lisez !

Togobreakingnews.info : Bonjour Affoh-Atcha Dedji. Vous venez de passer la main au Consortium Agou Holding à l’issue de la privatisation intervenue il y a quelques semaines de la société Togocom. Quels sont les sentiments qui vous animent ?

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Affoh Atcha Dedji : Avant toute chose, je rends grâce à Allah, le Très-haut, le très clément qui m’a permis de réussir toutes les missions importantes qui m’ont été confiées par les autorités togolaises, surtout le Président de la République depuis mon passage à la tête de Togo-cellulaire à partir de 2008 et récemment à la tête cumulativement, de Togotelecom et de Togo Cellulaire. J’ai dirigé le groupe Togocom de 2018 à nos jours.

Je passe la main ce jour au Consortium Agou Holding à la suite d’un processus de privatisation engagé par le gouvernement togolais pour une nouvelle gestion. Dans ce contexte, je voudrais rendre un hommage appuyé au premier de nous tous, le chef de l’Etat Faure Essozimna Gnassingbé qui a permis que nous soyons au cœur de ce processus du début jusqu’à sa fin.

Ce jour pour moi est un jour de joie. Joie, parce que cette passation de charges, consacre ma retraite au plan professionnel pour ceux qui ne le savent pas. Je suis d’autant plus heureux parce qu’il n’est pas évident d’aller au bout de sa carrière en parfaite santé et surtout, de quitter un poste comme celui que je viens de laisser sans assez de difficultés.

Je pars, content aujourd’hui parce que j’ai eu de la joie à diriger cette société et les difficultés ont été moindres. Je pars avec un sentiment de fierté d’autant plus que mon départ n’est pas occasionné par une perte de confiance de la part de mes supérieurs. Je vous dirai donc que je pars tout heureux,  parce que je suis d’abord à la retraite, mais aussi et surtout parce que mon pays veut faire une expérience qui permette de faire plus pour le bien de nous tous. Le Plan National de Développement veut construire le Togo autrement. Il veut un développement axé sur le privé, alors nous devons tous nous sentir interpellés pour faire en sorte que cela soit une réussite.

Certains de vos agents semblent dire que le traitement de choix dont ils étaient l’objet va connaître une fin avec cette privatisation. Qu’en dites-vous ?

Vous savez, chacun de nous a toujours craint l’inconnu. Et cela va de soi que le personnel s’interroge. J’ai dit tout à l’heure que nous avons été présents de bout en bout dans le processus de privatisation, y compris Madame la Ministre, notre ministre de tutelle. Y compris le Premier ministre, ainsi que d’autres experts. Vous pensez qu’un père puisse planifier de faire  du mal à tous ses enfants ? L’Etat, avec le Chef de l’Etat en tête, est comme ce père de famille qui veille au grain pour le bien-être de sa famille.

Nous avons travaillé à ce que rien de malveillant ne soit fait à l’endroit de nos frères et sœurs qui ont travaillé d’arrache-pied pour que et Togo Cellulaire et Togo Telecom, puis Togocom tiennent bon jusqu’à ce jour. Il ne sera pas question qu’ils soient remerciés par le revers de la main. Le Président de la République ainsi que tout le gouvernement, veille à cela.

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J’ai entendu dire que certains employés se plaignaient et boudent la nouvelle direction. A ceux-là, je voudrais dire que tout comme moi, ils sont locataires d’une maison. Si le propriétaire de la maison que tu loues pour ton bien, veut orienter autrement sa maison, vas-tu l’empêcher de le faire, surtout s’il le fait pour une meilleure rentabilité ? Je pense que non.

La privatisation avant tout vise à engager les conditions d’une nouvelle orientation de l’entreprise. En ce sens je profite de votre canard pour inviter l’ensemble du personnel qui est resté, à être en parfaite collaboration avec la nouvelle direction pour la réussite de cette nouvelle orientation engagée par le gouvernement.

Une partie du personnel est déjà partie et ceci de façon volontaire. Tous à ce jour ont été dédommagés. Je pense que chemin faisant, tout le monde pourra se rendre compte du bien qui se cache derrière cette nouvelle expérience.

Vous êtes connu comme un des proches collaborateurs du Président de la République et on connaît votre engagement politique avec votre titre de Vice-Président région Centrale du parti UNIR. Allez-vous continuez par servir ou serez-vous en retrait ?

(Rires) Vous avez dit que je suis Vice-président région Centrale du grand parti UNIR. Si je suis parvenu jusqu’à ce niveau, c’est qu’il y a eu des étapes. En politique, il n’y a que la conviction qui précède l’engagement. En quoi un départ à la retraite ou la perte d’un poste où on a servi des années durant, peuvent-ils changer une conviction politique ?

Je pense que c’est maintenant que j’aurai plus le temps pour servir mon parti. Je reste et demeure le militant UNIR engagé que vous avez connu. Je n’ai jamais ignoré au cours de ma carrière, qu’un jour arriverait ou je passerai la main. Même si cela n’était pas la retraite, j’ai toujours pensé qu’à tout moment mes supérieurs pourraient  m’appeler à d’autres fonctions. Du fond de moi-même, je vous dis que c’est avec une grande fierté que je quitte Togocom, quand bien même je le portais entièrement dans mon cœur.

Avez-vous un mot pour vos ex–employés d’une part et pour les militants de votre parti d’autres parts ?

A mes collaborateurs d’hier qui sont encore dans la boîte, je voudrais dire d’être sereins et de montrer à la face des nouvelles autorités dirigeantes, l’abnégation au travail, la discipline et surtout l’ouverture dont ils ont fait preuve avec moi. Que tous se mettent en-tête qu’avant tout, c’est le Togo notre patrimoine commun qui gagne et chacun doit savoir travailler à cela.

Au plan politique, je dis à tous les militants UNIR de resserrer les rangs et de travailler beaucoup plus pour qu’ensemble nous permettons au Président Faure de parachever tous les grands chantiers de développement et de modernisation dans lesquels il a lancé le pays. De travailler en sorte que la présidentielle de 2020 soit une formalité pour notre candidat qui a encore beaucoup à offrir à notre beau pays. Je vous remercie.

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La mort d’un géant !

Avec la mort de Jimi Hope dans la nuit du 04 août 2019, le Togo perd un immense  artiste multicartes reconnu comme le pape du rock and roll africain, un cardinal  de la  chanson populaire, un sculpteur de palais et de rue aussi  à l’aise dans les arts plastiques que dans les créations musicales.

L’art de Jimi Hope est entré dans l’histoire.  C’est elle qui le jugera. Plutôt que de  soumettre sa dimension à  la  cour d’assises des créateurs, je  préfère par quelques  flashs et souvenirs illustrer  la  dimension de l’artiste.

Jimi Hope de son vrai nom  SENAYA Koffi était  né  le   12 octobre  1956 à  Lomé. Ce sont  les  hasards  d’une  rencontre dans  un  club « le mandingué » où  je m’exerçais au piano qui  marque  ma première  rencontre  avec  l’artiste. Notre  dénominateur   commun  est  l’amour  de  la  musique et  le désir d’imprimer  l’art dans la culture populaire.  Nous  ne  cesserons dès  lors de nous rencontrer parfois  plusieurs  fois par jour  sinon  par semaines.

Jimi  Hope se sent isolé et  a pourtant  le profond  désir  de  contribuer à  la  diffusion  de l’art dans la rue. Il rêve  de   concerts populaires  et de foules enthousiastes. S’il  n’atteindra jamais  cet objectif, il deviendra  l’artisan de nouvelles chansons populaires. 

Il faut voir dès qu’il apparaît dans une fête  à  Baguida la ferveur avec  laquelle le public l’accompagne dans ses refrains  comme  « Agbebavi ». Il fallait  une nouvelle poussée pour  permettre  à  cette  rose  mal  éclose de  diffuser  ses parfums.

La période  des années  1990-2000 sera  particulièrement  fertile  avec la réalisation  d’œuvres  considérables comme  la réalisation  de la place de la Colombe  de la  paix à Lomé,  la Cour Constitutionnelle du Gabon et  avec la consécration,  l’illustration d’un  mur à  l’entrée  de  la  nouvelle  Présidence togolaise.  Plutôt  que d’attendre  la  consécration d’un  musée, Jimi créera  à  Baguida  une grande  case destinée  à  habiter  ses propres  créations.

Dans ces dernières  semaines,  Jimi qui  sentait  la mort se rapprocher  -comme  elle lui avait  fauché son fils préféré-  était  mu par une boulimie créatrice comme  si le temps  lui était  compté.

 Tous les  artistes  ont une période  faste où  l’inspiration  créatrice  rencontre  leur destin.

Ma dernière  image de Jimi Hope  est  celle  d’un   créateur  inspiré. 

C’est  sans doute  celle  que les générations  futures  retiendront.

Charles  DEBBASCH

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