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Kako Nubukpo: 'Couper le cordon ombilical avec le Trésor français'

Written by  Juil 17, 2017

Kako Nubukpo reste engagé dans son combat pour l’abolition du franc CFA. Dans une tribune qu’il vient de publier, l’ancien ministre togolais de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques persiste que le système monétaire de la zone franc est un frein au développement des pays qui en sont encore tributaires. Il appelle les dirigeants africains à prendre leur responsabilité suite aux récentes déclarations des dirigeants politiques et économiques français.

« C’est contre cette servitude volontaire que je m’élève pour l’avenir de nos pays et de nos enfants. Comment leur expliquer demain que nous avons laissé faire ? Que nous avons nourri les caisses du Trésor Public français ? Tandis que les réserves qu’il nous impose avec notre pleine allégeance pourraient être réinjectées dans nos économies pour construire des écoles, des dispensaires, pour électrifier les zones rurales, construire des infrastructures modernes, dignes du 21e siècle, permettre aux jeunes d’accéder au crédit bancaire et financer des activités génératrices de revenus », dresse l’économiste togolais, actuel Directeur de la Francophonie économique et numérique.

Le prof Nubukpo demande que le débat du Franc CFA soit posé et mener parce que la situation actuelle dominée par l’effondrement des cours des matières premières à l’international laisse planer le spectre d’une nouvelle dévaluation du franc CFA dans les semaines ou mois à venir.
Estimant que le combat contre le CFA est une cause noble, Kako Nubukpo se réjouit de la mobilisation qui prend de l’ampleur. Pour lui, le combat ne vise pas la déstabilisation des économies déjà fragiles des pays de la zone franc comme le supposent certaines personnes.

« Nous souhaitons que nos Etats puissent jouir pleinement de leur souveraineté dans un cadre économique rénové au service du plus grand nombre. La parité fixe avec l’euro prétendument gage de stabilité, la totale garantie de convertibilité du franc CFA en euro et la libre circulation des capitaux restent la voie royale de l’accumulation hors de nos frontières », écrit l’économiste.

Le prof Nubukpo décrit une situation anormale due au fait qu’il y a une manne dans les banques européennes qui échappe aux pays de la zone franc tandis que la majorité des populations de ces pays restent acculées dans des conditions de pauvreté.

Couper le Cordon ombilical avec le trésor français

Pour lui, les responsables politiques et économiques français ont mis les africains devant leurs responsabilités en indiquant dans des interviews que la France prendra simplement acte de la voie que les africains auront décidé de suivre en matière de gestion monétaire au sein de la zone Franc.

« S’il y a lieu de critiquer un manque d’élégance de la part d’un partenaire qui, par le passé, a fait preuve de beaucoup moins de pudeur à propos des affaires africaines, chiche, prenons nos responsabilités, faisons des propositions audacieuses mais responsables », lit-on dans sa tribune.

L’ancien ministre togolais préconise l’option d’un franc CFA moins rigide, rattaché à un panier de devises. Il appelle à négocier l’abandon du système du compte d’opérations afin de couper le cordon ombilical avec le Trésor français.

Kako Nubukpo ne souhaite pas non plus un simple changement de dénomination de la monnaie CFA mais voudrait qu’un vrai changement soit préparé.

« Le changement peut faire peur, peur parce qu’il y a l’inconnu. Ceci n’est pas nouveau, la question est existentialiste. En économie monétaire ce sentiment porte un nom : la peur du flottement. Mais pour y parer, il faut s’y préparer, débattre, envisager différents scenarii, agir et justement ne pas avoir peur, avoir confiance en nous», a-t-il dit précisant que l’abolition du franc CFA, vestige amovible de la colonisation, n’est pas une idée mais un programme.

L’économiste appelle les forces vives des pays de la zone franc à rejoindre le débat, les éclairer de leurs réflexions, de leurs talents.

« Il nous faut nous fixer un cap. Une autre Afrique est possible et ce n’est pas seulement une utopie. L’Histoire nous regarde », a-t-il conclu.

Last modified on lundi, 17 juillet 2017 13:45

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