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Les vérités des Evêques du Togo au pouvoir mais aussi à l’opposition Featured

Written by  Avr 27, 2017

Le Togo célèbre ce jeudi, 27 avril le 57e anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. C’est également cette occasion qu’a choisie la Conférence des Evêques du Togo (CET) pour adresser un message sans équivoque au régime en place et aux autres composantes de la société togolaise. Faisant part de sa déception quant au manque de volonté des autorités d’avancer sur certaines questions cruciales pour la stabilité du pays, les Evêques catholiques listent une panoplie d’actions urgentes à engager pour redonner au Togo son espérance.

La CET s’inscrit dans la même logique que son message d’il y a un an, à l’occasion du 56ème anniversaire de l’Indépendance du Togo. Message dans lequel elle appelait à un sursaut patriotique en vue de sortir le Togo de l’enlisement sociopolitique dans lequel sombre progressivement.
Un an après, les Evêques du Togo expriment leur déception pour le fait que leur message soit retombé dans le silence.


« … le diagnostic audacieux que nous avons posé, les réflexions courageuses que nous avons menées et l’appel pathétique que nous avons lancé sont restés sans grand effet. Et la lassitude, la désespérante lassitude s’est de nouveau installée, comme une bombe à retardement, prête à exploser à la première occasion », écrit la CET.


Les hommes de Dieu se veulent clairs et estiment que derrière les apparences de quiétude et de tranquillité qu’il affiche, le Togo va mal ; ses fils et filles sont de plus en plus désabusés et ne savent plus quel chemin emprunter pour sortir de l’ornière et parvenir à la paix ; leur avenir semble bouché.


« … derrière les apparences illusoires de paix, les cœurs s’endurcissent, les positions se radicalisent, les mains jadis tendues pour le dialogue et la fraternité se referment. Ne faisons pas semblant de l’ignorer ! C’est dans ce climat trompeur que nous nous apprêtons à célébrer notre 57ème anniversaire d’accession à la souveraineté nationale », indique la conférence qui fustige des dialogues sans lendemain.


Des rappels fondamentaux


Pour les prélats, un peuple qui vit sans repères se condamne à errer sans but. C’est pour cette raison qu’ils réaffirment certaines vérités et valeurs qui doivent être la base du vivre-ensemble.


« Parce qu’elles sont le minimum sans lequel nous ne pouvons bâtir notre cohésion sociale ni aspirer au développement », ont-ils justifié.


Et ces repères sont nombreux. Le premier est l’alternance, une exigence de droit naturel devenue une valeur démocratique qui permettra au peuple de remplacer les dirigeants qui ne remplissent plus leur mission.
Le 2e repère est la justice sociale qui doit permettre à ce que les richesses du Togo profite à tous les togolais et non à une petite minorité pendant que la majorité végète dans la misère ambiante.


« Le scandale n'est pas qu'il y ait des riches et des pauvres ; le scandale est dans le fait que les institutions qui doivent instaurer un minimum d'équilibre se murent dans l’indifférence ou choisissent un camp, celui des riches, paradoxalement, et s'y cantonnent », fustigent les Evêques.


Le 3e repère relevé est la justice judiciaire avec des décisions justes et équitables. A ce sujet, la CET appelle à tenir un procès pour éclairer les togolais sur la question des incendies des marchés de Kara et Lomé. Les évêques appellent également les autorités togolaises à être responsables et véridiques. Les responsables politiques sont eux invités à être justes et cohérents dans leurs actions.


Des questions considérées comme prioritaires


Pour la Conférence des Evêques, la question des réformes institutionnelles est prioritaire. Elle est même « incontournable ». La CET demande au Gouvernement de respecter ses engagements pris et de ne pas se tromper avec la relative tranquillité que connaît le Pays.


« La relative tranquillité que connaît notre pays ne doit pas servir de prétexte à un abandon pur et simple de ces questions qui, à notre avis, revêtent pour la vie de notre Nation, une importance capitale », relève le message qui souligne l’importance de la limitation du mandat présidentiel.


Les élections locales sont également considérées comme prioritaires par les Evêques. Ils appellent à conduire le processus en cours de façon inclusive pour favoriser sa réussite.
Sur la question de l’égalité de traitement des citoyens, les évêques estiment que le mérite doit l’emporter sur tous les autres critères. Dans le même sens, l’impunité doit être bannie dans le pays. Les auteurs d’actes répréhensibles doivent être punis.
Dans tout ceci, l’opposition togolaise n’est pas exempte de tout reproche. La CET l’invite à être responsable pour proposer une alternative sérieuse aux populations. Elle doit éviter d’être « des groupes d'intérêt empêtrés dans des querelles intestines ».
Si la célébration des 57 ans d’indépendance du Togo se déroule dans un climat de méfiance, les évêques disent comprendre et estiment que la mise en œuvre des recommandations de la CVJR doit être accélérée avec la réparation des victimes, la décentralisation et l’opérationnalisation des réformes immédiates.
Et parlant des réforme, la CET croit qu’une nouvelle opportunité s’offre à l’Assemblé Nationale de se pencher, une fois encore, sur la question des réformes suite aux injonctions de la Cour Constitutionnelle de reprendre la procédure relative à la proposition de loi de révision constitutionnelle proposée par certains partis.


« Afin de permettre à cette initiative d’aboutir enfin à un dénouement heureux, nous invitons toute la classe politique à la saisir pour opérer les réformes attendues par le peuple, notamment la limitation de mandat et le mode de scrutin présidentiel », écrivent les évêques.


L’espérance des togolais est de voir le pays tourner résolument le dos à ses crises récurrentes pour engager définitivement son avenir sur les rails de la réconciliation, de la paix et du développement.


« Pour y parvenir, nous avons besoin de citoyens responsables épris du bien commun qui placent les intérêts du Togo au-dessus de leurs ambitions personnelles. Nous avons besoin de dirigeants honnêtes qui ne profitent pas de leurs charges pour piller le Pays en toute impunité. Nous avons besoin d’acteurs politiques ayant une vision nouvelle, qui ne soient ni accrochés désespérément au passé et à leurs privilèges ni intransigeants face à la complexité de l’héritage de notre histoire », lit-on dans le message des prélats.


La CET appelle à une justice impartiale, une Armée républicaine et apolitique, une opposition plus crédible, attachée aux valeurs de la démocratie et soucieuse de proposer des alternatives fiables...

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